Macron termine en Afrique centrale un voyage qui se veut tourné vers l’avenir
par Elizabeth Pineau
KINSHASA (Reuters) – En quatre jours d’une intense tournée en Afrique centrale cette semaine, Emmanuel Macron s’est efforcé d’illustrer le « partenariat renouvelé » mâtiné d’humilité et de respect appelé de ses voeux sur un « continent d’avenir » avec lequel la France partage une « histoire plurielle ».
A Libreville, Luanda, Brazzaville et Kinshasa, où il ne s’était jamais rendu en tant que président, le chef de l’Etat a oeuvré à redorer le blason d’une France en perte de vitesse au profit de puissances comme la Chine, l’Inde et la Russie.
« L’Afrique est un théâtre de compétitions. Il faut qu’elle se fassent dans un cadre loyal », a-t-il rappelé samedi à Kinshasa. « Nous avons notre place à jouer, ni plus ni moins. »
Après les retraits des troupes françaises au Mali et au Burkina Faso, à l’heure où un malaise anti-français gagne du terrain, encouragé par les réseaux sociaux sur fond de guerre en Ukraine, le président a martelé des messages en réponse aux incompréhensions.
Lors d’un aparté avec la presse à l’institut français de Kinshasa, dernière étape de son voyage, Emmanuel Macron a estimé que la lutte contre ce sentiment hostile à la France ne se ferait « pas en un coup ».
« Moi je vois depuis cinq ans tout le travail qu’on a fait. Et on a quand même changé la donne dans beaucoup de pays sur beaucoup de sujets », a-t-il dit.
Lundi à l’Elysée, le président avait jeté les bases de sa nouvelle stratégie africaine, annonçant que les bases militaires françaises serait désormais co-gérées avec les pays où elles se situent.
« Pour moi l’objectif est rempli, c’est de pouvoir commencer à déployer la feuille de route qu’on a expliqué lundi », a-t-il dit samedi soir à Kinshasa, au terme de quatre jours de périple.
Au Gabon, ancienne colonie francophone nouvellement entrée dans le Commonwealth, Emmanuel Macron a parlé climat, défense des forêts tropicales et proclamé la fin de la « Françafrique », un mot qu’il évitait jusqu’ici de prononcer.
« Au Gabon comme ailleurs la France est un interlocuteur neutre qui parle à tout le monde », a-t-il dit à la résidence de France en réponse aux attaques de l’opposition le soupçonnant de venir encourager la réélection du président Ali Bongo.
Deux jours plus tard à Kinshasa, Félix Tshisekedi l’encourageait sur la voie d’une nouvelle ère. « J’estime que la Françafrique est dépassée », a dit le dirigeant dont le pays fut autrefois sous administration belge.
« NOS ACCORDS ET NOS DÉSACCORDS »
A Luanda, capitale d’un pays lusophone de 34 millions d’habitants, l’agenda était économique avec le lancement d’un partenariat franco-angolais en matière d’agriculture et d’agroalimentaire et la vente d’un satellite pour près de 200 millions d’euros.
En coulisses, les pourparlers ont aussi porté sur l’Est de la République démocratique du Congo, région meurtrie où un nouveau plan de paix tente d’être mis en oeuvre sous la houlette du président angolais Joao Lourenço.
Le sujet était au coeur des discussions de samedi à Kinshasa, d’où Emmanuel Macron a téléphoné au président rwandais Paul Kagamé avant d’apporter, en conférence de presse aux côtés de Félix Tskisekedi, son soutien au plan de paix assorti de sanctions contre ceux qui ne le respecteraient pas.
Entretemps, l’étape de quelques heures à Brazzaville, vendredi, a donné lieu à des images semblant appartenir au passé, montrant Emmanuel Macron reçu en grandes pompes par le président Denis Sassou N’Guesso, au pouvoir depuis 1997.
Sur cet épisode aussi, Emmanuel Macron s’est expliqué dès le lendemain de l’autre côté du fleuve Congo.
« Si on se met dans une situation qui consiste à dire ‘partout où il y a des dirigeants qui ne sont pas élus aux meilleurs standards démocratiques que ceux qui nous plaisent, qui sont là depuis trop longtemps, il n’y a plus de déploiement de la France ou de partenariat’, vous serez les premiers à dire le lendemain qu’il n’y a plus de politique de la France en Afrique du tout », a-t-il dit devant la presse à Kinshasa. « On fait avec les dirigeants qui sont là avec respect, en constatant nos accords et nos désaccords, en disant ce qui va et ce qui ne va pas quand ça ne va pas, ce que j’ai fait hier ».
Pour Pauline Bax, spécialiste de l’Afrique à l’International Crisis Group, cette tournée présidentielle aux accents multiples visait d’abord à « répondre à la vague de sentiment anti-français au Sahel ».
« Que cela plaise ou non, l’Afrique va rester importante pour la France. Elle ne va pas se retirer de ce continent », a-t-elle ajouté lors d’un entretien avec Reuters. « Il y a un changement de ton ».
(Reportage Elizabeth Pineau avec la contribution de Sonia Rolley à Paris, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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