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Macron suscite l’incompréhension de certains alliés sur la Russie

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par John Irish et Michel Rose

PARIS (Reuters) – Lorsque les ministres des Affaires étrangères des 30 pays membres de l’Otan se sont réunis fin novembre à Bucarest pour réaffirmer et accentuer le soutien de l’alliance à l’Ukraine et aux pays de la région se sentant menacés par la Russie, une absence a été remarquée: celle de la France.

La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, accompagnait le président Emmanuel Macron lors de sa visite d’Etat aux Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, était lui pourtant bien présent à Bucarest.

Pour ses alliés européens, notamment les pays les plus proches de la Russie, cette absence de la ministre française a fourni un motif supplémentaire d’interrogations quant à la position de la France au sujet du conflit en Ukraine, quitte à la percevoir comme un possible maillon faible dans l’alliance occidentale soutenant Kyiv face à Moscou.

Deux jours après cette réunion à Bucarest, Emmanuel Macron a donné plusieurs interviews à des médias français et américains dans lesquelles il a donné le sentiment de délivrer des messages contradictoires sur l’Ukraine, ajoutant à l’exaspération de plus en plus ouvertement exprimée dans certaines capitales d’Europe de l’Est.

Tout en réaffirmant qu’il revenait à l’Ukraine de choisir le moment de négocier avec la Russie, le président français a une nouvelle fois jugé qu’il faudrait apporter des « garanties de sécurité » à Moscou lorsque viendrait le moment de ces négociations. L’agence de presse russe TASS a relayé ces propos sur Twitter.

« Putain, mais c’est pas vrai! », a réagi sur Twitter l’ancien président estonien Toomas Ilves, traduisant un sentiment largement partagé parmi de nombreux alliés est-européens de la France.

La réaction de l’Ukraine a été rapide et sans équivoque. Mikhaïlo Podoliak, le directeur de cabinet du président Volodimir Zelensky, a répondu que le monde avait besoin de garanties de sécurité vis-à-vis de la Russie, et non l’inverse.

Avec ses déclarations, Emmanuel Macron a suscité de la colère et une forme d’inquiétude parmi les pays d’Europe de l’Est et baltes, malgré l’aide militaire et financière substantielle fournie par la France à l’Ukraine, disent des diplomates et d’anciens responsables politiques.

Ce positionnement français fragilise en outre le propre projet politique d’Emmanuel Macron visant à doter l’Europe d’une « autonomie stratégique », en confortant les pays d’Europe de l’Est dans leur volonté de privilégier la protection des Etats-Unis pour leur propre sécurité.

D’après un diplomate est-européen, Emmanuel Macron a déjà « mal interprété » la Russie une fois et la crainte est désormais que cela se reproduise.

Interrogé par les journalistes sur les critiques ayant suivi ses dernières déclarations au sujet de la Russie, Emmanuel Macron a répondu mardi à son arrivée à un sommet UE-Balkans occidentaux en Albanie : « Il ne faut pas faire de grand cas et essayer de faire des polémiques là où il n’y en a pas. »

« J’ai toujours dit la même chose, c’est-à-dire qu’à la fin, dans les discussions de paix, il y aura des sujets territoriaux sur l’Ukraine et ils appartiennent aux Ukrainiens, il y aura des sujets de sécurité collective sur toute la région », a-t-il ajouté.

L’Elysée n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de Reuters à ce sujet.

NE JAMAIS DIRE TOUT CE QU’ON PENSE

Des diplomates français et des représentants de la présidence de la République soulignent que la France n’a jamais hésité à apporter une aide politique, militaire et humanitaire à l’Ukraine et qu’Emmanuel Macron a toujours pris soin de consulter Volodimir Zelensky avant de s’entretenir avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Une certaine irritation est néanmoins aussi perceptible parmi les plus proches alliés occidentaux de la France à la suite de ces déclarations sur les « garanties de sécurité » à apporter à la Russie, dont l’invasion de l’Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts, réduit des villes à l’état de ruines et condamné des millions d’habitants au froid et à l’obscurité à l’approche de l’hiver.

