Mali: Moscou rejette les objections françaises, Bamako prêt à demander l’aide russe
MOSCOU (Reuters) – La Russie a balayé jeudi les préoccupations françaises quant à un possible partenariat de sécurité entre le Mali et la société privée russe Wagner, soulignant qu’il appartenait aux seules autorités de Bamako de décider de leur stratégie dans la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.
Sergueï Lavrov recevait à Moscou son homologue malien, Abdoulaye Diop, en visite de travail jusqu’à vendredi pour parler coopération militaire et énergétique, notamment.
Lors d’une conférence de presse commune, le chef de la diplomatie malienne a déclaré que Bamako pourrait demander l’aide de la Russie pour assurer sa sécurité, tout en indiquant qu’aucun contrat n’avait été signé à ce jour avec une société militaire privée russe.
« S’agissant de la nervosité dont font montre les Français et d’autres responsables occidentaux quant aux projets du gouvernement malien de louer les services d’une compagnie militaire privée de la Fédération russe, (…) cela est de la compétence exclusive du gouvernement légitime du Mali », a dit Sergueï Lavrov.
« Si ces contrats sont conclus avec les gouvernements légitimes d’Etats souverains, je ne comprends pas que cela soit perçu de manière négative », a-t-il ajouté, tout en réaffirmant que le Kremlin n’était en rien concerné par ces arrangements privés.
Reuters a révélé en septembre que les autorités de Bamako avaient sollicité le soutien de la société de sécurité privée russe Wagner pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel. Le gouvernement russe, qui a toujours nié tout lien avec Wagner, avait alors assuré qu’il n’était en rien impliqué dans ce rapprochement.
« La situation est telle maintenant que nous pourrions nous tourner vers notre amie (la Russie) pour qu’elle nous aide », a déclaré Abdoulaye Diop lors de la conférence de presse, s’exprimant en français avec un interprète russe.
« L’existence même du Mali est menacée », a-t-il souligné.
RÉUNION FRANCO-RUSSE VENDREDI À PARIS
Le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou poursuivait la coopération militaire avec les autorités maliennes en leur fournissant armes, munitions et équipements.
Les ministres français et russes des Affaires étrangères et de la Défense se réunissent vendredi à Paris en marge de la Conférence internationale sur la Libye, ont annoncé mardi les ministères français, citant au nombre des sujets à aborder la situation dans la bande sahélo-saharienne sur laquelle « la France exprimera ses préoccupations concernant les actions de la Russie ».
Des sources diplomatiques occidentales confirment qu’aucun accord n’a été à ce jour finalisé entre le Mali et la société Wagner, mais elles rejettent les déclarations russes.
La Russie a la capacité d’intervenir dès qu’il s’agit d’une société russe, dont le dirigeant est proche du Kremlin, qui emploie d’anciens agents russes et utilisent des avions russes, fait-on valoir, sans « naïveté ».
La France a mis en garde le Mali – où la junte au pouvoir s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils à l’horizon de février 2022, avec l’organisation d’élections législatives et présidentielle – contre le recours à des mercenaires, soulignant qu’il perdrait le soutien de la communauté internationale.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin dernier une « transformation profonde » de la présence militaire française au Mali, avec l’objectif de maintenir à terme entre 2.500 et 3.000 hommes au Sahel, sur les 5.100 mobilisés aujourd’hui dans le cadre de l’opération Barkhane.
Les relations entre Paris et Bamako n’ont cessé dès lors de se dégrader, le premier accusant la junte malienne de « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français », l’autre partie dénonçant « un abandon en plein vol ».
(Reportage Maria Tsvetkova, Andrew Osborn, avec la contribution de John Irish à Paris; rédigé par Tom Balmforth et Mark Trevelyan; version française Sophie Louet, édité par Claude Chendjou)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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