Elisabeth Borne demande en justice le droit au silence sur sa vie privée
par Michel Rose
PARIS (Reuters) – La Première ministre française, Élisabeth Borne, a demandé mercredi devant la justice le retrait d’extraits d’une biographie relatifs à sa vie privée, refusant de subir la « tyrannie de la transparence », au risque de se faire accuser de « censure ».
Devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), l’avocate de la cheffe du gouvernement a demandé la suppression dans toute nouvelle édition ou réimpression de sept passages, soit environ 200 lignes, de « La Secrète », une biographie signée Bérengère Bonte récemment parue aux éditions de l’Archipel.
Elisabeth Borne, 62 ans, « ne veut pas se soumettre à la tyrannie de la transparence », a plaidé Me Emilie Sudre. « Elle est à l’opposé de toute cette ‘pipolisation’ de la vie politique qu’on voit aujourd’hui ».
Face à elle, Olivier d’Antin, défenseur de Bérengère Bonte, a parlé de « censure ».
« [Elisabeth Borne] sait que la fonction l’oblige à rentrer dans la lumière », a-t-il dit, rappelant que la Cour européenne des droits de l’homme juge que la vie privée d’un homme ou d’une femme politique doit s’évaluer avec plus de souplesse que pour un anonyme.
A son arrivée à Matignon, il y a un an, Elisabeth Borne avait fait savoir qu’elle était divorcée, mère d’un enfant et qu’elle avait un compagnon.
Le livre de Bérengère Bonte s’interroge sur l’orientation sexuelle de la Première ministre, qui a déclaré l’été dernier au magazine Têtu qu’elle n’était pas homosexuelle.
La biographe révèle que le compagnon supposé d’Elisabeth Borne, Patrice Obert, est pacsé avec une autre femme.
Elisabeth Borne « ne se plaint pas de l’identification de Patrice Obert » mais conteste que la biographe « accrédite les rumeurs avec une enquête pas sérieuse », a plaidé Emilie Sudre.
« Ça compte la fiabilité de la parole publique », a estimé pour sa part l’avocat de Bérengère Bonte, qu’il a qualifiée de « journaliste sérieuse ».
« L’honneur du journaliste est de ne pas tomber dans la complaisance », a-t-il aussi déclaré.
Autre sujet délicat évoqué par le livre : l’anorexie dont souffrirait la Première ministre.
« Jamais de la vie je suis allée me faire vomir dans les toilettes, jamais de ma vie je n’ai été anorexique », a dit Emilie Sudre, citant la Première ministre.
Elisabeth Borne a accordé deux entretiens à Bérengère Bonte pour son ouvrage. « Elle arrive à Matignon, les gens ne la connaissent pas, » a dit cette dernière à Reuters. « On me dit : ‘le personnage est beaucoup plus intéressant que ce qu’on pensait’. Tant mieux. »
L’auteure a écrit des passages « extrêmement attentatoires à la vie intime de madame Borne, qui ne nourrissent pas le débat public », a dit à Reuters, avant l’audience, Me Sudre. « On ne s’introduit pas dans les toilettes ni dans la chambre à coucher ».
Lors d’un entretien accordé durant un voyage à la Réunion la semaine dernière, Elisabeth Borne a déclaré qu’elle n’avait « pas lu le livre », mais s’être fait dire qu’il portait « atteinte à sa vie privée ».
Discrète sur sa vie personnelle, la Première ministre, ancienne pupille de la Nation, avait levé un voile en évoquant la mort de son père lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale le 6 juillet dernier.
« J’étais cette enfant dont le père n’était jamais vraiment revenu des camps », a-t-elle dit à propos de cet homme, ancien déporté à Auschwitz, qui s’est suicidé alors qu’elle n’avait que 11 ans.
Cette affaire de la biographie d’Elisabeth Borne « n’affecte absolument pas le gouvernement », a dit à Reuters une source gouvernementale. « La Première ministre, en revanche, on la sent heurtée par la description du suicide de son père dans le bouquin. Mais elle ne montrera rien parce que c’est une tortue ninja. »
Le jugement est attendu le 30 juin.
(Reportage Michel Rose et Elizabeth Pineau, édité par Nicolas Delame)
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