Retraites: Les marins veulent sauver leur régime vieux de 400 ans
par Caroline Pailliez
LA ROCHELLE (Reuters) – Concentré sur sa mission, le capitaine de remorqueur Jean-Yves Lagarde s’assure que les cargos amarrés au port de commerce de La Rochelle ne sont pas menacés par les derniers soubresauts de la tempête « Sébastien » qui a sévi dans la nuit.
Cette tempête, née au Nord-Est des Antilles, a suffi à rompre une partie des amarres d’un cargo aux premières heures de la journée. Appelé en renfort par la capitainerie, l’officier a rameuté son équipage pour mettre en sécurité ce géant des mers.
A 45 ans, ce père de famille ne se sent pas encore prêt à partir en retraite, mais il reconnaît sentir déjà « la fatigue générale liée au travail ». C’est ce qui le pousse à défendre les spécificités de son régime de retraite, qui lui permet de partir dès 52,5 ans s’il cumule 37,5 années de service.
Officier de la marine marchande, Jean-Yves Lagarde cotise au régime social des marins, fondé en 1673 par Colbert, alors secrétaire d’Etat de la maison de Louis XIV, dans le but de fournir aux marins estropiés une pension d’invalidité.
Ce système, qui concerne la pêche, le commerce, les cultures marines et la plaisance professionnelle, pourrait être amené à disparaître, si Emmanuel Macron mène à bien son projet de régime universel par points, qui vise à réduire les inégalités de traitement entre les assurés.
Une aberration pour Jean-Yves Lagarde, qui est prêt à se mobiliser le 5 décembre aux côtés des syndicats pour dénoncer le projet. « On a quand même un système qui tient la route depuis quatre siècles », dit-il. « Il est en parfaite adéquation avec la pénibilité générale du travail. »
L’officier de marine parle d’expérience. Pendant dix ans, il a parcouru le monde au « long cours », sur ces cargos qui partent en mission plus de trois mois pour transporter des marchandises de port en port.
UN RÉGIME DES RETRAITES DÉSÉQUILIBRÉ
Après avoir inhalé quantité de vapeurs d’hydrocarbures, subi la chaleur infernale des moteurs dans la soute et avoir été menacé par des pirates de Java, il estime avoir eu plus que sa part d’épreuves.
Le métier de remorqueur, qu’il exerce depuis 13 ans, lui permet, certes, de rentrer chez lui tous les soirs, mais le rythme est encore décousu. Il alterne une semaine intensive de travail, où il doit être disponible 24h sur 24, et est en moyenne réveillé une nuit sur deux, avec une semaine de repos.
Malgré l’attachement à ce régime de retraite, il admet que le système n’est plus viable financièrement. On comptait, en 2018, 38.956 marins actifs pour 111.319 retraités, soit un ratio d’environ 0,3 actif pour un retraité. Pour combler le déficit structurel du régime, l’Etat finance 79% des pensions versées, une forme de soutien non-déguisé à cette activité.
Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, a conscience que les conditions de travail sont particulièrement difficiles en mer, déclare un de ses proches. En revanche, il s’interroge sur le fait que les marins en service à terre, dans les capitaineries par exemple, bénéficient des mêmes avantages que les autres.
Dans le cadre de la réforme, le dispositif de retraite pourrait ainsi être modulé en fonction du temps effectif passé en mer.
« Ça va exploser tout le régime des marins », a déclaré à Reuters Jean-Philippe Chateil, secrétaire général de la fédération des officiers de marine marchande CGT, qui explique que pour rester affilié au régime spécial, il n’est pas possible de rester à terre plus que quelques années. Passé ce délai, les personnes concernées basculent dans le régime général.
Pour le capitaine Jean-Yves Lagarde, ces métiers ont eux aussi leur lot de pénibilité – travail de nuit, stress – et il n’y a pas lieu de « les jalouser ».
Il ne serait pas avisé de diviser la communauté, ajoute-t-il, « la solidarité des marins n’est pas un vain mot ».
(Caroline Pailliez, édité par Jean-Michel Bélot)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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