Eric Dupond-Moretti relaxé par la Cour de justice de la République
PARIS (Reuters) – Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a été relaxé mercredi par la Cour de justice de la République (CJR) au terme de son procès pour prise illégale d’intérêt, une décision qui sonne comme un soulagement pour ce pilier du gouvernement d’Elisabeth Borne.
La Première ministre a redit sa confiance au ministre, qui a été reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée juste après l’annonce de la décision du tribunal.
« Le garde des Sceaux va pouvoir continuer à mener son action au sein de l’équipe gouvernementale, au service des Français. Je m’en réjouis », a écrit la cheffe du gouvernement sur le réseau X.
C’est la première fois qu’un ministre français en exercice était renvoyé devant la CJR, juridiction spécialement chargée de juger les ministres ou ex-ministres pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Eric Dupond-Moretti était accusé de prise illégale d’intérêt pour avoir ordonné, peu après avoir été nommé ministre de la Justice, l’ouverture d’enquêtes administratives contre des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir lorsqu’il était avocat.
Le tribunal a estimé que ce délit n’était pas caractérisé.
L’accusation avait requis une peine d’un an de prison avec sursis contre le ministre de la Justice.
« Au terme de ces deux semaines de débat, de ces deux semaines de délibéré, l’innocence d’Eric Dupond-Moretti, qu’il a clamée depuis le premier jour (…), a été démontrée et elle est aujourd’hui consacrée », a déclaré devant la presse Me Jacqueline Laffont, avocate d’Eric Dupond-Moretti.
« Il n’y a pas d’infraction aujourd’hui, c’est ce que la cour vient de dire », a-t-elle ajouté.
« Cette décision confirme, s’il en était encore besoin, que Eric Dupond-Moretti n’a jamais souhaité, à aucun moment, se venger contre quiconque », a considéré un autre avocat du ministre, Me Rémi Lorrain.
Eric Dupond-Moretti a quitté le tribunal sans faire de commentaire et pris sans attendre la direction de l’Elysée, où il devait être reçu par le président Emmanuel Macron, a fait savoir l’entourage du chef de l’Etat.
« DÉSAVEU »
Pour Me Christophe Clerc, avocat du Syndicat de la Magistrature, « la reconnaissance des conflits d’intérêt » a été actée.
De son côté, Me Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor, a jugé qu’il n’y avait pas « de surprise avec la Cour de justice de la République : c’est la clémence vis-à-vis de nos élus. »
« C’est un désaveu pour la démocratie et l’esprit de justice », a-t-il ajouté.
Du côté de la classe politique, La France insoumise a demandé dans un communiqué la suppression de la Cour de justice de la République, « juridiction d’entre-soi systématiquement partiale ».
Créée en 1993, la CJR est composée de trois juges, six députés et six sénateurs issus de la majorité et de l’opposition.
Récemment entré en politique, Eric Dupond-Moretti, âgé de 61 ans, a toujours été soutenu par Emmanuel Macron, qui compte sur lui pour revitaliser l’institution judiciaire et contrer le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et Jordan Bardella, favoris des sondages à sept mois des élections européennes.
Interrogé sur BFM TV, le député RN Julien Odoul a refusé de commenter la décision de justice mais dénoncé le bilan du ministre. « Eric Dupond-Moretti doit partir, son bilan est calamiteux », a-t-il lancé.
La présidente du groupe RN à l’Assemblée, Marine Le Pen, a dit mardi son intention de porter plainte contre le ministre de la Justice après une houleuse séance de questions au gouvernement où les électeurs du RN ont été, selon elle, « insultés » par le garde des Sceaux.
(Reportage Juliette Jabkhiro et Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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