Soudan: Les combats se poursuivent, évacuations en cours
Les Etats-Unis ont évacué leurs diplomates du Soudan et la France et d’autres pays européens ont entamé dimanche une opération d’évacuation rapide de leurs ressortissants du pays, où les combats entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) font rage depuis huit jours.
Les belligérants se sont mutuellement accusés d’avoir attaqué un convoi de ressortissants français, faisant état chacun d’un blessé français. Le Quai d’Orsay, qui a annoncé dimanche matin que la France coordonnait une opération d’évacuation, n’a pas commenté ces informations dans l’immédiat.
L’armée soudanaise a également accusé les FSR d’avoir attaqué et pillé un convoi qatari se dirigeant vers Port-Soudan, sur la mer Rouge. Doha n’a pas réagi dans l’immédiat.
L’Egypte a déclaré qu’un membre de sa mission au Soudan avait été blessé par balle, sans donner d’autres détails. L’Irak a fait savoir qu’un de ses ressortissants a été tué.
Le président américain Joe Biden a annoncé samedi que Washington avait évacué son personnel diplomatique et suspendait les opérations de son ambassade.
« Les belligérants doivent mettre en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, autoriser un accès humanitaire sans entrave et respecter la volonté du peuple soudanais », a déclaré Joe Biden dans un communiqué.
« La violence tragique au Soudan a déjà coûté la vie à des centaines de civils innocents », a ajouté le chef de la Maison blanche. « Cela est inadmissible et doit s’arrêter. »
PERSONNEL DIPLOMATIQUE DE L’UE ÉVACUÉ
Dans un communiqué diffusé dimanche matin, les ministères français des Affaires étrangères et des Armées ont annoncé l’évacuation d’une centaines de personnes de nationalités française et tierces – essentiellement des Européens -.
Les deux ministères ont ajouté que le personnel diplomatique de la délégation de l’Union européenne au Soudan avait également été évacué par la France.
« L’opération en cours permet à nos compatriotes et leurs ayants droit de rejoindre Djibouti où ils sont pris en charge, avant une évacuation vers la France », indiquent-ils dans un communiqué commun.
« Un premier vol de transport de l’armée de l’air et de l’espace a permis d’évacuer de Khartoum une centaine de ressortissants français et de nationalités tierces, principalement européennes », ajoutent les deux ministères. « Le personnel diplomatique de la délégation de l’Union européenne au Soudan a également été évacué par la France. »
La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a indiqué sur Twitter qu’un second appareil avait décollé pour Djibouti.
En Allemagne, le ministère de la Défense a indiqué qu’un avion militaire a atterri dimanche peu avant 1400 GMT à Khartoum mais que l’évacuation de ses ressortissants allemands et d’autres nationaux prendrait du temps.
A Londres, le Premier ministre Rishi Sunak a annoncé sur Twitter que des militaires britanniques avaient procédé à l’évacuation de ressortissants et diplomates du Royaume-Uni.
« Nous continuons à explorer toutes les voies pour mettre fin au bain de sang au Soudan et assurer la sécurité des ressortissants britanniques qui restent dans le pays », a-t-il dit.
Le Canada a dit suspendre ses opérations à Khartoum, où des services consulaires limités seront maintenus.
Au moins 420 morts
Les affrontements entre l’armée régulière soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah el Bourhan et les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de « Hemedti », ont éclaté le 15 avril à Khartoum et dans le reste du pays, faisant au moins 420 morts et 3.700 blessés.
Les deux forces, alliées lors du coup d’Etat militaire mené en 2021, deux ans après la chute de l’autocrate Omar el Béchir, ne sont pas parvenues à s’entendre lors de négociations sur l’intégration des FSR au sein de l’armée régulière.
Plusieurs cessez-le-feu annoncés ces derniers jours n’ont pas été respectés.
Des colonnes d’épaisse fumée continuaient à obscurcir dimanche le ciel de Khartoum et des villes voisines d’Ombdurman et Bahri et des coups de feu pouvaient être entendus dans plusieurs quartiers, selon un journaliste de Reuters présent dans la capitale soudanaise.
Des combats intenses se poursuivent autour du quartier général de l’armée dans le centre de Khartoum ainsi qu’à l’aéroport, fermé en raison des affrontements, et à Bahri, où l’armée a recours à des frappes aériennes et des troupes au sol pour tenter de repousser les FSR.
Le groupe paramilitaire a déclaré dimanche que ses forces avaient été la cible de raids aériens dans le quartier de Kafouri à Bahri, parlant de dizaines de morts et blessés.
La situation chaotique oblige de nombreux habitants de Khartoum à rester cloîtrés chez eux en raison des bombardements et de la présence d’hommes armés dans les rues.
Pour évacuer leur personnel diplomatique, les Etats-Unis ont mobilisé samedi des forces spéciales à bord d’hélicoptères MH-47 Chinook venus d’une base américaine à Djibouti, qui ont passé à peine une heure à Khartoum et récupéré une petite centaine de personnes.
« Nous avons pu arriver et repartir sans problème », a déclaré le général Douglas Sims, directeur des opérations à l’état-major.
John Bass, sous-secrétaire d’Etat pour l’administration auprès du département d’Etat, a déclaré que des ressortissants étrangers parmi lesquels des Américains avaient également réussi à quitter Khartoum pour rejoindre par la route Port-Soudan.
L’Arabie saoudite a déjà évacué des ressortissants des pays du Golfe depuis le principal port soudanais, situé à 650 km au nord-est de Khartoum. La Jordanie utilise également ce trajet pour ses ressortissants.
L’Egypte a enjoint à ses ressortissants vivant hors de Khartoum de rejoindre le consulat de Port-Soudan ou un bureau consulaire à Wadi Halfa, à la frontière avec l’Egypte, pour préparer leur évacuation.
Elle a invité ceux qui résident dans la capitale à se mettre à l’abri en attendant que la situation s’améliore. L’Egypte compte quelque 10.000 ressortissants au Soudan.
En dehors de Khartoum, des informations font état de combats violents dans le Darfour, vaste région occidentale où le conflit qui a éclaté en 2003 a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés.
(Reportage Khalid Abdelaziz à Khartoum, ave Ahmed Elimam et Hatem Maher au Caire, Daphne Psaledakis, Juliette Jabkhiro à Paris, Andrew MacAskill à Londres et Phil Stewart à Washington; rédigé par Aidan Lewis, version française Camille Raynaud, Jean-Stéphane Brosse et Matthieu Protard)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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