Le bras de fer se durcit entre Paris et Bruxelles sur l’accord UE-Mercosur
BRUXELLES, 15 décembre (Reuters) – Le bras de fer entre Paris et Bruxelles sur l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le marché commun sud-américain du Mercosur s’est accentué lundi, sur fond de mobilisation des agriculteurs européens.
Un vote des Etats membres est prévu cette semaine pour déterminer si le bloc doit signer d’ici la fin de l’année son traité controversé avec le Mercosur, marché commun sud-américain composé de quatre pays (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Un Conseil européen se tient jeudi et vendredi à Bruxelles.
Dimanche, la France a demandé à ce que les prochaines échéances relatives à l’accord commercial soient reportées afin d’obtenir de réelles mesures de protection de l’agriculture européenne.
Une demande à laquelle la Commission européenne a opposé lundi une fin de non-recevoir.
« L’accord est une question de la plus haute importance pour l’Union européenne, sur les plans économique, diplomatique et géopolitique, mais aussi en termes de responsabilité sur la scène mondiale », a déclaré à la presse le porte-parole de la Commission Olof Gill, ajoutant que l’exécutif européen espérait toujours que l’accord commercial soit signé d’ici la fin de l’année.
Après un quart de siècle de négociations, Bruxelles est parvenue en décembre 2024 à finaliser un accord avec le Mercosur.
La France, qui a d’abord jugé l’accord « inacceptable », a ensuite assoupli sa position après l’annonce de l’adjonction au texte, entre autres, d’une clause de sauvegarde qu’elle réclamait. Mais elle estime que les « avancées » intégrées ces derniers mois sont encore « incomplètes ».
« Si l’accord restait en l’état, le président de la République, le Premier ministre, le gouvernement l’ont dit, c’est non, ça n’est pas acceptable », a déclaré lundi Annie Genevard, ministre française de l’Agriculture, sur France 2.
« Rien aujourd’hui ne permet en l’état, si les choses ne bougent pas, s’il n’y a pas de meilleure protection, de signer cet accord. »
ROME ET PARIS ALIGNÉS SUR UN REPORT
Des pays comme la Pologne, la Hongrie, l’Autriche et l’Irlande ont approuvé la position française.
« Tout report est un très bon signe », a déclaré le ministre polonais de l’Agriculture, Stefan Krajewski.
L’opposition d’au moins quatre États membres représentant au moins 35% de la population de l’UE est nécessaire pour bloquer l’accord.
Le rejet du texte pourrait dépendre in fine de l’attitude de l’Italie, jusqu’à présent ambivalente.
Selon deux sources diplomatiques à Reuters lundi, la présidente du Conseil italien Georgia Meloni et le président français Emmanuel Macron se sont mis d’accord sur la nécessité d’un report du vote définitif sur l’accord commercial UE-Mercosur.
L’Elysée et le bureau de Georgia Meloni n’avaient pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaires.
COLÈRE DES AGRICULTEURS
La confrontation entre Paris et Bruxelles intervient alors que la fronde des agriculteurs européens ne faiblit pas. Leurs syndicats ont appelé à manifester jeudi à Bruxelles à l’occasion du sommet des dirigeants européens.
Les agriculteurs européens estiment que l’accord ouvre la voie à l’importation à bas coût de marchandises sud-américaines – en particulier le boeuf – ne répondant pas aux normes environnementales et sanitaires de l’UE.
La Commission et les pays partisans du projet, tels que l’Allemagne et l’Espagne, disent y voir un moyen de compenser les pertes commerciales engendrées par les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump et de réduire la dépendance de l’UE à la Chine, particulièrement pour les minerais rares.
En France, la colère des agriculteurs est exacerbée par la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a conduit à l’abattage de plusieurs milliers de bovins.
(Rédigé par Inti Landauro, Angelo Amante et Michel Rose, version française Etienne Breban, édité par Blandine Hénault)
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