La guerre pourrait faire grimper les demandes d’aide au FMI jusqu’à $50 mds selon Kristalina Georgie
Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à ce que la demande d’aide financière à court terme adressées à l’institution pour faire face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient atteignent un montant compris entre 20 et 50 milliards de dollars (17,13 et 42,82 milliards d’euros), a déclaré jeudi sa directrice générale, Kristalina Georgieva.
La cheffe du FMI a souligné que le conflit en Iran mettait à rude épreuve l’économie mondiale, notamment en faisant flamber les prix de l’énergie et en perturbant les chaînes d’approvisionnement.
Dans un discours préparé en amont des réunions du FMI et de la Banque mondiale prévues la semaine prochaine, Kristalina Georgieva affirme que la guerre va contraindre le FMI à revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale.
Le FMI présentera plusieurs scénarios dans son prochain rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, dont la publication est prévue mardi prochain.
Il ne fait aucun doute que le Moyen-Orient sera au centre de l’attention alors que, au bout de cinq semaines de de conflit, les craintes d’inflation et les inquiétudes concernant la croissance restent vives.
Le président américain Donald Trump a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, mais l’accord montre déjà des signes de fissures qui font planer le doute sur les progrès vers une paix durable.
« Même dans le meilleur des cas, il n’y aura pas de retour clair et simple à la situation antérieure, », a déclaré Kristalina Georgieva.
« Ce que nous savons, c’est que la croissance sera plus lente, même si la nouvelle paix est durable », a-t-elle ajouté.
Même le scénario le plus optimiste, a-t-elle signalé, impliquera une révision à la baisse des prévisions de croissance en raison des dégâts causés aux infrastructures, des perturbations dans l’approvisionnement, de la perte de confiance et d’autres effets négatifs.
Dans sa dernière mise à jour des perspectives économiques mondiales, datant de janvier, le FMI prévoyait une croissance mondiale de 3,3% en 2026 et de 3,2% en 2027.
Kristalina Georgieva a également déclaré que le FMI disposait de ressources suffisantes et pouvait renforcer son soutien à par le biais des programmes existants, et que d’autres pays devraient solliciter de l’aide.
Elle n’a toutefois cité aucun pays en particulier.
Selon une étude de l’université de Boston, entre mai 2024 et mars 2025, le FMI a approuvé plus de 36 milliards de dollars de nouveaux prêts.
(Reportage Andrea Shalal ; version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)
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