L’Ukraine repousse l’armée russe à l’est de Kharkiv
par Pavel Polityuk et Jonathan Landay
KYIV/VILHIVKA, Ukraine (Reuters) – Le recul de l’armée russe semblait s’accélérer mercredi autour de Kharkiv, où la contre-offensive lancée par l’Ukraine depuis plusieurs jours se rapproche de la frontière avec la Russie et menace de plus en plus la principale ligne d’approvisionnement de l’offensive russe contre le Donbass.
Après avoir repris mardi quatre villes situées au nord de Kharkiv, l’armée ukrainienne n’était plus mercredi matin qu’à quelques kilomètres de la frontière russe, a déclaré une source militaire ukrainienne sous le sceau de l’anonymat.
Avant le début de la contre-offensive, l’artillerie russe était positionnée dans les faubourgs de la deuxième ville ukrainienne, qu’elle bombardait quotidiennement, soit à une quarantaine de kilomètres de la frontière.
Les autorités ukrainiennes sont assez peu loquaces sur la progression de leurs troupes dans cette région stratégique mais les gains territoriaux que leur armée y enregistre semblent les plus spectaculaires depuis le retrait précipité de l’armée russe de la région de Kyiv début avril.
« Nous avons enregistré des succès dans la région de Kharkiv, nous continuons à repousser l’ennemi et à libérer des villages », s’est contenté de déclarer le général de brigade Oleksiy Hromov, commandant adjoint de la Direction des opérations de l’état-major de l’armée ukrainienne, pendant un point presse.
A Vilhivka, un village de la périphérie orientale de Kharkiv repassé sous contrôle ukrainien il y a plusieurs semaines, les habitants rassurés par l’éloignement des combats commencent à revenir pour constater l’ampleur des dégâts et collecter des biens personnels dans leurs maisons en ruine, ont constaté mercredi des journalistes de Reuters.
Le grondement lancinant des tirs d’artillerie et des lance-roquettes multiples s’élève dans le lointain, près de la ligne de front située désormais beaucoup plus à l’Est, sur les rives de la rivière Donets, où les forces ukrainiennes viennent de reprendre plusieurs villages et s’emploient à déloger l’armée russe de plusieurs autres.
Dans l’un de ces villages, Roubijné, des carcasses de chars russes témoignaient mercredi de l’intensité des combats des derniers jours.
« Il a brûlé, comme tous les chars russes », dit un soldat ukrainien à Reuters en désignant une carcasse calcinée. « Nos armes antichars sont très efficaces. »
L’OFFENSIVE RUSSE DANS LE DONBASS MENACÉE?
Si l’armée ukrainienne franchit la Donets, elle menacera directement la principale voie d’approvisionnement entre la région de Belgorod, en Russie, et l’armée russe déployée dans la région d’Izioum, base arrière de son offensive dans le nord du Donbass.
Depuis qu’elle a renoncé à prendre la capitale ukrainienne fin mars, la Russie s’est reconcentrée sur la conquête de cette partie de l’est du pays, comprenant les régions de Louhansk et de Donetsk.
Elle a concentré des troupes autour d’Izioum, au sud-est de Kharkiv, pour attaquer le Donbass par le Nord, la ligne de front située plus à l’Est, le long des territoires des républiques séparatistes autoproclamées de Louhansk et Donestk, étant puissamment fortifiée depuis le début du conflit en 2014.
Mais la contre-offensive lancée par l’armée ukrainienne à l’est de Kharkiv pourrait, si elle se poursuit, contrecarrer ses plans et constituer un nouveau tournant après deux mois et demi de guerre.
Du côté russe de la frontière, le gouverneur de la région de Belgorod a annoncé sur son compte Telegram le passage en état d’alerte « jaune », le deuxième plus élevé, au moins jusqu’au 25 mai. L’Ukraine a déjà lancé plusieurs attaques contre des centres logistiques de la région, notamment des dépôts de pétrole de l’armée russe.
