BCE: Les répercussions de la guerre en Iran accentuent les vulnérabilités financières de la zone euro
FRANCFORT, 27 mai (Reuters) – La guerre en Iran et les tensions commerciales persistantes pourraient freiner la croissance économique de la zone euro, augmenter les coûts de financement et compromettre la capacité de certains États membres à maintenir l’équilibre budgétaire, a averti mercredi la Banque centrale européenne (BCE) dans un rapport.
« Un scénario de croissance nettement plus faible associé à un choc énergétique plus persistant pourrait déclencher une réévaluation de la viabilité budgétaire et une réévaluation brutale des prix sur les marchés des obligations souveraines », souligne la banque centrale dans son rapport semestriel sur la stabilité financière.
Une telle réévaluation pourrait notamment faire grimper les coûts de financement des entreprises, ce qui déclencherait une spirale susceptible de mettre en péril la stabilité financière et d’affecter l’économie réelle.
Ce risque est particulièrement préoccupant, car les exigences de financement déjà en vigueur limitent les réserves budgétaires et la marge de manoeuvre des pays.
« Les besoins de financement élevés des États, liés notamment aux dépenses de défense, à la transition écologique et aux mesures budgétaires potentielles visant à protéger les ménages et les entreprises contre la hausse des prix de l’énergie, sont susceptibles d’accentuer les pressions à moyen terme », ajoute la BCE.
Cette situation est aggravée par l’exposition croissante des fonds spéculatifs sur les marchés de la dette publique.
Si la présence de ces fonds renforce la liquidité en temps normal, ils sont généralement très endettés, ce qui rend les souligne la banque centrale.
Toute vague de ventes sur les marchés obligataires pourrait également être amplifiée par la présence d’intermédiaires financiers non bancaires, plus opaques, qui disposent généralement de moins de liquidités, ont recours à un effet de levier plus important et bénéficient d’une réglementation plus souple.
« La possibilité que ces risques étroitement liés se concrétisent simultanément, et s’amplifient mutuellement, accroît les risques pour la stabilité financière », avertit la BCE.
La BCE note également que les marchés s’inquiètent de la dépendance croissante des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle (IA) à l’égard de l’endettement.
(Reportage Balazs Koranyi, version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)
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