Netanyahu vivement critiqué après le veto de Trump aux frappes à Beyrouth
par Alexander Cornwell
TEL AVIV, 2 juin (Reuters) – Benjamin Netanyahu est vivement critiqué en Israël après le veto opposé lundi par le président américain Donald Trump au projet de frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, qui fragilise le Premier ministre à l’approche d’élections législatives dont sa coalition gouvernementale est donnée perdante par les sondages.
Répondant à la menace de l’Iran de rompre les négociations avec les États-Unis si l’offensive israélienne au Liban devait s’étendre, Donald Trump a affirmé qu’Israël et le Hezbollah étaient convenus de cesser leurs attaques.
Le gouvernement libanais a ensuite annoncé un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, en vertu duquel Israël renoncerait à bombarder la banlieue sud de Beyrouth tandis que le Hezbollah mettrait fin à ses attaques visant le nord d’Israël. Les combats se poursuivaient en revanche mardi au Sud-Liban.
L’opposition israélienne s’en est vivement prise à Benjamin Netanyahu après ces annonces, accusant le chef du gouvernement d’avoir bradé la souveraineté d’Israël en cédant à Donald Trump sur des questions de sécurité nationale.
« Le lieu est différent, mais l’histoire est la même », a vilipendé le nationaliste Naftali Bennett, un « faucon » en matière de sécurité, en allusion au cessez-le-feu conclu sous l’égide de Donald Trump dans la bande de Gaza, qui permet au Hamas de reconstituer ses forces.
« Le gouvernement a perdu le contrôle de la souveraineté israélienne », a fustigé l’ancien Premier ministre sur le réseau social X.
Naftali Bennett et son principal allié en vue des élections, le centriste Yaïr Lapid, plaidaient pour un élargissement des bombardements visant le Hezbollah.
Dans un message sur X, Yaïr Lapid a reproché à Benjamin Netanyahu d’avoir transformé Israël en « protectorat » des États-Unis.
« Aucun Premier ministre israélien n’a jamais accepté une exigence aussi humiliante », a tempêté de son côté l’ancien chef d’état-major de l’armée Gadi Eisenkot, qui briguera lui aussi le poste de chef du gouvernement lors des élections.
NETANYAHU N’A PAS LEVÉ SA MENACE
Le veto de Donald Trump fait aussi des remous au sein de la coalition au pouvoir. Le ministre de la Sécurité nationale, l’ultranationaliste Itamar Ben Gvir, a notamment estimé que Benjamin Netanyahu aurait dû dire « non » au président américain.
Le cessez-le-feu conclu le 16 avril entre Israël et le Hezbollah sous l’égide des États-Unis n’a jamais été respecté par aucune des deux parties, chacune disant répondre à l’autre, et l’offensive de l’armée israélienne s’est accélérée ces derniers jours au Sud-Liban.
Les bombardements ont fait plus de 3.400 morts et déplacé un million de personnes côté libanais. Côté israélien, 26 soldats et quatre civils ont été tués depuis le début des hostilités en mars, quand le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël en soutien à l’Iran.
Après le veto de Donald Trump à la reprise des frappes israéliennes à Beyrouth, Benjamin Netanyahu a assuré que la position de son gouvernement concernant le Liban n’avait pas changé.
« (Si) le Hezbollah ne cesse pas d’attaquer nos villes et nos citoyens, Israël attaquera des cibles terroristes à Beyrouth », a affirmé le Premier ministre dans un communiqué.
Son ministre de la Défense, Israël Katz, a répété ce message mardi, assurant que Tsahal bombarderait Beyrouth en cas de tirs du Hezbollah en direction d’Israël.
Les opérations militaires israéliennes au Sud-Liban n’ont par ailleurs pas diminué d’intensité depuis lundi soir, et Tsahal a appelé mardi les habitants de Nabatiyeh à évacuer la ville avant de bombarder ce qu’elle présente comme des cibles du Hezbollah.
Par l’intermédiaire d’un de ses porte-paroles, le mouvement chiite pro-iranien s’est de son côté contenté de dire qu’il « surveillerait les développements sur le champ de bataille et dans les canaux diplomatiques dans les prochains jours ».
(Rédigé par Alexander Cornwell ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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