France: Bayrou a parlé de l’affaire Bétharram avec un juge en 1998, dit sa fille
PARIS (Reuters) – François Bayrou a échangé en 1998 avec un juge chargé d’une enquête sur des violences commises au sein de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, a déclaré Hélène Perlant, l’une des filles du Premier ministre.
Ces déclarations mettent à mal la ligne de défense de François Bayrou, accusé de ne pas avoir dénoncé les abus commis dans cette école située près de Pau, ville dont il est le maire, notamment lorsqu’il était ministre de l’Education nationale.
Evoquant dans une émission du site d’information Mediapart une rencontre en 1998 entre son père et l’ancien magistrat Christian Mirande, alors chargé d’une enquête sur un prêtre mis en examen pour viol, Hélène Perlant a déclaré : « Il ne s’en souvient pas je pense, mais je suis là le soir où il rentre de chez le juge Mirande. »
« On est là tout seuls tous les deux et il me dit ‘ne le répète surtout pas, j’ai juré d’être dans le secret de l’instruction, est-ce que tu crois que c’est possible ça ?' », a également déclaré Hélène Perlant.
François Bayrou « n’a jamais voulu couvrir » les abus commis à Notre-Dame-de-Bétharram, a cependant ajouté sa fille.
Matignon n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.
L’affaire Bétharram a pris une tournure politique et personnelle pour le Premier ministre et ancien ministre de l’Education nationale (1993-1997) dont trois des six enfants ont été scolarisés dans l’établissement accusé d’avoir été le théâtre de mauvais traitements, dont des agressions sexuelles, sur des élèves.
Dans un livre paru jeudi, Hélène Perlant a raconté avoir été battue par un prêtre aujourd’hui décédé dans cette école dans les années 1980, alors qu’elle avait 14 ans. François Bayrou n’était pas au courant et ne « pouvait pas comprendre » le « dispositif pervers » au sein de l’établissement catholique, a-t-elle toutefois précisé.
Contacté par Reuters, le directeur de l’ex-Notre-Dame-de-Bétharram, devenu Le Beau Rameau, n’a pas souhaité commenter ces déclarations.
Devant les députés, en février, François Bayrou a dit n’avoir « jamais été informé d’aucune violence, et encore moins de violence sexuelle » dans l’établissement.
Il a ensuite déclaré avoir ordonné une inspection en 1996 après des signalements de violences physiques, ce qui a conduit ses opposants à l’accuser d’avoir menti devant la représentation nationale.
François Bayrou sera auditionné le 14 mai par une commission d’enquête parlementaire sur son rôle dans cette affaire qui soulève des questions quant aux pratiques éducatives dans les internats privés.
« Les déclarations d’Hélène Perlant sont fracassantes, puisqu’elles contredisent entièrement la position de François Bayrou (…) Que savait-il ? Pourquoi n’a-t-il rien fait dans les années 1990 alors qu’il en avait les moyens pour faire cesser les violences ? », a déclaré sur franceinfo Paul Vannier, député (LFI) du Val-d’Oise et corapporteur de la commission d’enquête.
« Il y aussi les questions sur ses tentatives d’immixtion dans des procédures judiciaires en cours », a ajouté le député, qui appelle à la démission du Premier ministre.
François Bayrou dirige depuis décembre un gouvernement minoritaire qui peut être renversé si les partis de gauche et d’extrême droite s’unissent pour le faire tomber via une motion de censure.
(Rédigé par Benjamin Mallet, avec Michel Rose et Juliette Jabkhiro, édité par Kate Entringer)
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