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La marche contre l’antisémitisme, un tournant pour Marine Le Pen

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par Michel Rose

PARIS (Reuters) – Parmi la centaine de milliers de personnes qui défilait « pour la République et contre l’antisémitisme » dimanche à Paris, une présence inédite attire l’attention : celle des cadres de l’extrême droite française et leur cheffe de file, Marine Le Pen.

C’est pourtant le père de cette dernière, le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, qui était condamné par la justice après avoir déclaré en 1996 que les chambres à gaz utilisées pour tuer les juifs pendant la Shoah constituaient un « détail de l’Histoire » de la Seconde Guerre mondiale.

Mais cette présence à la marche parisienne de la double finaliste de l’élection présidentielle est une nouvelle étape spectaculaire dans la stratégie de dé-diabolisation de son parti, avide de respectabilité dans la perspective d’élections futures, estiment les analystes.

Une stratégie adoptée ailleurs en Europe par d’autres figures de l’extrême droite promptes à mettre en avant la lutte contre l’antisémitisme pour justifier leurs positions anti-immigration et réfuter toute accusation de racisme.

Bien que des voix s’élèvent pour l’accuser d’opportunisme et d’hypocrisie, les analystes jugent que la stratégie adoptée par Marine Le Pen se montre redoutablement efficace, fissurant petit à petit le plafond de verre qui l’a jusqu’ici empêchée d’arriver au pouvoir.

Depuis son arrivée sur le devant de la scène politique, Marine Le Pen n’a eu de cesse de se démarquer de la rhétorique incendiaire de son père à qui elle a succédé en 2015, rebaptisant trois ans plus tard son parti Rassemblement national (RN), aujourd’hui fort de près de 90 députés.

Jusqu’ici, une sorte de « cordon sanitaire » entourait son camp, que les autres partis refusaient catégoriquement de voir défiler à leurs côtés.

Dimanche, une digue a sauté, estiment les analystes, qui y voient un tournant dans l’histoire du parti fondé en 1972.

Bien que relégués à l’arrière de la manifestation emmenée par les présidents des deux chambres et deux anciens chefs d’Etat, Marine Le Pen et ses proches ont pu défiler, à peine chahutés par des membres du Golem, un collectif de jeunes juifs.

« Nous sommes exactement là où nous devons être », a déclaré devant les caméras la députée du Pas-de-Calais.

Pour Jean-Daniel Levy, de l’institut de sondages Harris Interactive, la dirigeante « avait tout à gagner de sa présence dans cette manifestation. »

« Ce que ça veut dire pour 2027, c’est que les raisons de s’opposer à l’élection de Marine Le Pen sont encore plus faibles aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a encore quelque temps », a dit le politologue à Reuters.

La députée écologiste Sandrine Rousseau a fait part de son malaise face à ce qu’elle estime être un moment de « bascule », dénonçant sur France 2 un Rassemblement national qui « s’est blanchi face à son antisémitisme de naissance ».

STRATÉGIE EUROPÉENNE

Les proches de Marine Le Pen ont fait part de leur satisfaction.

« Plusieurs fois, Marine Le Pen a été applaudie dans le cortège », a dit à Reuters un membre de son entourage. « Les Français savent que Marine Le Pen a rompu définitivement avec Jean-Marie Le Pen sur ce sujet [de l’antisémitisme-NDLR]. Les tentatives de rediabolisation ne fonctionnent plus. »

L’ancien Premier ministre Edouard Philippe et l’ex-président Nicolas Sarkozy ont tous deux approuvé la présence du RN dans le défilé, le premier déclarant sur BFMTV que « lorsqu’il s’agit de lutter contre l’antisémitisme, moi je prends tout le monde ».

La stratégie adoptée par Marine Le Pen se retrouve ailleurs en Europe, notamment en Italie, où le gouvernement de droite de Giorgia Meloni se montre résolument pro-israélien depuis le début du conflit entre l’Etat hébreu et le Hamas, une posture adoptée de longue date pour gagner en respectabilité.

Membre d’un mouvement néo-fasciste quand elle était adolescente, Giorgia Meloni s’est engagée l’année dernière à lutter contre « toute forme de discrimination et d’antisémitisme » en rendant hommage aux journalistes juifs persécutés par les lois raciales de l’ère fasciste.

En Allemagne, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a dit sa solidarité avec Israël et exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour empêcher « l’antisémitisme importé » de la part des migrants musulmans, bien que les services de sécurité aient fait part de la présence d’antisémitisme au sein du parti.

En Grande-Bretagne, la droite du Parti conservateur au pouvoir a adopté une position farouchement pro-israélienne, allant jusqu’à qualifier les manifestations de soutien aux Palestiniens de « marches de haine ».

« PERSONNE N’EST DUPE »

En France, des personnalités de la communauté juive ont dit croire à la sincérité de la mue du camp Le Pen.

« Pour moi, l’ADN de l’extrême droite, c’est l’antisémitisme. Donc, quand je vois un grand parti issu de l’extrême droite abandonner l’antisémitisme, le négationisme, et marcher vers des valeurs républicaines, je m’en réjouis. Je prends acte de ces pas en avant du Rassemblement national », a déclaré au Figaro Serge Klarsfeld, célèbre comme « chasseur de nazis ».

Les organisations juives sont plus circonspectes, à l’image de Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui a dénoncé « une forme de récupération, d’instrumentalisation » de la manifestation.

Hasard du calendrier, se tient en ce moment-même le procès en diffamation intenté par Marine Le Pen contre son ancien conseiller économique, Jean-Richard Sulzer, qui a déclaré en 2021 que son parti faisait de la discrimination à l’égard des juifs en les plaçant à des positions inéligibles sur les listes électorales.

« Personne n’est dupe de l’intention de l’extrême-droite qui consiste à mieux soutenir une communauté pour mieux en exclure une autre », a déclaré mercredi à la presse le porte-parole du gouvernement français, Olivier Véran.

Pour Jean-Daniel Lévy, la stratégie de Marine Le Pen a néanmoins réussi à changer les perceptions d’une partie du public et vise à « inverser la nature du débat » en laissant entendre que « le danger n’est plus l’extrême droite mais l’islamisme ou l’islam politique. »

Selon un sondage Elabe pour BFM TV publié ce mercredi, 57% des Français jugent Marine Le Pen sincère dans sa lutte contre l’antisémitisme, et 59% d’entre eux estiment désormais que le RN est un parti comme les autres, une proportion en hausse de 7 points par rapport au mois de juin.

(Reportage Michel Rose et Elizabeth Pineau, avec Juliette Jabkhiro à Paris, Angelo Amante à Rome, Sarah Marsh à Berlin et Rachel Armstrong à Londres, édité par Kate Entringer)

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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

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Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

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