France: 5 ans d’inéligibilité requis contre Marine Le Pen, son horizon électoral reste incertain
PARIS, 3 février (Reuters) – Le ministère public a requis mardi une peine de quatre ans de réclusion, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d’inéligibilité et 100.000 euros d’amende à l’encontre de Marine Le Pen lors du procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (FN).
En première instance, la députée du Pas-de-Calais avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique.
Le reste de la peine requise est identique au jugement de mars 2025, à une différence notable : le parquet n’a pas demandé cette fois l’exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate, de la peine, ce qui dégage quelque peu l’horizon pour la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN), nouveau nom du FN.
Marine Le Pen, 57 ans, joue en effet son avenir politique dans ce procès qui décidera de maintenir ou non sa condamnation à une peine d’inéligibilité de cinq ans, sanction qui invalide pour l’heure l’hypothèse de sa candidature à l’élection présidentielle de mai 2027.
Le jugement de la cour d’appel de Paris est attendu avant l’été.
Une possibilité de briguer l’Elysée pour la quatrième fois pourrait s’offrir à la fille de Jean-Marie Le Pen si elle se pourvoyait en cassation après l’éventuel prononcé d’une peine conforme en appel.
« Si la cour suit la réquisition du parquet général avec une confirmation d’une peine d’inéligibilité à 5 ans, s’il n’y a pas d’exécution provisoire, en matière pénale, le pourvoi en cassation suspend l’exécution de la peine jusqu’à la décision de la Cour de cassation », a expliqué à des journalistes Me Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen dans ce dossier.
« Donc s’il y avait une peine d’inéligibilité ferme, suivie d’un pourvoi en cassation, à partir du moment où il y aura un pourvoi en cassation, eh bien, Marine Le Pen pourra être candidate à la présidentielle », a-t-il dit.
UN CALENDRIER CONTRAINT
Le délai de la saisine puis de la décision de la Cour de cassation – qui a toutefois fait savoir qu’elle ferait diligence dans ce scénario – jette cependant un doute sur le calendrier politique de la candidate putative.
Une décision de la plus haute juridiction française « pourrait intervenir dans les six mois, donc ça veut dire quelques mois, quelques semaines avant l’élection présidentielle donc le choix [d’être ou non candidate] serait compliqué », a souligné Me Maisonneuve.
En mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Marine Le Pen et huit autres anciens députés européens du FN coupables de détournement de fonds publics, pour un total de 4,1 millions d’euros utilisés au profit du parti sur une période courant de 2004 à 2016. Les réquisitions ont à nouveau mis en avant sévèrement leur responsabilité.
Le parti – pour lequel a été requise mardi une amende de deux millions d’euros dont un million avec sursis – et une douzaine d’assistants parlementaires ont également été reconnus coupables en mars d’avoir perçu indûment cette somme.
En cause: l’utilisation par Marine Le Pen et les autres cadres du parti de fonds du Parlement européen pour rémunérer des personnes travaillant en réalité pour le FN.
PAS DE « RISQUE DE RECIDIVE »
Détaillant un à un le cas de chaque coprévenu ayant fait appel, les représentants du ministère public ont martelé leurs accusations mardi, déplorant de la part de Marine Le Pen « une remise en question de façade ».
« Elle a signé les contrats. Elle ne peut pas nous dire qu’elle ignorait. Elle était avocate et juriste de formation », a souligné l’un des deux avocats généraux, Thierry Ramonatxo, ajoutant que Marine Le Pen était, en sa qualité de présidente du parti, « très étroitement informée » de toutes les questions relatives aux enveloppes des assistants.
« Elle a eu un rôle central en tant qu’organisateur. C’est elle qui fixait les règles du fonctionnement interne », a-t-il insisté.
Pour expliquer le choix d’écarter l’exécution provisoire, les avocats généraux ont notamment rappelé qu’une telle condition répondait à un risque de récidive, qui à leurs yeux n’est plus établi. « Le casier judiciaire de Marine Le Pen ne nous permet pas de caractériser un risque établi de réitération », a dit l’avocat général Stéphane Madoz-Blanchet.
Il a également écarté le « trouble majeur à l’ordre public » invoqué en première instance et considéré que « le choix d’une ligne de défense » ne pouvait « à lui seul qualifier un risque de récidive ».
« Le seul point que je vois extrêmement positif aujourd’hui, dans ces réquisitions, c’est qu’il a été dit qu’une ligne de défense n’était plus une criminalisation et un risque de récidive pour le client », a réagi Me Rodolphe Bossault, avocat de Marine Le Pen, à l’issue de l’audience.
Pour Marine Le Pen, qui s’exprimait auprès de BFM, l’incertitude demeure : « Manifestement le parquet général est dans la droite ligne du parquet en première instance. »
(Rédaction de Paris avec la contribution d’Elissa Darwish, édité par Benjamin Mallet)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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