Le chef du Hamas en Egypte pour des négociations sur une nouvelle trêve à Gaza
par Nidal al-Mughrabi, Bassam Masoud et Dan Williams
LE CAIRE/GAZA/JERUSALEM (Reuters) – Le chef du bureau politique du Hamas, basé au Qatar, s’est rendu mercredi en Egypte afin de prendre part en personne à des discussions diplomatiques, présentées par une source comme intenses et destinées à parvenir à une nouvelle trêve à Gaza pour permettre l’arrivée de davantage d’aide humanitaire et la libération d’otages supplémentaires.
Ismaïl Haniyeh, plus haut représentant du Hamas depuis le printemps 2017, a pour habitude de prendre part officiellement à des négociations lorsque celles-ci semblent proches d’aboutir.
Après son précédent déplacement en Egypte, en novembre, avait été annoncée l’unique trêve conclue jusqu’à présent entre Israël et le groupe palestinien depuis l’attaque du 7 octobre dans le sud de l’Etat hébreu.
Cette pause d’une semaine a permis l’acheminement d’aide dans l’enclave palestinienne, où le siège de l’armée israélienne a provoqué une crise humanitaire, et la libération de prisonniers, dont 110 des 240 otages détenus à Gaza depuis l’attaque du Hamas début octobre.
Le Djihad islamique, autre groupe palestinien armé allié au Hamas et qui détient aussi des otages, a fait savoir que son chef se rendrait sous peu en Egypte pour des discussions visant à trouver une issue au conflit.
D’après la source au fait des pourparlers, les différents représentants discutent de l’identité des otages détenus à Gaza qui pourraient être libérés et des prisonniers palestiniens détenus par Israël qui pourraient être relâchés en échange.
Israël insiste pour que les femmes et les hommes en mauvaise santé figurent dans la liste, a indiqué la source. En échange, des Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes pour des crimes graves pourraient être libérés.
Les tractations sont intenses et un accord pourrait être conclu dans les jours à venir, a-t-elle encore déclaré.
« DES MORTS EN SURSIS »
Toutefois, publiquement, un gouffre demeure entre les positions des deux camps. Le Hamas dit vouloir uniquement négocier un cessez-le-feu permanent, une hypothèse rejetée par Israël qui affirme être seulement disposé à observer des pauses humanitaires tant qu’il n’aura pas vaincu le Hamas.
Aux Etats-Unis, principal allié d’Israël, le président Joe Biden s’est montré pessimiste sur la conclusion imminente d’un accord pour libérer des otages supplémentaires. « Nous poussons » en ce sens, a-t-il ajouté devant des journalistes lors d’un déplacement à Milwaukee dans le Wisconsin.
Un représentant palestinien a indiqué que « la position du Hamas reste (de vouloir) l’arrêt total de la guerre israélienne à Gaza ». Ismaïl Haniyeh se trouve en Egypte « pour savoir si Israël a fait de nouvelles propositions ou si Le Caire en a aussi. Il est trop tôt pour évoquer des attentes », a-t-il ajouté.
Dans des commentaires laissant penser qu’une éventuelle nouvelle trêve serait de courte durée, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que la guerre prendrait fin seulement lorsqu’Israël aurait atteint son objectif d’éradiquer le Hamas, libéré tous les otages et fait en sorte que Gaza ne représente plus une menace.
« Quiconque pense que nous allons nous arrêter est détaché de la réalité », a-t-il dit dans un communiqué. « Tous les terroristes du Hamas, du premier jusqu’au dernier, sont des morts en sursis. »
Le gouvernement Netanyahu est toutefois confronté à de fortes pressions en Israël pour conclure un nouvel accord sur la libération des otages encore aux mains du Hamas, d’autant plus depuis que Tsahal a reconnu en avoir tué trois par erreur. Les autorités israéliennes pensent que 129 otages sont encore détenus à Gaza mais que 21 d’entre eux pourraient être morts en captivité.
TRACTATIONS À L’ONU
Israël subit également les pressions croissantes de ses alliés pour limiter l’ampleur de son assaut, qui a ravagé la bande de Gaza, territoire étroit, majoritairement urbain et densément peuplé avec quelque 2,3 millions d’habitants.
Les Etats-Unis ont appelé publiquement ces derniers jours l’Etat hébreu à mener une campagne plus ciblée et mettre un terme à ce que Joe Biden a qualifié de « bombardements aveugles ».
Les opérations militaires aériennes et terrestres lancées par Israël en représailles à l’attaque du 7 octobre, qui a fait 1.200 morts dans des localités du sud d’Israël, ont coûté la vie à environ 20.000 Palestiniens, selon les autorités gazaouies.
Au Conseil de sécurité des Nations unies, où Washington a déjà utilisé son droit de veto à deux reprises pour bloquer des résolutions réclamant un cessez-le-feu à Gaza, le vote d’un nouveau texte présenté par les Emirats arabes unis, initialement prévu lundi, a été reporté à plusieurs reprises dans l’espoir de parvenir à un compromis.
Depuis la fin de la trêve le 1er décembre, la guerre est entrée dans une nouvelle phase encore plus intense et les opérations terrestres de l’armée israélienne, jusque-là confinées au nord de l’enclave, se sont étendues à toute la bande de Gaza.
« Toute la nuit, les bombardements n’ont pas cessé. Ils se concentrent maintenant sur Khan Younès », a témoigné Samir Ali, 45 ans, père de cinq enfants habitant le nord de la bande de Gaza, venu trouver refuge dans la ville du sud de l’enclave. « Les gens doivent faire face à deux guerres en permanence : les bombes et la faim. »
Alors que l’armée israélienne a revendiqué le mois dernier avoir pris le contrôle de l’essentiel du nord de la bande de Gaza, les affrontements y sont encore plus intenses. Des avions israéliens ont pilonné la zone à l’aube.
Israël assure faire son possible pour protéger les civils.
Des ONG internationales ont alerté sur la catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza, où 90% de la population a été déplacée par les bombardements israéliens et manque de nourriture, eau propre, électricité et soins médicaux.
(Reportage Nidal al-Mughrabi, Bassam Masoud et Dan Williams; version française Tangi Salaün, Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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