Witkoff se rend sur un site de la FHG à Rafah, promet un plan d’aide
LE CAIRE/JERUSALEM (Reuters) -L’émissaire américain Steve Witkoff s’est rendu vendredi sur un site de distribution alimentaire géré par la Fondation humanitaire de Gaza (FHG) à Rafah, dans le sud du territoire palestinien sous blocus israélien, afin « d’élaborer un plan visant à livrer de la nourriture et une aide médicale » aux habitants menacés par une famine de grande ampleur.
« L’objectif de cette visite était de présenter [à Donald Trump] un tableau clair de la situation humanitaire », a déclaré sur X l’envoyé spécial du président américain, qui a posté une photographie le montrant en train de serrer la main d’une Gazaouie devant une banderole de la FHG ornée d’un drapeau américain et du slogan : « 100.000.000 de repas livrés ».
Alors que l’action de la FHG est amplement critiquée par de nombreux pays, par les ONG et les Nations unies, lesquelles estiment à plus d’un millier le nombre de Palestiniens tués sous les balles ou les obus de l’armée israélienne en essayant de récupérer de la nourriture depuis le début des opérations de la Fondation en mai dernier, la plupart près de sites gérés par cette dernière, Steve Witkoff a ajouté qu’il avait également rencontré les représentants d’autres agences.
La FHG, soutenue par Israël et les Etats-Unis, affirme que personne n’a péri sur ses points de distribution et qu’elle effectue un meilleur travail que l’Onu pour livrer de la nourriture.
« Le président Trump sait que nourrir les civils, pas le Hamas, doit être la priorité », a déclaré un porte-parole de la FHG, Chapin Fay, dans un communiqué. Le Hamas dément détourner l’aide humanitaire, comme l’en accuse Israël.
Les négociations indirectes entre les deux parties visant à obtenir un cessez-le-feu de 60 jours et un accord de libération des otages se sont soldées la semaine dernière par un échec.
Le Hamas a diffusé vendredi une vidéo de l’otage israélien Evyatar David, amaigri, filmée dans un tunnel. Le groupe Djihad islamique, allié du Hamas, a lui diffusé jeudi une vidéo de l’otage Rom Braslavski, en larmes, implorant sa libération.
PARACHUTAGES
Quelques heures après la visite de Steve Witkoff, des sources médicales palestiniennes ont annoncé la mort de trois personnes abattues près d’un des sites de la FHG à Rafah. Reuters n’a pu vérifier s’il s’agissait du même centre de distribution. L’armée israélienne a dit avoir effectué des tirs de sommation en direction d’un « groupe de suspects » à plusieurs centaines de mètre du site.
Douze personnes ont également été tuées par des frappes aériennes israéliennes sur l’ensemble du territoire, ont ajouté les sources médicales.
Après avoir accepté il y a une semaine de faire entrer davantage d’aide à Gaza face à l’indignation provoquée par les images de la famine dans le territoire, l’armée israélienne a déclaré que 200 camions gérés par l’Onu et d’autres organisations avaient livré de l’aide dans l’enclave jeudi, alors que les besoins quotidiens de la population gazaouie sont évalués a minima par les agences humanitaires à quelque 550 camions.
Des parachutages de nourriture ont également débuté cette semaine. Selon l’armée israélienne, 126 colis de nourriture ont été largués vendredi sur la bande de Gaza par six pays, dont la France, l’Allemagne et l’Espagne pour la première fois.
L’Onu estime cependant que ces largages constituent une solution alternative insuffisante à l’entrée massive de l’aide humanitaire par les points de passage terrestres, où des milliers de camions attendent un feu vert israélien pour pénétrer dans l’enclave.
« Les largages aériens coûtent au moins 100 fois plus cher que les camions. Les camions peuvent transporter deux fois plus d’aide que les avions », a déclaré sur X Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’UNRWA, l’agence de secours pour les réfugiés palestiniens.
(Nidal al-Mughrabi, Charlotte Greenfield et Maayan Lubell à Jérusalem, Olivia Le Poidevin et Ahmed Elimam; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)
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