La commissaire européenne à la Concurrence plaide pour des fusions bancaires transfrontalières
par Foo Yun Chee
BRUXELLES, 17 juin (Reuters) – La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, a exhorté mercredi les Etats membres de l’Union européenne (UE) à soutenir les fusions bancaires transfrontalières afin de contribuer à l’achèvement du marché unique.
Cette déclaration intervient au lendemain du rejet par l’Etat allemand, actionnaire Commerzbank, de l’offre de rachat de la banque italienne UniCredit sur l’établissement allemand.
Les propos de Teresa Ribera font écho à ceux des décideurs politiques de l’UE qui ont récemment réitéré leurs appels en faveur de fusions bancaires transfrontalières afin de répondre aux besoins d’investissements de plusieurs milliers de milliards d’euros nécessaires au financement de la transition écologique et numérique dans le bloc.
Le projet d’une véritable union bancaire est au point mort, les banquiers et les autorités de supervision estimant que l’absence d’un système de garantie commun pour les déposants de la zone euro constitue le principal obstacle à sa mise en place.
« L’achèvement du marché unique reste l’une des priorités les plus urgentes de l’Europe en matière de compétitivité. Les fusions transfrontalières de nos grandes banques européennes contribueraient à aller dans cette direction », a déclaré Teresa Ribera, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cela est urgent.
« Les Etats membres devraient saluer ces opérations dans l’intérêt général », a-t-elle insisté.
L’Etat allemand, qui dispose d’une participation de 12% dans Commerzbank, et s’oppose depuis longtemps aux initiatives d’UniCredit visant à prendre le contrôle de l’une des principales banques du pays, a officiellement rejeté mardi l’offre italienne en raison d’un prix jugé trop bas et d’inquiétudes quant à l' »approche agressive » de la banque.
Teresa Ribera a critiqué les pays qui réclament des champions paneuropéens mais refusent de prendre les mesures nécessaires pour soutenir ces objectifs.
« L’Europe ne peut pas à la fois affirmer qu’elle a besoin d’entreprises compétitives à l’échelle mondiale et refuser d’examiner si ses cadres d’analyse reflètent correctement les réalités de la concurrence mondiale, de la transformation technologique et des besoins en investissements », a-t-elle déclaré.
(Reportage Foo Yun Chee; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
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