L’Ukraine affirme avoir pénétré en profondeur sur le front de Kharkiv
par Pavel Polityuk
KYIV (Reuters) – L’armée ukrainienne a repris ces derniers jours une vingtaine de localités du nord-est de l’Ukraine, dans la région de Kharkiv, lors d’une percée en profondeur derrière les lignes russes, a déclaré jeudi un général ukrainien.
« Lors d’opérations visant à reprendre des territoires perdus près de Kharkiv, depuis le début de la semaine, les forces armées ukrainiennes (…) ont pénétré derrière les lignes ennemies jusqu’à une distance de 50 km, » a dit lors d’un point de presse le général de brigade Oleksiy Gromov.
Au total, en ajoutant d’autres gains engrangés dans la région de Pivennyi Buh, une rivière qui traverse la ville de Mykolaïv dans le sud de l’Ukraine, l’armée ukrainienne s’est emparée de plus de 700 kilomètres carrés de territoire, a ajouté l’officier.
Le général Gromov a également déclaré que les troupes de Kyiv avaient progressé de trois kilomètres sur le front de Sloviansk dans le Donbass (est) et repris une localité du nom d’Ozerne.
Dès mercredi soir, dans son message à la nation quotidien, le président Volodimir Zelensky avait fait état de « bonnes nouvelles en provenance de l’oblast [région administrative, NDLR] de Kharkiv », évoquant sans plus de détails la capture de plusieurs villages et saluant la « bravoure » de deux brigades aéroportées et d’une brigade mécanisée.
Ni le chef de l’Etat ni le général Gromov n’ont communiqué le nom de ces localités afin de ne pas compromettre les opérations en cours.
Les experts de l’Institute for the Study of War (ISW), basé à Washington, estiment que les forces ukrainiennes ont réussi mercredi, en attaquant par surprise, à avancer d’au moins 20 km en territoire sous contrôle russe, « reprenant approximativement 400 kilomètres carrés ».
La Russie a confirmé pour sa part des combats dans la région mais nié avoir perdu des territoires. Sur les réseaux sociaux, des experts militaires russes ont laissé toutefois entendre que les forces russes avaient subi des revers et devraient d’urgence obtenir des renforts.
PERTES IMPORTANTES
Dans une vidéo postée sur YouTube, le conseiller à la présidence ukrainienne Oleksiy Arestovitch a affirmé que les forces ukrainiennes avaient surpris les lignes de défense russes dans la petite ville de Balakliia, située au sud-est de Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine proche de la frontière russe.
« Les Russes disent que Balakliia est encerclée alors qu’en fait, nos troupes ont progressé bien davantage », a-t-il dit.
Un responsable local pro-russe, Rodion Mirochnik, a indiqué sur Telegram que Balakliia était toujours contrôlée par les Russes, tout en signalant des affrontements au nord de la ville.
Selon Iouri Podolyak, un blogueur ukrainien régulièrement cité par les responsables pro-russes, « l’ennemi a engrangé des succès considérables près de Balakliia avec une force relativement réduite ».
« Tout devrait dépendre maintenant de la vitesse à laquelle des renforts seront envoyés sur le terrain », a-t-il dit en parlant de « pertes importantes ».
L’Ukraine évoque depuis des semaines une vaste contre-offensive dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, où des combats sont en cours. Les analystes militaires occidentaux pensent que l’état-major russe pourrait avoir dégarni certains fronts en envoyant massivement des renforts vers le sud.
D’intenses affrontements se poursuivaient également jeudi dans la région de la centrale nucléaire de Zaporijjia, que l’Ukraine n’a pas exclu de mettre à l’arrêt afin de prévenir le risque d’une catastrophe.
Alors que les Etats-Unis ont annoncé jeudi le déblocage d’une nouvelle aide militaire à l’Ukraine, le général Gromov a souligné le rôle essentiel joué par les drones Bayraktar, de fabrication turque, dans la récente contre-offensive.
« Les unités d’infanterie et d’artillerie motorisée ennemies non protégées par des systèmes de défense antiaérienne sont devenues une proie facile pour nos Bayraktar, dont la quantité ne cesse de croître, grâce à nos volontaires », a-t-il dit.
(Reportage Max Hunder et Pavel Polityuk, rédigé par Andrew Osborn et Tom Balmforth, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Tangi Salaün)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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