Un ancien de PSA à la tête de l’ingénierie de Renault
PARIS (Reuters) – Renault a annoncé lundi la nomination d’un vétéran de son concurrent PSA, Gilles Le Borgne, pour diriger l’ingénierie du groupe au losange, poursuivant le jeu de chaises musicales entre les deux constructeurs.
Si les passerelles ont toujours existé dans l’automobile, le mouvement entre les deux principaux groupes automobiles français s’est intensifié depuis que le numéro deux de Renault, Carlos Tavares, est devenu numéro un de PSA en 2014. Mais jusqu’à présent, ces transferts ont conduit bien plus souvent vers PSA que vers Renault.
Diplômé de l’Ecole nationale supérieure de céramique industrielle, expert reconnu de l’architecture des véhicules, ce grand barbu de 57 ans aura été ces dernières années sur tous les fronts pour gérer les ruptures technologiques qui se sont accélérées dans l’automobile avec le dieselgate, la course à l’électrification et l’arrivée de normes d’homologation moins théoriques.
N’hésitant pas à prendre lui-même le volant de voitures bardées de capteurs pour mesurer la consommation réelle sur route, il est crédité du succès de PSA en matière de respect des normes WLTP.
Le constructeur automobile a en effet figuré parmi les groupes ayant homologué leur gamme dès l’entrée en vigueur des nouveaux standards en septembre 2018, comme Toyota mais en avance sur des groupes comme Volkswagen ou Renault.
Gilles le Borgne avait abruptement quitté PSA au printemps dernier « pour des raisons personnelles ».
Rattaché directement à la directrice générale de Renault par intérim, Clotilde Delbos, il remplace Gaspar Gascon Abellan, qui a décidé de quitter le groupe afin de « poursuivre des projets personnels », a précisé le constructeur au losange dans un communiqué.
Gaspar Gascon Abellan a travaillé pendant trente ans dans l’ingénierie de Renault. Il avait notamment eu, à partir de 2015, la tâche délicate d’expliquer et de défendre les choix techniques du groupe au losange lorsque plusieurs types de moteurs diesel avaient été épinglés pour des émissions polluantes nettement supérieures sur la route aux valeurs pour lesquelles ils étaient homologués.
(Gilles Guillaume et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)
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