Un gouvernement remanié à la marge, entrée des sarkozystes Rachida Dati, et Catherine Vautrin
L’Elysée a dévoilé jeudi la liste des ministres clés du gouvernement du nouveau Premier ministre Gabriel Attal, marquée par le maintien des piliers de l’exécutif sortant et une droitisation des effectifs, avec l’entrée des sarkozystes Rachida Dati (Culture) et Catherine Vautrin (Travail et Santé).
Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy et maire (Les Républicains) du 7e arrondissement de Paris, réputée pour son franc parler et un fort tempérament, et Catherine Vautrin, ancienne ministre de Jacques Chirac pressentie pour remplacer Jean Castex à Matignon en 2022, renforcent les rangs des transfuges de droite de la Macronie, dont le cap conservateur se confirme.
Bruno Le Maire demeure ainsi à l’Economie et aux Finances – poste qu’il occupe depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 – et récupère aussi le portefeuille de la Transition énergétique, au détriment d’Agnès Pannier-Runacher. Gérald Darmanin reste à l’Intérieur et Sébastien Lecornu à la tête du ministère des Armées. Par ailleurs, l’ancien avocat Eric Dupond-Moretti conserve le portefeuille de la Justice.
Rachida Dati succède au ministère de la Culture à Rima Abdul Malak, située sur l’aile gauche et dont les prises de position, contre Gérard Depardieu notamment, ont irrité le chef de l’Etat, de même que ses réserves à l’égard de la loi immigration. Dans la foulée de l’annonce de l’Elysée, Eric Ciotti a dit exclure Rachida Dati du parti Les Républicains.
Sylvie Retailleau, issue de la gauche, conserve le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Le centriste Marc Fesneau est maintenu à l’Agriculture. Christophe Béchu reste au ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires.
Catherine Vautrin, qui fut ministre de la Cohésion sociale sous Jacques Chirac, hérite du ministère du Travail, où elle prend la succession d’Olivier Dussopt fragilisé par les remous liés à la réforme des retraites, ainsi que du ministère de la Santé, en remplacement d’Agnès Firmin-Le Bodo, visée par une enquête judiciaire pour avoir reçu des cadeaux illicites lorsqu’elle était pharmacienne.
DES MACRONISTES PRENNENT DU GALON
Au Quai d’Orsay, Catherine Colonna est remplacée par Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance et ancien conseiller d’Emmanuel Macron à Bercy puis à l’Elysée. Celui-ci a été préféré à Amélie de Montchalin, autre macroniste de la première heure, qui était pressentie pour revenir au gouvernement après l’avoir quitté à la suite de sa défaite aux élections législatives de 2022.
Figure montante de la Macronie, Amélie Oudéa-Castera, chargée jusqu’à présent des Sports, obtient un ministère élargi à l’Education nationale.
Gabriel Attal, qui a dirigé le ministère de l’Education nationale pendant six mois, a toutefois précisé mardi, lors de la passation de pouvoirs à Matignon, vouloir « emmener » avec lui la cause de l’école et en faire la « priorité absolue » de son action.
Jusqu’alors secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national universel, Prisca Thévenot est promue. Cette élue Renaissance réputée proche de Gabriel Attal devient la nouvelle porte-parole du gouvernement, remplaçant Olivier Véran dont le futur rôle n’est pas encore décidé, selon son entourage.
L’ensemble des postes de ministres délégués et secrétaires d’Etat seront annoncés ultérieurement.
Un conseil des ministres est programmé vendredi à 11h00.
L’équipe dirigée par le plus jeune Premier ministre de la Ve République, mais qui ne frappe pas par son renouvellement, sera chargée de mettre en oeuvre le « nouveau cap » et le nouveau souffle qu’Emmanuel Macron entend donner à son deuxième quinquennat, après une année 2023 bousculée par la réforme contestée des retraites et la loi controversée sur l’immigration.
« Je veux de l’action, de l’action, de l’action, des résultats, des résultats, des résultats (…) », a déclaré Gabriel Attal lors d’un entretien au Journal de 20h00 sur TF1, promettant un « certain nombre » d’annonces gouvernementales « dans les prochains jours ».
En nommant Gabriel Attal à Matignon, Emmanuel Macron a dégainé ce qu’il espère être une carte maîtresse pour « régénérer » son mandat et contrer le Rassemblement national, haut placé dans les sondages à cinq mois des élections européennes. La « droitisation » du nouveau gouvernement paraît répondre à cet objectif.
Dans l’entourage du chef de l’Etat, on met en avant un « élargissement de la majorité », avec les arrivées de Catherine Vautrin et de Rachida Dati, et d’une « équipe resserrée (…) pour agir plus vite et plus fort ».
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ENCADRE-La composition du nouveau gouvernement de Gabriel Attal
ANALYSE-Macron se prépare au combat, le soldat Attal à ses côtés
(Reportage Blandine Hénault, Jean-Stéphane Brosse et Elizabeth Pineau, édité par Jean Terzian)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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