Quelle est la situation humanitaire dans la bande de Gaza ?
GENEVE (Reuters) – Une trêve de quatre jours conclue entre Israël et le Hamas a débuté vendredi matin, prévoyant notamment une livraison accrue d’aide humanitaire à la population palestinienne massée dans des conditions dramatiques dans le sud de la bande de Gaza.
Les pénuries de nourriture, d’eau potable, de médicaments et de carburant servant notamment à alimenter les générateurs électriques n’ont cessé de s’aggraver ces dernières semaines malgré les cris d’alarme des agences de l’Onu, qui redoutent des épidémies.
Certaines parties du nord de l’enclave palestinienne assiégées par l’armée israélienne sont coupées du monde extérieur depuis des semaines, un « enfer sur terre » pour les civils qui s’y trouvent encore, selon un porte-parole des Nations unies.
Voici un aperçu de la situation humanitaire à Gaza, étroite enclave de 2,3 millions d’habitants gouvernée par le Hamas, que les Nations unies (Onu) jugent « catastrophique ».
DÉPLACÉS
Le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) évalue à plus de 1,7 million le nombre de « déplacés internes » à Gaza, dont environ un million ont trouvé refuge dans au moins 156 centres d’hébergement temporaires gérés par l’agence de l’Onu pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
Ces centres sont surpeuplés, accueillant jusqu’à quatre fois plus de personnes qu’ils ne le pourraient, des dizaines de milliers de Gazaouis ayant encore fui les combats et les bombardements dans le nord de l’enclave ces derniers jours.
Le sud de la bande de Gaza n’est pas non plus épargné par les frappes aériennes israéliennes, provoquant des victimes civiles et rendant l’accès à l’aide encore plus périlleux.
Faute de place à l’intérieur des abris, la plupart des hommes et des adolescents de sexe masculin dorment dans la rue aux abords des centres d’hébergement, selon l’OCHA.
HÔPITAUX
Aucun des hôpitaux du nord de Gaza ne fonctionne normalement en raison des bombardements et du manque de carburant. Selon l’OCHA, seuls huit des onze établissements du Sud sont fonctionnels et d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un seul peut réaliser des opérations chirurgicales complexes.
L’OMS a indiqué qu’Israël lui avait demandé d’aider à évacuer trois hôpitaux du nord de l’enclave et qu’elle tenterait de le faire « le plus tôt possible ».
L’organisation a dit vendredi qu’une centaine de patients et de soignants se trouvaient encore à l’intérieur de l’hôpital Al Chifa, auquel l’armée israélienne a donné l’assaut la semaine dernière en accusant le Hamas d’y avoir dissimulé un centre de commandement.
Le nombre de naissances prématurées a augmenté de près d’un tiers dans la bande de Gaza au cours du mois dernier, alors que les mères subissent un stress et un traumatisme croissants, selon Oxfam.
LIVRAISON DE L’AIDE
Le passage de Rafah a rouvert ses portes pour une aide humanitaire limitée le 21 octobre et tous les autres passages vers Gaza restent fermés.
Au total, 80 camions transportant de l’aide humanitaire sont arrivés d’Égypte le 23 novembre. Une soixantaine d’autres étaient entrés dans l’enclave pendant la matinée de vendredi, selon les autorités frontalières de Gaza.
L’Egypte a déclaré que 130.000 litres de carburant seraient acheminés chaque jour à Gaza et que 200 camions transportant de l’aide entreraient quotidiennement dans l’enclave pendant la durée de la trêve.
EAU
Le carburant livré ces derniers jours a permis de faire fonctionner à nouveau certains puits et stations de pompage dans le sud de Gaza. La situation est beaucoup plus préoccupante dans le Nord, où l’usine de dessalement de l’eau et la canalisation par laquelle Israël fournit en temps normal à la population de Gaza environ 10% de ses besoins sont totalement à l’arrêt, selon l’OCHA.
Les stations de traitement des eaux usées ne fonctionnent pas à pleine capacité en raison des dégâts et des pénuries de carburant, et les eaux usées se sont répandues dans les rues près de Rafah ces derniers jours, selon l’OCHA.
CARBURANT
Après y avoir mis son veto pendant des semaines, Israël a autorisé la livraison d’une quantité limitée de carburant à Gaza via l’Egypte. Des camions ont acheminé 75.000 litres jeudi et Le Caire espère livrer 130.000 litres par jour jusqu’à la fin de la trêve.
Pour éviter qu’il ne tombe entre les mains des combattants du Hamas, le carburant est distribué par l’UNRWA pour permettre la distribution de nourriture ainsi que le fonctionnement des générateurs électriques dans les hôpitaux, les infrastructures de pompage et d’assainissement de l’eau, les centres d’hébergement et d’autres services essentiels.
(Rédigé par Emma Farge, version française Tangi Salaün, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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