Tout en se félicitant de la progression de ses troupes autour de Kharkiv, le président Volodimir Zelensky a cependant invité ses compatriotes à ne pas nourrir d’espoirs démesurés de changement radical sur le terrain.
« Nous ne devons pas créer une atmosphère de pression morale excessive, où on attendrait des victoires chaque semaine voire chaque jour », a-t-il prévenu dans une vidéo.
Les combats se poursuivent aussi au Sud, autour de Mykolaïv, verrou sur la route du port stratégique d’Odessa. L’armée ukrainienne dit avoir attaqué neuf cibles russes et tué 79 soldats dans ce secteur.
Les autorités installées par Moscou dans la ville voisine de Kherson ont exprimé de leur côté leur intention de demander au président Vladimir Poutine le rattachement de la région à la Russie, a rapporté mercredi l’agence russe Tass.
Une perspective d’annexion que le porte-parole du Kremlin n’a pas exclu, mais à condition que la Russie dispose pour cela d’une solide « base légale », comme cela avait été cas, selon lui, après le référendum qu’elle avait organisé dans la péninsule de Crimée voisine en 2014.
L’UKRAINE FERME UN GAZODUC
À Marioupol, les forces russes et séparatistes continuaient à bombarder mercredi les soldats ukrainiens retranchés dans l’usine Azovstal et poursuivaient leur assaut terrestre pour en prendre le contrôle, selon l’état-major de l’armée ukrainienne.
Le dirigeant de la « république populaire de Donetsk », le séparatiste prorusse Denis Pouchiline, a affirmé mercredi qu’il n’y avait plus de civils réfugiés dans l’aciérie et prévenu que ses troupes ne feraient plus preuve d’aucune retenue pour venir à bout des soldats ukrainiens qui y sont retranchés.
Alors que l’usine métallurgique est soumise à d’intenses bombardements depuis des semaines, les épouses de deux de ces soldats ont rencontré le pape François mercredi à Rome, et l’ont supplié d’intervenir pour sauver les vies de leurs maris.
Plus au sud, des affrontements ont aussi lieu au large de la côte ukrainienne, autour de l’île des Serpents, particulièrement stratégique depuis la destruction du croiseur russe Moskva, qui a contraint le reste de la flotte russe de la mer Noire à se replier vers la Crimée.
La Russie, qui a perdu plusieurs navires de patrouille et de débarquement dans le secteur, détruits notamment par des drones, et dont les troupes sur l’île ont été bombardées par la chasse ukrainienne, continue d’essayer de renforcer ses positions.
Si elle y parvient, elle pourrait contrôler la navigation dans tout le nord-ouest de la mer Noire, sécuriser davantage ses approvisionnements et empêcher ceux de l’Ukraine, a prévenu le ministère britannique de la Défense.
L’Ukraine a de son côté coupé le flot de gaz naturel russe à destination de l’Europe qui emprunte un des gazoducs traversant son territoire, en disant vouloir rediriger le gaz du centre de transit de Sokhranivka, occupé par l’armée russe dans la région de Louhansk, vers un centre sous contrôle ukrainien, ce que Gazprom a d’ores et déjà jugé techniquement impossible.
Cette décision dont il n’est pas encore possible de mesurer les conséquences à moyen terme, pourrait marquer une inflexion majeure au moment où l’Union européenne ne parvient toujours pas à s’entendre sur un embargo sur le pétrole russe, qui se heurte aux objections de la Hongrie.
Mercredi, le flot de gaz russe vers l’Europe avait diminué d’un quart par rapport à mardi, à 72 millions de m3. Environ 8% du gaz russe fourni à l’UE transite par Sokhranivka.
(Reportage de Pavel Polityuk à Kyiv et Jonathan Landay à Vilhivka, avec Tom Balmforth et Natalia Zinets à Kyiv et Vitalii Hnidyi à Roubijné; rédigé par Peter Graff; version française Tangi Salaün, édité par)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
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2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
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