La guerre pourrait paradoxalement renforcer l’Iran et affaiblir les pays du Golfe
par Samia Nakhoul
DUBAÏ, 2 avril (Reuters) – – Si Donald Trump mettait fin à la guerre au Moyen-Orient sans conclure un accord de paix avec Téhéran, comme il l’a laissé entendre, l’Iran pourrait se retrouver en position de force face aux pays du Golfe, qui subissent les conséquences d’un conflit dans lequel ils ont été entraînés contre leur volonté.
Le président américain a averti, dans son allocution nocturne, qu’il allait « renvoyer l’Iran à l’âge de pierre », brandissant la menace de nouvelles frappes lors des prochaines semaines, ajoutant que les « principaux objectifs stratégiques » de l’armée américaine en Iran seraient bientôt atteints.
Mais Téhéran pourrait sortir renforcé de ce conflit entamé le 28 février, après avoir résisté pendant des semaines aux frappes israélo-américaines, lancé des missiles sur les pays du Golfe et affolé les marchés énergétiques en fermant de facto le détroit d’Ormuz, essentiel au trafic maritime mondial.
Avant son allocution dans la nuit de mercredi à jeudi, Donald Trump a dit à Reuters que les Etats-Unis pourraient mettre fin à son offensive « assez rapidement » sans même un accord de paix.
Mais une fin de la guerre sans garanties claires sur la suite des événements représente un danger majeur pour les Etats du Golfe.
« Le problème est la fin du conflit sans véritable issue », estime Mohammed Baharoon, directeur du centre de recherche de Dubaï B’huth. « (Trump) peut stopper sa guerre, mais ça ne veut pas dire que l’Iran fera de même. »
Tant que les troupes américaines resteront stationnées dans des bases abritées par des pays du Golfe, l’Iran continuera de menacer la région, selon lui.
C’est le paradoxe de cette guerre. L’Iran pourrait profiter de cette guerre pour inverser le rapport de force en misant sur sa capacité à perturber la navigation maritime, les flux énergétiques et la stabilité régionale alors que les Etats du Golfe sont voués à subir les conséquences économiques et stratégiques d’un conflit non résolu.
L’entrave à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal près de 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, pourrait être une inquiétude réelle pour la région, selon Mohammed Baharoon.
L’Iran pourrait « jouer la carte des eaux territoriales » et dicter les règles du jeu dans le détroit d’Ormuz, analyse-t-il.
La capacité du régime iranien à perturber les flux énergétiques envoie un message clair aux pays qui souhaiteraient attaquer l’Iran, ajoute Mohammed Baharoon.
Dans ce contexte, les Etats de la région ont pris grand soin de ne pas s’impliquer dans le conflit. Des dirigeants de la région expliquent craindre que le conflit entre l’Iran et les forces israélo-américaines ne se transforme en une confrontation entre musulmans chiites et sunnites, qui redessinerait le Moyen-Orient dans les décennies à venir.
ERREUR FONDAMENTALE
Le risque d’une escalade des tensions s’est bâti sur ce que les analystes politiques décrivent comme une erreur fondamentale de jugement de la part des Etats-Unis et d’Israël sur la réponse de Téhéran aux frappes d’une intensité sans précédent sur le régime théocratique iranien.
L’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei au premier jour du conflit devait porter un coup décisif au régime iranien mais il a rapidement été remplacé par son fils, Mojtaba Khamenei.
Ce qui devait être perçu comme une décapitation du système iranien est devenu une provocation aux yeux de ses dirigeants qui ont promis résistance et revanche.
« En une attaque, Trump et (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu ont transformé ce conflit géopolitique en guerre de religion et civilisationnelle », observe Fawaz Gerges, expert de la région.
« Ils ont élevé (Ali) Khamenei, dirigeant contesté, au rang de martyr. »
La mort de l’ancien guide suprême a donné du crédit aux partisans d’une ligne dure à Téhéran, renforçant aussi bien les élites cléricales que le Corps des gardiens de la Révolution islamique dans leur conviction qu’une capitulation est impensable, selon des observateurs de la région.
