Des milliers de réservistes israéliens prennent leur service avant une offensive sur Gaza
par Emily Rose, Maayan Lubell et Nidal al-Mughrabi
JERUSALEM/LE CAIRE (Reuters) – Des dizaines de milliers de réservistes de l’armée israélienne ont commencé à prendre leur service mardi avant une nouvelle offensive prévue dans la ville de Gaza, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu veut accélérer malgré des avertissements de hauts gradés.
La radio de l’armée israélienne a déclaré que quelque 40.000 réservistes entreraient en fonctions mardi en vue de cette offensive, tandis que Tsahal a indiqué qu’elle se préparait à leur arrivée sur le plan logistique.
Le cabinet de sécurité israélien, présidé par Benjamin Netanyahu, a approuvé au mois d’août un plan visant à étendre la campagne militaire de l’Etat hébreu afin de prendre la ville de Gaza, où les forces israéliennes ont mené une guerre urbaine féroce contre le Hamas au début de la guerre. Israël contrôle actuellement environ 75% de la bande de Gaza.
Lors d’une réunion du cabinet de sécurité organisée dimanche, des échanges houleux ont opposé Benjamin Netanyahu et ses ministres, qui souhaitent poursuivre l’offensive sur la ville de Gaza, au chef d’état-major de l’armée Eyal Zamir, qui a appelé les dirigeants politiques à parvenir à un accord de cessez-le-feu.
Selon quatre ministres et deux responsables militaires présents à cette réunion, Eyal Zamir a déclaré que la campagne mettrait en danger les otages et soumettrait l’armée, déjà débordée, à une pression supplémentaire.
Cette mise en garde fait suite à des échanges similaires entre Eyal Zamir et le cabinet de sécurité le mois dernier. Le 20 août, Benjamin Netanyahu a déclaré avoir donné l’instruction d’accélérer le calendrier de prise de la ville de Gaza, qu’il décrit comme le dernier bastion du Hamas.
Le 21 août, lors de discussions visant à approuver les plans de bataille, l’armée a cependant de nouveau alerté sur la mise en danger des otages et déclaré qu’elle ne pourrait pas engager la campagne avant au moins deux mois, selon une source dans l’entourage de Benjamin Netanyahu et un responsable du secteur de la défense.
DES RÉSERVISTES CRITIQUENT LE GOUVERNEMENT
L’armée a principalement invoqué la nécessité de disposer de plus de temps pour concrétiser des efforts menés dans le domaine humanitaire.
Mais, selon plusieurs sondages, une part importante des réservistes critiquent les projets du cabinet de sécurité, certains allant jusqu’à accuser publiquement le gouvernement de ne pas avoir de stratégie cohérente pour Gaza, ni de plan pour l’après-guerre ou de critères clairs permettant d’établir le succès de la campagne militaire.
« Je n’ai pas l’impression de faire quoi que ce soit qui mette vraiment la pression pour que le Hamas libère les otages », a déclaré à Reuters un réserviste de combat qui sert à Gaza, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Au moins 86 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans des frappes israéliennes à Gaza au cours des dernières 24 heures, ont indiqué les autorités sanitaires locales.
Trois frappes distinctes ont tué 26 personnes au total dans des maisons de la banlieue de Gaza, où les forces israéliennes ont intensifié leurs bombardements aériens et terrestres en vue d’une extension des combats.
Devant l’hôpital Al Chifa de la ville de Gaza, des sacs mortuaires blancs contenant des corps étaient disposés dans la rue, maculés de sang, tandis que des personnes pleuraient la mort de leurs proches.
« REVENUS EN MARTYRS »
« Nous avons fui (nos maisons) sans rien. Ils sont allés chercher des vêtements et de la nourriture chez eux, pour rapporter des vêtements à leurs enfants et de la nourriture pour eux-mêmes… Et regardez ! Ils sont revenus en martyrs ! », a déclaré Nasr Nasr, un proche de victimes.
Le porte-parole du service arabe de l’armée israélienne a déclaré à des habitants que davantage d’aide humanitaire serait disponible dans le sud alors que Tsahal se préparait à intensifier son offensive dans la ville de Gaza.
L’armée israélienne n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire, mais a déclaré que ses forces ciblaient les combattants à la périphérie de la ville de Gaza, détruisant des tunnels ainsi que des infrastructures et saisissant des armes.
Parmi les autres décès signalés mardi, on comptait cinq personnes tuées alors qu’elles faisaient la queue pour obtenir de la nourriture dans le sud, neuf dans une frappe contre un appartement et sept dans des tirs de chars israéliens.
Treize autres Palestiniens, dont trois enfants, sont par ailleurs morts de malnutrition et de faim à Gaza au cours des dernières 24 heures, a déclaré mardi le ministère de la Santé de l’enclave.
Le bilan cumulé établi par les autorités locales fait état d’au moins 361 personnes mortes pour ces raisons, dont 130 enfants, en grande majorité au cours des dernières semaines.
20 OTAGES PRÉSUMÉS VIVANTS
Israël conteste les chiffres du ministère dirigé par le Hamas, arguant que les décès sont dus à d’autres causes médicales.
La guerre à Gaza a commencé le 7 octobre 2023, lorsque des hommes armés dirigés par le Hamas ont attaqué des communautés du sud d’Israël près de la frontière, tuant quelque 1.200 personnes, principalement des civils, et faisant 251 otages, selon les chiffres israéliens.
Plus de 62.000 Palestiniens ont été tués dans la guerre aérienne et terrestre d’Israël à Gaza depuis lors, selon les responsables de la Santé de Gaza, qui ne précisent pas combien étaient des combattants, mais déclarent que la plupart étaient des femmes et des enfants.
Les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu, qui prévoyaient une pause dans les combats, ont abouti à une impasse au mois de juillet.
Les autorités israéliennes estiment que, sur les 48 otages restants, 20 sont encore en vie.
(Reportages Emily Rose et Maayan Lubell à Jérusalem et de Nidal al-Mughrabi au Caire, version française Benjamin Mallet, édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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