La France redoute une cinquième nuit d’émeutes et de pillages après la mort de Nahel Merzouk
PARIS (Reuters) – La soirée semblait plus calme que les précédentes samedi dans les grandes villes de France, où l’on redoudait une cinquième nuit de violences quatre jours après la mort en banlieue parisienne d’un jeune homme tué par un tir de policier.
Comme la veille, le gouvernement a déployé 45.000 policiers et gendarmes dans tout le pays – dont 7.000 à Paris et la petite couronne – pour tenter d’endiguer la pire crise de désordre public à laquelle le président Emmanuel Macron est confronté depuis le mouvement des « Gilets jaunes », fin 2018.
En début de soirée, des incidents ont éclaté dans le centre-ville de Marseille, où des tentatives de pillage et des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène, ont été signalés.
Les autorités ont annoncé 43 interpellations à Marseille, une vingtaine à Lyon – deux villes où des renforts policiers ont été envoyés.
Des communes d’Ile-de-France comme Colombes (Hauts-de-Seine) et Brétigny-sur-Orge (Essonne) ont instauré un couvre-feu à partir de 22:00. De nombreux commerçants ont protégé leur magasin pour éviter destructions et pillages.
A Paris, un imposant dispositif policier surveillait particulièrement le quartier très touristique de la place de la Concorde et de l’avenue des Champs-Elysées, où des groupes de jeunes se sont rassemblés.
La préfecture de police de la capitale a fait savoir que 49 personnes avaient été interpellées, notamment pour transport d’objets pouvant servir d’armes ou de projectiles.
En fin de journée, elle a publié un arrêté autorisant l’utilisation de drones munis de caméras « afin de prévenir les atteintes à la sécurité et aux biens » à Paris, dans plusieurs communes des Hauts-de-Seine et toutes les communes de Seine-Saint-Denis, entre samedi 21h00 et dimanche 06h00.
MACRON REPORTE SA VISITE D’ÉTAT EN ALLEMAGNE
Compte tenu de la situation intérieure, Emmanuel Macron a reporté sa visite d’Etat prévue en Allemagne de dimanche à mardi afin de « pouvoir rester en France ces prochains jours », a écrit l’Elysée dans un communiqué.
En visite dans un commissariat de Dreux (Eure-et-Loir), le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé des renforts à Lyon, Marseille et Grenoble, trois villes particulièrement touchées par les exactions.
Selon son ministère, 1.311 personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi, un chiffre en forte hausse par rapport aux 875 de la nuit précédente, tout en soulignant que les violences commises avaient baissé en intensité.
Les émeutes ont commencé après la mort d’un jeune homme de 17 ans d’origine maghrébine, Nahel, abattu mardi lors d’un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Lors de ses obsèques, samedi, des centaines de personnes ont patienté devant la grande mosquée de Nanterre, gardée par des volontaires qui maintenaient la presse à distance. Dans la foule rassemblée, on pouvait entendre certains prier.
« Je pense que c’est important que nous soyions tous ensemble », a dit Salsabil, une jeune femme d’origine arabe venue dire son soutien à la famille de Nahel.
Marie, 60 ans dont 50 passées à Nanterre, a déclaré de son côté avoir toujours entendu parler de problèmes avec la police.
La mort du jeune homme, filmée sur vidéo, a ravivé en France les accusations de violence policière et de racisme dans les quartiers populaires. Emmanuel Macron a rejeté toute idée de racisme systémique au sein des forces de sécurité en France.
Après la cérémonie à la mosquée, le jeune homme a été inhumé au cimetière du Mont-Valérien.
Jeudi, une marche blanche à sa mémoire avait réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Nanterre.
Les autorités craignent que les troubles se poursuivent malgré les appels au calme et l’inquiétude des habitants dans les villes les plus touchées par les violences.
Le ministère de l’Intérieur avait demandé vendredi aux préfets l’arrêt de la circulation des bus et tramways à partir de 21h00 dans tout le pays. Dans plusieurs agglomérations, comme à Nantes et Saint-Nazaire, les transports publics ont cessé de fonctionner à nouveau samedi dès 20h00, a annoncé la préfecture de Loire-Atlantique.
Selon le ministère de l’Intérieur, la dernière nuit de violences a fait près de 80 blessés parmi les policiers et les gendarmes et a été marquée par 2.560 incendies sur la voie publique, 234 autres incendies et dégradations et près de 60 attaques de commissariats, postes de police municipale et casernes de gendarmerie.
30% DES ÉMEUTIERS SONT MINEURS
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a fait état de 700 commerces victimes d’attaques et de dégradations depuis le début des troubles, mardi soir.
Plusieurs maires ont demandé des renforts et le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a prôné une réponse judiciaire ferme.
Il a aussi mis en garde les jeunes – 30% des interpellés sont mineurs et ont en moyenne 17 ans – et leurs parents, notamment sur l’usage des réseaux sociaux lors des émeutes.
« Que personne ne pense que derrière ces réseaux sociaux il y a l’impunité », a-t-il dit au tribunal judiciaire de Créteil (Val-de-Marne).
« Il est impérieux que les gamins restent chez eux la nuit. C’est la place des enfants que d’être auprès de leurs parents et pas dans les rues », a aussi déclaré Eric Dupond-Moretti.
Gérald Darmanin a rencontré vendredi des responsables de Meta, Twitter, Snapchat et TikTok, des réseaux très utilisés par les émeutiers. Snapchat a assuré avoir une tolérance zéro pour les contenus faisant la promotion de la violence.
Interrogé sur BFM TV, Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT, s’est dit préoccupé par la présence dans certains quartiers d’individus armés de fusils à pompe qui ont tiré sur des caméras de vidéo surveillance.
La mairie de Persan-Beaumont (Val-d’Oise) a été incendiée et plusieurs magasins et bureaux de tabac ont été dégradés ou pillés, notamment en région parisienne et à Marseille.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a appelé de ses voeux un retour au calme.
« Cette tristesse et cette colère sont légitimes », a-t-il déclaré sur BFM TV. « Pour autant, il ne faut pas que tout soit mis à sac, il faut des réponses de concorde nationale, de force tranquille, il faut que les choses reviennent à la normale. »
A Lyon (Rhône), le maire Grégory Doucet a déclaré sur la même chaîne qu’une quarantaine de magasins avaient été vandalisés ou dévalisés dans sa ville. Il a appelé les opérateurs de trottinettes en libre-service à retirer leurs engins de la voie publique afin qu’ils ne soient pas détournés pour servir d’armes.
Plusieurs festivals ont été perturbés ou annulés en raison des troubles, dont celui baptisé « Entre Rhône et Saône » à Lyon. A Paris, le défilé de mode homme de la marque Céline a été annulé.
(Reportage Tassilo Hummel et Noémie Olive à Nanterre, avec Marc Leras à Marseille, Gilles Guillaume et Elizabeth Pineau à Paris)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