L’idée selon laquelle l’élimination des plus hauts dirigeants mènera à la chute du régime symbolise l’ignorance du système hiérarchique iranien, des structures parallèles et du long passé de résilience du régime, forgé par huit années de guerre contre l’Irak ou encore par les différentes vagues de sanctions américaines.
Tout cela contribue à faire de l’Iran un Etat plus défiant qui privilégiera la radicalisation plutôt que la capitulation, laissant le Moyen-Orient faire face aux conséquences du conflit.
« Khamenei était un ayatollah, (le tuer) n’est pas quelque chose que l’on peut faire, et encore moins quand c’est une puissance étrangère qui tue un ayatollah », déclaré Alex Vatanka, spécialiste de l’Iran au Middle East Institute.
« Mais c’est Trump (…) un homme qui n’a aucune limite et aux yeyx le clergé chiite (…) il a enfreint toutes les règles et protocoles. »
L’ARME PÉTROLIÈRE DE L’IRAN
Pour Magnus Ranstorp, expert en terrorisme, les décideurs israéliens et américains ne se sont pas lancés aveuglément dans ce conflit, mais ils ont sous-estimé les capacités de résilience du régime iranien.
Washington et Tel-Aviv avaient anticipé qu’une domination des airs – via la destruction de lanceurs de missiles, de centres de commande et l’assassinat de hauts dirigeants – allait se traduire à la fois par une liberté de mouvement pour leurs armées et une diminution des marges de manoeuvre stratégique à disposition de l’Iran, poursuit cet analyste.
Mais, au lieu de ce résultat escompté, le système iranien s’est non pas effrité mais renforcé, notamment parce qu’il est en mesure de s’appuyer sur des institutions parallèles, conçues pour se régénérer sous pression, explique-t-il.
Washington a aussi réalisé une erreur de jugement dans les capacités de représailles de Téhéran, selon des analystes politiques de la région.
Le régime iranien n’a pas effectivement pas besoin de lutter dans les airs, il lui suffit de répercuter au maximum le coût d’une agression dont il fait l’objet.
L’Iran s’est ainsi efforcé ces dernières années d’identifier les points stratégiques dans lesquels investir plutôt que de répondre à la force par la force. Il est de ce fait parvenu à la conclusion que le secteur de l’énergie et le détroit d’Ormuz étaient des pièces centrales dans sa tactique.
En frappant des sites énergétiques au Moyens-Orient et en faisant porter une menace sur le détroit d’Ormuz, Téhéran a fait flamber les prix du pétrole, entraînant une poussée inflationniste à travers le monde et mis la pression sur Washington et ses alliés.
L’objectif, selon les analystes, n’était pas une victoire sur le champ de bataille mais de provoquer un épuisement économique.
Une fin prématurée de la guerre, sans garanties de sécurité, laisserait les États du Golfe sans protection, et toute future riposte iranienne pourrait ne pas se limiter à la région.
Téhéran conserve la capacité de mobiliser des réseaux internationaux établis de longue date, en utilisant des canaux développés au fil des décennies pour frapper des cibles israéliennes, américaines et alliées loin du champ de bataille.
« Ils n’ont pas encore commencé mais possèdent une vaste capacité à punir les Etats-Unis et Israël », avance Magnus Ranstorp, qui compare l’Iran à une hydre dont les tentacules peuvent être activées loin du Moyen-Orient.
Cette menace pèse au-dessus des Etats-Unis, et un éventuel retrait américain, alors même que les opérations israéliennes dépendent en partie de son plus grand allié, ne serait pas vu comme une défaite par Téhéran.
Le régime théocratique aura alors perduré et l’équilibre des pouvoirs n’aura pas été radicalement perturbé, laissant la perception d’un Iran encore plus dangereux dans la région, estiment les analystes régionaux.
(Version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

