Communion aux USA autour de la mission lunaire Artemis II, par-delà les divergences politiques
9 avril (Reuters) – La mission Artemis II de la Nasa, premier vol habité vers la Lune depuis plus d’un demi-siècle, suscite un vif engouement aux États-Unis, rassemblant les Américains de tous âges et de toutes tendances politiques en un même élan de patriotisme malgré les fractures du moment.
Des soirées dédiées au lancement de la fusée aux cours consacrés à l’espace dans les écoles, en passant par l’affluence dans les planétariums et l’essor des ventes de vêtements et accessoires Artemis et Nasa, la population se passionne pour le voyage lunaire des quatre astronautes.
Cette mission de 10 jours – répétition générale en vue d’une future tentative d’alunissage pour la première fois depuis Apollo 17 en 1972 – doit s’achever vendredi avec l’amerrissage de l’équipage d’Artemis dans l’océan Pacifique au large de la Californie.
Le retour des astronautes sur Terre devrait être suivi par le public et les médias avec autant d’attention que le lancement du 1er avril, de leur capsule Orion, propulsée par la gigantesque fusée Space Launch System, depuis Cap Canaveral, en Floride.
« Tout le monde peut se réjouir de voir les humains développer leurs capacités, apprendre de nouvelles choses et le faire de manière positive et pacifique », souligne Gaza Gyuk, astronome senior au planétarium Adler de Chicago, où des centaines de visiteurs ont assisté au lancement.
La communion nationale autour d’Artemis, successeur du programme lunaire Apollo de la Nasa datant de la Guerre froide, se reflète dans les sondages.
CHAUSSETTES ET BOUCLES D’OREILLE
Selon une enquête Reuters/Ipsos menée sur trois jours pendant la mission Artemis, 69% des Américains se disent enthousiasmés par l’exploration spatiale et 80% expriment un avis favorable sur la Nasa, dont une majorité de républicains et de démocrates. Pour 69 % des personnes interrogées, il est important de renvoyer des astronautes sur la Lune.
Comme lors du programme Apollo, les travaux de la Nasa interviennent dans un contexte de bouleversements géopolitiques et sociaux, dont un conflit militaire impopulaire contre l’Iran, ce qui contribue à expliquer l’attrait d’Artemis à la fois comme une parenthèse et une démonstration des capacités scientifiques et techniques des États-Unis.
Profitant de l’enthousiasme ambiant, les détaillants et les créateurs indépendants proposent des produits dérivés liés à Artemis, allant des vêtements sous licence officielle de la Nasa aux accessoires personnalisés inspirés de la mission.
Une entreprise appelée « Rock ‘Em Socks » vend des chaussettes Artemis à 14,99 dollars (12,83 euros) la paire, ornées de la fusée SLS sur fond de ciel étoilé.
La Nasa propose divers articles sur le thème d’Artemis, notamment une casquette de baseball « I AM ARTEMIS », un pin’s de la mission, un blouson aviateur pour femme et des cartes à jouer.
Sur le site de commerce en ligne Etsy, les passionnés d’espace peuvent acheter des porte-clés Artemis, des affiches, des boucles d’oreilles imprimées en 3D inspirées de la capsule spatiale Orion en forme de bonbon, à 135 dollars.
À Elkins Park, en banlieue de Philadelphie, Hector Ybe, 38 ans, passionné d’astronomie, a réuni environ 225 personnes, dont des familles avec enfants, pour une fête de lancement d’Artemis la semaine dernière. « Pendant deux heures, tout le monde a oublié ce qui se passait dehors, dans le monde; tout le monde parlait de l’espace », témoigne-t-il, ajoutant que les participants représentaient une grande diversité d’origines ethniques, religieuses et raciales.
« TOUS DANS LE MÊME BATEAU »
De jeunes enfants, vêtus de combinaisons spatiales, ont observé le lancement avec émerveillement, tandis que leurs aînés évoquaient avec nostalgie les premiers pas sur la Lune en 1969.
La mission offre un contrepoint dans le débat national sur les sciences, remises en cause jusqu’à la Maison blanche, et l’usage de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux.
Gaza Gyuk souligne l’importance de nouvelles images de la Terre prises depuis l’espace par l’équipage d’Artemis, qui montrent des océans et des masses continentales sans frontières, rappelant ainsi ce que l’humanité a en commun.
« Cela aide les gens à prendre conscience que nous sommes tous dans le même bateau », dit-il.
Partout dans le pays, des enseignants ont intégré la mission Artemis dans leurs programmes scolaires.
À l’école publique STEM Lab de Northglenn, dans le Colorado, Erin Brabant, professeure d’ingénierie, a décoré un couloir avec des affiches de la fusée SLS, des astronautes et un calendrier de la mission, et demandé aux élèves de construire leurs propres maquettes de modules lunaires.
« Quand on parle d’Artemis, c’est comme si chaque enfant s’arrêtait de faire ce qu’il fait », raconte Erin Brabant. « Leurs petites conversations entre eux s’arrêtent, et ils ont des questions. »
La diversité de l’équipage d’Artemis – le pilote Victor Glover est le premier astronaute noir et la spécialiste de mission Christina Koch la première femme jamais envoyée sur la Lune – a également inspiré les élèves issus de minorités ethniques et les filles qui pourraient vouloir poursuivre des carrières d’ingénieur, estime Erin Brabant.
La semaine dernière, à Pilot Mountain, en Caroline du Nord, 15 scouts âgées de 5 à 11 ans ont regardé le lancement en direct lors de leur réunion de troupe.
Elles travaillaient sur des exposés consacrés à des scouts célèbres pour le Mois de l’histoire des femmes, et le lancement a attiré leur attention sur Christina Koch, elle-même ancienne scout, déclare Heather Willard, la responsable de la troupe.
« Toutes les filles étaient hypnotisées. »
(Reportage d’Helen Coster, Andrew Hay, reportage complémentaire de Steve Gorman et Jason Lange, version française Elena Smirnova, édité par Sophie Louet)
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