Trump s’entretiendra avec Poutine mardi à propos de l’Ukraine
par Nathan Layne et Jeff Mason
WASHINGTON (Reuters) -Le président américain, Donald Trump, a fait savoir qu’il prévoyait de s’entretenir mardi avec son homologue russe, Vladimir Poutine, dans le cadre des démarches entreprises par Washington pour trouver une issue à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, entrée le mois dernier dans sa quatrième année.
« Ce qui se passe en Ukraine n’est pas bon, mais nous allons voir si nous pouvons travailler sur un accord de paix, un cessez-le-feu et la paix, et je pense que nous pourrons le faire », a déclaré Donald Trump à des journalistes lundi à Washington.
Donald Trump espère convaincre le président russe d’approuver un plan de trêve de 30 jours accepté la semaine dernière par Kyiv lors d’une rencontre entre représentants de haut rang américains et ukrainiens en Arabie saoudite. Vladimir Poutine a dit jeudi dernier soutenir le projet américain sur le principe, tout en suggérant qu’il fallait le remanier.
Le président américain a dit que les soldats ukrainiens étaient « en grande difficulté » dans la région de Koursk, encerclés par des soldats russes.
Le locataire de la Maison blanche affirme que son altercation spectaculaire avec le président ukrainien Volodimir Zelensky dans le Bureau ovale et la pause de l’aide militaire américaine à Kyiv ont eu une influence.
« Beaucoup de gens sont tués là-bas, et nous devons faire en sorte que l’Ukraine fasse le bon choix », a-t-il déclaré. « Mais je pense qu’ils feront la bonne chose à présent. »
Le Kremlin a confirmé lundi l’échange téléphonique.
« Oui, c’est cela. Une telle conversation est prévue pour mardi », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, répondant à une question sur cet entretien prévu.
Dans son allocution nocturne, le président Zelensky a accusé Vladimir Poutine de prolonger la guerre, affirmant que lorsque le dirigeant russe aura parlé avec son homologue américain, il aura été au courant de la proposition de cessez-le-feu depuis une semaine.
« Cette proposition aurait pu être mise en oeuvre depuis longtemps », a-t-il dit. « En temps de guerre, chaque jour est synonyme de pertes humaines », a-t-il ajouté.
Cette annonce intervient quelques jours après une visite à Moscou de l’émissaire spécial américain Steve Witkoff, qui a déclaré dimanche à la chaîne de télévision CNN avoir eu des discussions « productives » avec Vladimir Poutine.
En marge des discussions distinctes menées par Washington avec les deux camps, l’Ukraine a lancé la semaine dernière sa plus vaste attaque aux drones contre la Russie depuis le début du conflit, tandis que l’armée russe a revendiqué avoir encerclé les troupes ukrainiennes présentes dans la région de Koursk depuis l’incursion lancée en août dernier – ce que le président ukrainien Volodimir Zelensky a démenti.
A bord de l’avion présidentiel Air Force One qui le ramenait dimanche en fin de soirée de la Floride vers Washington, Donald Trump a déclaré aux journalistes qui l’accompagnaient que « les choses se passent plutôt bien, je pense, avec la Russie ».
« Nous verrons si nous aurons quelque chose à annoncer, peut-être mardi. Je vais parler au président Poutine mardi », a-t-il ajouté. « Nous voulons voir si nous pouvons mettre fin à la guerre. Peut-être que nous le pouvons, peut-être que non, mais je pense que nous avons de grandes chances ».
« PARTAGE »
Interrogé sur de potentielles concessions réclamées aux deux camps, le président américain a déclaré: « Nous allons parler de territoires. Nous allons parler de centrales énergétiques ».
« Beaucoup de choses ont déjà été largement discutées par les deux camps. Nous discutons de cela, de partager certains actifs », a-t-il poursuivi, ajoutant que beaucoup de travail a été réalisé au cours du week-end.
Le président américain n’a pas donné de détails mais pourrait faire référence à la centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, située dans une zone contrôlée par les Russes en Ukraine.
Kyiv et Moscou s’accusent mutuellement d’attitude dangereuse pouvant mener à des accidents sur la centrale.
La porte-parole de la Maison blanche, Karoline Leavitt, a précisé que les discussions porteraient sur une centrale située « à la frontière » de la Russie et l’Ukraine.
La Russie entend conserver les territoires conquis depuis le début de ce qu’elle a présenté comme une « opération militaire spéciale » en Ukraine et réclame la garantie que Kyiv ne fera pas partie de l’Otan et que l’Alliance n’enverra aucun soldat. Cette position a été rappelée lundi matin par un membre du gouvernement russe.
Kyiv a déclaré par le passé que tout accord de paix devait prévoir le retrait des troupes russes de son territoire, alors que Moscou contrôle environ un cinquième du territoire ukrainien, dont la péninsule de Crimée annexée en 2014.
Revenu au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump a opéré un revirement dans la politique de Washington à l’égard de la guerre russo-ukrainienne, reprochant à Kyiv d’être à l’origine du conflit et adoptant un ton plus conciliant avec Moscou.
Il s’est entretenu le mois dernier par téléphone avec Vladimir Poutine, convenant de restaurer un dialogue bilatéral, alors que la plupart des dirigeants occidentaux, dont son prédécesseur Joe Biden, se sont gardés de tout échange direct avec le président russe depuis l’offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février 2022, que Kyiv et ses alliés dénoncent comme une invasion.
A la suite d’une vive altercation avec Volodimir Zelensky à la Maison blanche, Donald Trump a suspendu début mars l’aide militaire et le partage de renseignement avec l’Ukraine, avant de les rétablir une fois obtenu l’accord de Kyiv sur le projet de trêve de Washington.
Les échanges entre les Etats-Unis et la Russie préoccupent les Européens, qui craignent un accord aux dépens de la sécurité du continent et ont multiplié les réunions sur la défense.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré samedi, à la suite de nouvelles discussions avec des dirigeants européens, qu’une « coalition des volontaires » était disposée à sécuriser l’Ukraine en cas d’accord avec la Russie.
(Reportage de Nathan Layne et Jeff Mason; version française Jean Terzian, Claude Chendjou et Zhifan Liu, édité par Sophie Louet)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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