La CGT quitte à son tour le « conclave » sur les retraites
PARIS (Reuters) – La Confédération générale du travail (CGT) ne participera plus aux concertations en cours entre partenaires sociaux sur les retraites, a annoncé mercredi sa secrétaire générale Sophie Binet, dénonçant l’ingérence du Premier ministre François Bayrou dans le processus.
Les partenaires sociaux ont entamé le mois dernier un « conclave » destiné à remettre en chantier la réforme contestée de 2023 sur les retraites, qui prévoit de repousser l’âge légal de départ à 64 ans. François Bayrou s’était engagé à des discussions « sans tabou » sur ce sujet hautement sensible tout en appelant à conserver l’équilibre financier du système.
Mais il a jeté le trouble en excluant dimanche un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans alors même que les syndicats, notamment la CGT et la Confédération française démocratique du travail (CFDT), souhaitent pour leur part revenir sur cet âge de départ.
« Je prétends que ce n’est pas possible » de supprimer la réforme des retraites de 2023 sans dégrader l’équilibre financier du système, a de nouveau affirmé mardi le Premier ministre à l’Assemblée nationale.
« La CGT a décidé ce soir de quitter ces concertations et d’appeler les salariés à se mobiliser », a annoncé Sophie Binet sur France 2, estimant que François Bayrou a « enterré » le conclave qu’il a lui-même lancé et « trahi sa parole ».
« Le Premier ministre s’était engagé à ce que ces discussions soient sans totem ni tabou et il nous a dit ce week-end qu’il y avait un tabou, les 62 ans, or les 62 ans, c’est la question centrale », a estimé la responsable syndicale.
Plus tôt dans la journée, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon avait appelé à arrêter la concertation en cours et à ouvrir un nouveau format de discussions, dénonçant elle-aussi les propos de François Bayrou.
ÉQUILIBRE FINANCIER
« Le conclave tel qu’il a démarré ne peut pas continuer, le Premier ministre a rompu le contrat », a-t-elle indiqué sur RMC/BFMTV. « On ferme le conclave tel qu’il existe aujourd’hui et on en ouvre un autre ».
« On va donc se retrouver parmi ceux qui ont envie de travailler et on va définir des nouvelles règles et des nouveaux sujets », a-t-elle ajouté, affirmant que « la question de l’âge sera sur la table ».
Mardi, l’Union des entreprises de proximité (U2P) – l’une des trois organisations patronales représentatives avec le Medef et la CPME – avait déjà annoncé son retrait des négociations en cours, mettant en avant le contexte international et la volonté du gouvernement de renforcer ses dépenses militaires ainsi que les projections « alarmantes » de déficit du système des retraites par la Cour des comptes.
De son côté, le président du Medef, Patrick Martin, a dit mercredi vouloir poursuivre le conclave, tout en critiquant l’attitude des syndicats qui ne prennent pas en compte selon lui « la situation des finances publiques qui devient critique ».
« Dans le panorama général du pays, nos instances ont considéré qu’il fallait laisser sa chance au produit même si les perspectives d’aboutir sont minces », a-t-il dit sur Radio Classique.
« Dès l’origine, j’ai posé un certain nombre de conditions (…) en toute priorité, que nous nous accordions avec telle ou telle organisation syndicale sur l’impératif de retour à l’équilibre financier. A ce stade, les syndicats ne se dévoilent pas et veulent faire passer d’autres sujets (…) avant. Nous ne pouvons pas nous exonérer de ce débat », a ajouté le président du Medef.
(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution de Bertrand Boucey et Zhifan Liu)
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