Blinken et Lammy à Kyiv, nouvelle aide à l’Ukraine mais pas de progrès sur les frappes en Russie
par Daphne Psaledakis et Olena Harmash
KYIV (Reuters) – Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le secrétaire britannique au Foreign Office, David Lammy, ont rencontré mercredi à Kyiv le président ukrainien Volodimir Zelensky, auquel ils ont promis de nouvelles aides sans s’engager sur un éventuel feu vert à des frappes en profondeur en Russie réclamé avec insistance par l’Ukraine.
Cette visite est intervenue à un moment critique de la guerre déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, avec une progression constante des forces russes dans l’Est ukrainien et une percée inattendue des troupes ukrainiennes en territoire russe depuis août.
« Entre autres choses, nous avons discuté des tirs à longue portée mais aussi d’un certain nombre d’autres choses », a dit Antony Blinken aux journalistes. « Et comme je l’ai dit dès le départ, je vais rendre compte de ces discussions à Washington pour informer le président de ce que j’ai entendu. »
Volodimir Zelensky réclame depuis des mois à ses alliés occidentaux d’autoriser l’Ukraine à utiliser les missiles à longue portée qu’ils lui fournissent, tels que les ATACMS américains et les Storm Shadows britanniques, pour frapper loin en Russie afin de limiter la capacité russe à attaquer le territoire ukrainien.
« Nous écoutons attentivement et nous avons bien sûr des discussions sur tout un ensemble de sujets, y compris sur les équipements militaires dont l’Ukraine a besoin pour gagner », a dit David Lammy lors d’une conférence de presse conjointe avec Antony Blinken et le nouveau ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha.
SIRÈNES D’ALERTE
Le secrétaire au Foreign Office a laissé entendre que ces discussions pourraient se poursuivre quelques semaines, au risque de susciter la déception chez les Ukrainiens désireux de voir les Occidentaux se débarrasser de leurs craintes d’être entraînés dans une escalade militaire avec la Russie.
Interrogé avant cette conférence de presse sur son éventuel « optimisme » quant à un feu vert américano-britannique à des frappes en profondeur en Russie, Volodimir Zelensky a répondu avec ironie que cela dépendait de l' »optimisme » des partenaires de l’Ukraine.
« Espérons au moins de puissantes décisions. Pour nous, c’est très important en ce qui concerne aujourd’hui », a dit le président ukrainien.
La Russie ne cesse de répéter qu’elle considérerait les Occidentaux comme des belligérants s’ils autorisaient l’Ukraine à frapper son territoire à l’aide de leurs missiles à longue portée.
Joe Biden a laissé entendre mardi soir qu’un compromis pourrait être trouvé avec l’Ukraine. A la question de savoir si les Etats-Unis allaient bientôt lever leur restriction à l’utilisation par Kyiv des missiles à longue portée, le président américain a répondu que son administration était « en train de réfléchir ».
Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à deux reprises à Kyiv pendant la visite d’Antony Blinken et de David Lammy, avant et après la conférence de presse, ce qui a entraîné l’annulation d’une cérémonie de dépôt de gerbe. On ignore si des missiles ont effectivement menacé la capitale ukrainienne.
Au-delà de la question des missiles à longue portée, Antony Blinken a annoncé une nouvelle aide américaine de 700 millions de dollars (635 millions d’euros) à l’Ukraine tandis que David Lammy a déclaré que la Grande-Bretagne débloquait pour sa part 600 millions de livres supplémentaires (710 millions d’euros).
(avec Elizabeth Piper à Londres, rédigé par Mike Collett-White et Tom Balmforth; version française Jean Terzian, Kate Entringer et Bertrand Boucey)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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