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Un traité anglo-allemand pour rapprocher Londres de ses alliés à Bruxelles

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par Andrew MacAskill, Miranda Murray et Sarah Marsh

BERLIN (Reuters) – Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont convenus mercredi à Berlin de travailler sur un traité bilatéral « ambitieux » pour relancer les relations entre Londres et Bruxelles après la sortie britannique de l’Union européenne (UE) en 2020.

Avec sa visite de deux jours en Allemagne et en France, les deux plus grandes économies de l’UE, le Premier ministre britannique Keir Starmer entend contribuer à surmonter les relations houleuses que le précédent gouvernement conservateur britannique entretenait avec ses alliés européens.

Le dirigeant travailliste, qui a pris ses fonctions le mois dernier, a placé l’amélioration des relations avec l’UE au coeur de ses efforts pour stimuler la croissance économique du pays.

Il a décrit le nouveau traité de coopération avec Berlin comme une « occasion unique d’obtenir des résultats pour les travailleurs britanniques et allemands », affirmant qu’il permettra d’approfondir la collaboration dans les domaines de la science, de la technologie, des affaires et de la culture, tout en augmentant les échanges commerciaux.

« Permettez-moi d’être clair : la croissance est la mission numéro un de mon gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz, ajoutant que la relation avec l’Allemagne et l’ensemble de l’Europe était essentielle pour atteindre cet objectif.

La Premier ministre britannique a toutefois prévenu qu’une reprise des relations ne signifierait pas l’annulation du retrait du Royaume-Uni de l’UE, voté et achevé sous les conservateurs, ni la réintégration du marché unique ou de l’union douanière.

« Mais cela signifie une relation plus étroite sur un certain nombre de fronts, y compris l’économie, la défense et les échanges », a-t-il déclaré.

Selon le chancelier allemand Olaf Scholz, Berlin accepte cette main tendue.

« Le Royaume-Uni a toujours joué un rôle indispensable dans la résolution des grandes questions qui touchent l’ensemble de l’Europe (…) Cela n’a pas changé depuis qu’il a quitté l’UE, a-t-il dit.

Selon une déclaration conjointe publié mercredi, Londres et Berlin espèrent signer le traité de coopération lors de consultations gouvernementales « d’ici le début de l’année prochaine ».

Les ministres de la Défense travaillent également sur un nouvel accord, après la signature d’une déclaration commune dans ce domaine en juillet.

LE FACTEUR TRUMP

Les deux pays, membres de l’Otan et plus gros dépensiers d’Europe occidentale en matière de défense, cherchent des moyens d’approfondir la coopération dans le domaine de la défense avant une éventuelle réduction du soutien militaire des États-Unis à l’Ukraine, si l’ancien président américain Donald Trump retournait à la Maison blanche au début de l’année prochaine.

Le candidat républicain à la présidence des États-Unis, engagé dans une course serrée avec la vice-présidente démocrate Kamala Harris pour l’élection du 5 novembre prochain, a déjà prévenu que, s’il était élu, il repenserait « l’objectif et la mission de l’Otan ». Il a également promis de ne pas accorder d’aide supplémentaire à l’Ukraine et a déclaré qu’il ne défendrait pas les alliés qui n’augmentent pas leur budget de défense.

Un partenariat de défense anglo-allemand pourrait ressembler aux accords de Lancaster House conclus entre Londres et Paris en 2010, selon des responsables, avec des promesses de créer une force commune et de partager des équipements et des centres de recherche sur les missiles nucléaires.

Keir Starmer a en outre dit que les deux pays allaient approfondir leur coopération sur des défis sociaux communs, tels que la lutte contre les « passeurs » de migrants en situation irrégulière, et qu’ils allaient élaborer un plan d’action commun contre l’immigration clandestine.

Le dirigeant britannique se rendra à Paris pour assister mercredi soir à la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques, avant un petit-déjeuner de travail jeudi avec des dirigeants d’entreprises françaises telles que Thales, Eutelsat, Mistral AI et Sanofi.

Il s’entretiendra également avec le président Emmanuel Macron à l’Élysée.

(Reportage Andrew MacAskill, Sarah Marsh, Miranda Murray et Andreas Rinke à Berlin ; version française Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)

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