Accord commercial USA-UE, les droits de douane américains fixés à 15%
par Andrew Gray et Andrea Shalal
TURNBERRY, Ecosse (Reuters) -Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) ont conclu dimanche un accord commercial instaurant des droits de douane de 15% sur la plupart des produits des 27 Etats membres du bloc, ont annoncé le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Donald Trump, qui menaçait d’appliquer des droits de douane de 30% sur les produits européens à partir du 1er août, a précisé que l’accord prévoyait également 600 milliards de dollars d’investissements de l’UE aux Etats-Unis, ainsi que l’achat par le bloc d’énergie – pour 750 milliards de dollars – et d’équipements militaires américains.
« Je pense qu’il s’agit du plus grand accord jamais conclu », a-t-il déclaré aux journalistes à l’issue d’un entretien d’une heure avec Ursula von der Leyen, laquelle a précisé que les droits de douane de 15% s’appliquaient « de manière générale ».
« Nous avons un accord commercial entre les deux plus grandes économies du monde, et c’est un accord important. C’est un accord énorme. Il apportera de la stabilité. Il apportera de la prévisibilité », a-t-elle déclaré.
Le pacte scellé dimanche met fin à des mois d’incertitude pour les entreprises des 27 États membres de l’UE.
Il représente une avancée majeure, les États-Unis et le bloc étant de loin les plus grands partenaires du commerce mondial en totalisant à eux seuls un tiers de celui-ci, même s’il risque d’être perçu par beaucoup en Europe comme une issue décevante par rapport à l’ambition initiale d’un accord « zéro pour zéro » sur les biens industriels.
Les droits de douane de 15% s’appliqueront notamment au secteur automobile, aux produits pharmaceutiques et aux semi-conducteurs, ont précisé Donald Trump et Ursula von der Leyen. L’acier et l’aluminium européens resteront en revanche soumis à un taux de 50%.
PAS DE DÉCISION SUR LES VINS ET SPIRITUEUX
Aucune décision ne concerne les vins et les spiritueux dans le cadre de l’accord et les détails de celui-ci seront réglés dans les semaines à venir, a précisé la présidente de la Commission européenne, ajoutant que l’UE procéderait à des achats massifs de gaz naturel liquéfié (GNL) américain.
Toujours selon Ursula von der Leyen, un accord « zéro pour zéro » a en outre été conclu pour certains produits stratégiques, notamment les avions et leurs pièces détachées, ainsi que certains produits chimiques, médicaments génériques et produits agricoles.
La rencontre entre les deux dirigeants était organisée dans les locaux du parcours de golf du président américain à Turnberry, dans l’ouest de l’Écosse.
En préambule de l’entretien, Donald Trump avait déclaré aux journalistes qu’il y avait « de bonnes chances » que les Etats-Unis et l’UE parviennent à un accord, estimant que trois ou quatre principaux points de friction demeuraient entre les deux parties.
Evoquant « l’équité » indispensable à une entente en citant les barrières aux exportations américaines de voitures et de produits agricoles, Donald Trump critiquait alors un marché européen « très fermé ».
En cas d’échec des négociations et de droits de douane de 30% appliqués par les États-Unis à partir du 1er août, l’UE avait préparé des contre-mesures portant sur 93 milliards d’euros (109 milliards de dollars) de produits américains.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a salué un accord permettant d’éviter « un conflit commercial qui aurait durement touché l’économie allemande, tournée vers l’exportation ».
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a pour sa part jugé « positif » qu’un pacte commercial ait été conclu, ajoutant toutefois qu’elle avait besoin d’en voir les détails, selon l’agence de presse italienne ANSA.
LE JAPON COMME SOURCE D’INSPIRATION
Avant cet accord, le bloc était confronté à des droits de douane américains sur plus de 70% de ses exportations, avec 50% sur l’acier et l’aluminium, une surtaxe de 25% sur les voitures et pièces détachées en plus du tarif existant de 2,5%, et des prélèvements de 10% sur la plupart des autres produits européens.
Les responsables européens jugeaient que des droits de douane de 30% dès le 1er août étaient susceptible d’anéantir des pans entiers du commerce transatlantique.
S’inspirant du Japon, qui a obtenu un tarif de base de 15% dans un accord conclu plus tôt cette semaine, les négociateurs européens ont échangé avec leurs homologues japonais en amont de la réunion de dimanche.
Pour Donald Trump, qui cherche à remodeler l’économie mondiale et à réduire les déficits commerciaux américains accumulés depuis des décennies, un accord avec l’UE constitue le plus important pacte commercial de son mandat, surpassant celui de 550 milliards de dollars conclu avec le Japon.
Jusqu’à dimanche, le président américain avait également conclu des accords avec la Grande-Bretagne, l’Indonésie et le Vietnam, même si son administration n’a pas réussi à tenir sa promesse de « 90 accords en 90 jours ».
Le déficit commercial des États-Unis avec l’UE a atteint 235 milliards de dollars en 2024, selon les données américaines. L’UE souligne pour sa part l’excédent américain dans le domaine des services, qui selon elle rétablit partiellement l’équilibre dans leurs échanges.
(Avec Richard Lough à Paris, Julia Payne à Bruxelles, François Murhpy à Vienne et Sara Rossi à Milan, rédigé par Jan Strupczewski, version française Nicolas Delame et Benjamin Mallet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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