L’Irlande célèbre le 50e anniversaire du « Bloody Sunday » et demande justice
par Clodagh Kilcoyne
DERRY, Irlande du Nord (Reuters) – Les Irlandais commémoraient ce dimanche le 50e anniversaire du « Bloody Sunday » (dimanche sanglant), fusillade qui a coûté la vie à 13 manifestants catholiques le 30 janvier 1972 à Derry et dont les responsables n’ont jamais été condamnés par la justice.
Si le gouvernement britannique, alors dirigé par David Cameron, a présenté en 2010 des excuses pour la mort « injustifiée et injustifiable » des manifestants, aucun officier n’a jamais été inquiété par la justice et le ministère public a décidé en juillet dernier que le seul soldat britannique mis en cause ne serait pas poursuivi pour meurtre.
En plus des 13 morts relevés le 30 janvier 1972, une quatorzième victime a péri quelques mois plus tard.
« La justice doit pouvoir cheminer », a déclaré le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, à la chaîne de télévision publique RTE après avoir déposé une gerbe de fleurs et rencontré des proches des victimes.
« Comme quelqu’un l’a dit, nos enfants ont été enterrés il y a 50 ans mais il n’ont toujours pas pu trouver le repos (…) parce que la justice n’a pas été rendue », a-t-il ajouté.
Simon Coveney a réaffirmé son opposition à une proposition du gouvernement de Boris Johnson d’amnistier les auteurs de crimes commis durant la période de la guerre civile en Irlande du Nord, qu’il s’agisse de soldats, de membres de l’IRA ou de paramilitaires loyalistes.
« Nous ne pouvons en aucun cas soutenir cette approche », a dit Simon Coveney.
Roses blanches et portraits des disparus en main, les proches des victimes de la fusillade ont défilé en tête d’un défilé réunissant plusieurs milliers de personnes en empruntant le parcours de la manifestation du 30 janvier 1972.
L’année 1972 a marqué un tournant dans le conflit opposant militants républicains armés réclamant l’unification de l’Irlande d’un côté et armée britannique et paramilitaires loyalistes de l’autre et qui aura coûté la vie à plus de 3.000 personnes.
(Conor Humphries; version française Nicolas Delame)
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