L’épineuse question de la succession de Paul Biya
Le sujet sur la succession de Paul Biya alimente de plus en plus la presse camerounaise. Avec des soupçons de transmission du pouvoir par une stratégie de gré à gré…
Depuis son indépendance en 1960, la République du Cameroun n’a connu que deux présidents : Ahmadou Ahidjo de 1960 à 1982, puis Paul Biya de 1982 jusqu’à aujourd’hui. En notant que le passage de l’un à l’autre s’était fait par transmission du pouvoir, puisque Ahidjo avait fait réviser la Constitution en 1979 pour permettre à son Premier ministre de lui succéder en cas de démission. Ce qui se passa en novembre 1982.
Le Cameroun n’a donc jamais connu un changement de président par la voie des urnes, ni par coup d’État, ni par soulèvement populaire. Et même durant la période coloniale, Ahidjo n’avait succédé à André-Marie Mbida au poste de Premier ministre, que parce que celui-ci avait démissionné le 11 février 1958…
C’est donc dans ce contexte historique que les députés camerounais ont entamé cette semaine parlementaire, avec des soupçons de projet de loi visant une révision de la Constitution en ce qui concerne la dévolution du pouvoir. Il n’est pas inutile de rappeler que le président Paul Biya est né le 13 février 1933, ce qui lui fait exactement 87 ans. L’importance de son âge attise les appétits successoraux depuis une vingtaine d’années (certains sont allés en prison pour l’avoir manifesté ouvertement), et il paraît évident que même sous cape, la question de la succession commence à se murmurer dans les couloirs de la Présidence.
Déjà, le 5 février 2019, Paul Biya avait signé un décret accordant une délégation permanente de sa signature au ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Ce qui avait alimenté les choux gras. Faisant de monsieur Ngoh Ngoh le « vice-dieu » ou encore le démiurge. Il se raconte même que c’est lui qui ferait la pluie et le beau temps en ce qui concerne toutes les décisions stratégique de la République…

Le journal Sud Infos Plus imagine Franck Biya comme le successeur de son père à la tête de l’Etat camerounais. Source: cameroon-info.net /CC
Alors, qui pour succéder à Paul Biya ? Parce que dans l’état actuel de la Constitution, il y a le président du Sénat qui assurerait l’intérim en cas de vacance constatée du pouvoir. Au cas où lui-même serait défaillant, il y a le président de l’Assemblée nationale. Sauf que ces deux hauts dignitaires sont âgés respectivement de 86 ans pour Marcel Niat Njifenji, et d’environ 80 ans pour l’honorable Cavaye Yeguié Djibril (à la tête de l’Assemblée nationale depuis 1992). Ce qui ne fait pas d’eux des perdreaux de l’année. Et c’est naturellement que des rumeurs circulent depuis plusieurs semaines, mettant à jour cette question de remplacement alors que le mandat de Paul Biya est commençant, vu qu’il a été élu en octobre 2018 pour une durée s’achevant normalement en 2025. Des noms ont été propulsés sur le devant de la scène comme celui de Franck Biya, le fils du président. Une sonde ? Une hypothèse crédible ? Le peuple camerounais est-il prêt à accepter une telle transmission de père en fils ?
Et pourtant la vacance n’est pas encore constatée. Paul Biya a plusieurs fois été annoncé pour mort, mais la vérité est qu’il respecte un confinement strict puisqu’il fait partie des personnes à risque face au coronavirus. Il continue cependant à recevoir certains émissaires étrangers, notamment l’ambassadeur de France. Et jusqu’ici aucune preuve n’a été apportée ni sur son incapacité mentale ou physique, ni sur son empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, ni sur son décès et encore moins sur sa démission. On peut donc s’interroger sur l’opportunité de la récurrence de cette question, surtout en plein rassemblement des nouveaux députés (ils ont été élus après le scrutin législatif du 9 février 2020, ndlr). La presse locale imagine déjà un projet de loi visant à créer un nouveau poste de vice-président dans la Constitution, faisant de son occupant le successeur constitutionnel du président de la République en cas d’incapacité ou de décès.
Mais toutes ces supputations et ces agitations de couloirs n’auraient certainement pas eu lieu, si le président Paul Biya avait ouvertement et clairement désigné son dauphin personnel à l’intérieur de son propre parti, le RDPC.
Ecclésiaste Deudjui
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