France: Les distributeurs refusent de vendre le carburant à perte
PARIS (Reuters) – Les principaux distributeurs de carburant en France ont rejeté mercredi la proposition du gouvernement de vendre à perte, arguant d’une impossibilité économique.
L’exécutif prévoit de lever l’interdiction de vente à perte sur les carburants à partir du 1er décembre, et pour une durée de six mois, afin de permettre aux distributeurs de baisser davantage les prix à la pompe dans un contexte de nouvelle poussée des cours du pétrole.
« Il ne faut pas trop ouvrir cette boîte de Pandore là, au risque de fragiliser à la fois l’équilibre des filières et de fragiliser l’équité territoriale entre les consommateurs », a déclaré mercredi le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.
« En ce qui nous concerne nous, groupe Carrefour, nous ne vendrons pas à perte », a-t-il ajouté, précisant que l’enseigne poursuivrait uniquement des opérations à prix coûtant. « Notre modèle ne nous permet pas de vendre à perte. »
« La réalité économique, c’est qu’on ne va pas l’utiliser cette possibilité là (de vendre à perte-NDLR). Parce qu’à un moment, si on fait ça, on va augmenter le prix des pâtes », a fait valoir de son côté le président du groupement Les Mousquetaires, Thierry Cotillard, devant la même commission.
Egalement interrogés, le PDG de Systeme U, Dominique Schelcher, et le co-président de E Leclerc, Philippe Michaud, ont tous les deux indiqué que leur enseigne ne pourrait pas procéder à de la vente à perte sur le carburant.
« Nos entreprises ne sont pas fabriquées pour faire de la vente à perte », a plaidé Philippe Michaud devant les députés.
Interrogé mardi par un journaliste de l’émission Quotidien, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a affirmé que le groupe « ne descendra pas plus bas » que le prix actuel de 1,99 euro par litre fixé dans ses stations-service en France.
Face à l’opposition des distributeurs, le gouvernement a mis en avant une mesure non obligatoire qui doit « permettre à chacun de faire un effort », a déclaré le porte-parole de l’exécutif, Olivier Véran.
« Face à l’inflation et la hausse des prix du carburant, nous considérons que chacun doit et peut faire un effort », a-t-il dit mercredi à l’issue du conseil des ministres.
« Nous proposons à ceux qui le souhaitent (…) de participer à cet effort collectif ».
(Reportage Blandine Hénault et Helen Reid à Londres, avec la contribution de Zhifan Liu, édité par Bertrand Boucey)
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