Les États-Unis veulent que l’Europe dirige la défense de l’Otan d’ici 2027, selon des sources
par Gram Slattery et Humeyra Pamuk
WASHINGTON, 5 décembre (Reuters) – Les États-Unis souhaitent que l’Europe prenne en charge d’ici 2027 la majorité des capacités de défense conventionnelle de l’Otan, allant du renseignement aux missiles, ont indiqué des responsables du Pentagone à des diplomates à Washington cette semaine, tandis que ce délai serré semble irréaliste pour certains responsables européens.
Cet objectif, rapporté par cinq sources au fait des discussions dont un responsable américain, a été transmis lors d’une réunion à Washington cette semaine entre le personnel du Pentagone chargé de la politique de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) et plusieurs délégations européennes.
Le transfert de cette charge des États-Unis vers les membres européens de l’Otan changerait radicalement la façon dont les États-Unis, pays fondateur de l’alliance d’après-guerre, travaillent avec leurs partenaires militaires les plus importants.
Lors de cette réunion, les responsables du Pentagone ont indiqué que Washington n’était pas encore satisfait des progrès réalisés par l’Europe pour renforcer ses capacités de défense depuis l’invasion élargie de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Les responsables américains ont dit à leurs homologues que si l’Europe ne respectait pas l’échéance de 2027, les États-Unis pourraient cesser de participer à certains mécanismes de coordination de défense de l’Otan, ont déclaré à Reuters plusieurs sources ayant requis l’anonymat.
Certains fonctionnaires du Capitole sont au courant du message du Pentagone aux Européens et s’en inquiètent, a déclaré un responsable américain.
ÉCHÉANCE PAS RÉALISTE
Les capacités de défense conventionnelles comprennent les moyens non nucléaires, allant des troupes aux armes. Les responsables n’ont pas expliqué comment les États-Unis mesureraient les progrès réalisés par l’Europe pour assumer la tâche.
Il n’est pas clair non plus si l’échéance de 2027 représente la position de l’administration américaine ou seulement le point de vue de certains fonctionnaires du Pentagone. D’importants désaccords demeurent à Washington sur le rôle militaire que les États-Unis devraient jouer en Europe.
Les pays européens ont largement accepté la demande du président américain Donald Trump de prendre plus de responsabilités pour leur propre sécurité et ont promis de fortes augmentations des dépenses de défense. Mais plusieurs responsables européens ont déclaré qu’une échéance fixée à 2027 n’était pas réaliste, quelle que soit la manière dont Washington mesure les progrès, l’Europe ayant besoin de plus que de l’argent et de la volonté politique pour remplacer certaines capacités américaines à court terme.
L’Union européenne s’est fixé pour objectif de rendre le continent en capacité à se défendre d’ici 2030. Le bloc européen déclare devoir encore combler les lacunes de ses défenses aériennes, de ses drones, de ses capacités de cyberguerre, de ses munitions et d’autres domaines.
Des fonctionnaires et des analystes ont déclaré que même cette échéance à 2030 était très ambitieuse.
Entre autres défis, les alliés de l’Otan sont confrontés à des retards de production pour les équipements militaires qu’ils essaient d’acheter. Alors que les responsables américains ont encouragé l’Europe à acheter davantage de matériel fabriqué aux États-Unis, certains des systèmes d’armes et de défense les plus prisés fabriqués aux États-Unis mettraient des années à être livrés s’ils étaient commandés aujourd’hui.
Les États-Unis fournissent également des capacités qui ne peuvent pas être simplement achetées, telles que des capacités uniques de renseignement, de surveillance et de reconnaissance qui se sont avérées essentielles à l’effort de guerre ukrainien.
Interrogé à ce sujet, un représentant de l’Otan a déclaré que les alliés européens avaient commencé à assumer davantage de responsabilités pour la sécurité du continent. Il n’a pas fait de commentaire concernant l’échéance de 2027.
« Les alliés ont reconnu la nécessité d’investir davantage dans la défense et de transférer la responsabilité de la défense conventionnelle des États-Unis vers l’Europe », a déclaré ce responsable de l’Otan.
Le Pentagone et la Maison blanche n’ont pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires.
Cette semaine, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan, le vice-secrétaire d’État américain Christopher Landau a déclaré qu’il était « évident » que les alliés de l’Otan devaient assumer la responsabilité de la défense de l’Europe.
« Les administrations américaines successives ont déclaré cela sous une forme ou une autre pratiquement toute ma vie (…) mais notre administration le pense vraiment », a écrit Christopher Landau sur X.
(Reportage Gram Slattery et Humeyra Pamuk à Washington, avec la contribution de Phil Stewart à Washington et Andrew Gray à Bruxelles ; version française Coralie Lamarque, édité par Kate Entringer)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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