« En politique étrangère, on ne dit jamais publiquement tout ce qu’on pense. Avoir raison ne suffit pas. Il faut aussi le dire au bon moment sinon on risque d’atteindre le résultat opposé au recherché. Je dis ça à tout hasard… Soupir », a récemment écrit sur Twitter l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis Gérard Araud, sans citer le nom d’Emmanuel Macron.

Les critiques récentes contre Paris sont d’autant plus frustrantes pour la diplomatie française qu’Emmanuel Macron s’était efforcé de recalibrer son message, après avoir déjà provoqué la colère à Kyiv et dans d’autres capitales d’Europe orientale en affirmant au printemps qu’il ne fallait pas « humilier » la Russie.

Le président français a ainsi prononcé en septembre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies un discours largement salué, dans lequel il exhortait les pays non-alignés à sortir de leur silence sur l’Ukraine sous peine de servir « avec une certaine complicité la cause d’un nouvel impérialisme ».

La France a aussi intensifié ses livraisons d’armes à l’Ukraine et l’a davantage fait savoir.

SAISIR LES BONS MOMENTS

D’une certaine manière, l’exercice d’équilibrisme auquel semble se livrer Emmanuel Macron n’est guère surprenant.

Depuis sa première élection en 2017, la politique étrangère du président de la République consiste à lancer des initiatives et à essayer de bousculer les choses. A ses yeux, ses déclarations en 2019 sur une Otan en état de « mort cérébrale » ont davantage stimulé le débat au sein de l’alliance que suscité le malaise.

Emmanuel Macron revient rarement sur ses déclarations passées. Il s’efforce d’expliquer, de convaincre et de prouver ses succès sur la scène internationale, disent ses collaborateurs, qui saluent son énergie, sa volonté de se frotter à des questions complexes et sa capacité à saisir les bons moments.

Un nombre croissant de critiques et d’alliés considèrent cependant la Russie comme sa principale erreur sur le terrain diplomatique.

Ils relèvent ainsi ses réserves face à l’évocation d’une défaite militaire pure et simple de la Russie, dont l’armée recule sur le terrain depuis le début d’une contre-offensive ukrainienne à la fin de l’été.

Si, pour les anciens pays satellites de l’Union soviétique en Europe de l’Est, la Russie doit être clairement vaincue afin qu’elle ne constitue plus une menace, le président français considère pour sa part qu’une éventuelle défaite russe doit être gérée avec finesse.

Cela renvoie à une vision largement répandue en France – mais contestée ailleurs – selon laquelle les lourdes sanctions financières et territoriales imposées à l’Allemagne à l’issue de la Première Guerre mondiale dans le cadre du Traité de Versailles ont servi de germes à un ressentiment allemand et à la Deuxième Guerre mondiale 20 ans plus tard.

Certains diplomates d’Europe de l’Est craignent pour leur part que Vladimir Poutine, qui considère les Etats-Unis comme la seule véritable puissance du camp occidental, ne se serve tout simplement d’Emmanuel Macron pour créer des dissensions au sein de l’Otan et exploiter la moindre division franco-allemande.

Un haut diplomate russe a salué chez Emmanuel Macron une vision et une volonté de préserver les futures relations entre la Russie et la France, là où d’autres veulent manifestement rompre tous les liens.

Dès les premiers jours de sa présidence en 2017, Emmanuel Macron, désireux de relancer un dialogue stratégique avec la Russie, a reçu Vladimir Poutine au château de Versailles. Si le faste de cette rencontre a flatté le président russe, elle n’a débouché sur aucune avancée substantielle.

Quand la France était présidente du Conseil de l’Union européenne au premier semestre de cette année, le président de la République a tenu à maintenir les canaux de communication ouverts avec Vladimir Poutine, et encore récemment en vue de la création d’une éventuelle zone de sécurité autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dont les abords sont fréquemment bombardés.

Là encore sans résultats tangibles.

Avant de se rendre à Washington, Emmanuel Macron avait dit qu’il parlerait « dans les prochains jours » avec son homologue russe. Cet entretien n’a officiellement pas encore eu lieu.

(Reportage John Irish et Michel Rose, version française Bertrand Boucey, édité par Tangi Salaün)

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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

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