Couvre-feu en Nouvelle-Calédonie après une nuit d’émeutes
PARIS (Reuters) – Un couvre-feu nocturne a été instauré mardi à Nouméa au lendemain de violences, alors que l’Assemblée nationale à Paris doit se prononcer sur un projet de réforme de la Constitution susceptible d’élargir le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, auquel s’opposent les indépendantistes sur l’île.
La chaîne publique La Première a signalé de nouveaux « incendies, blocages et pillages » après l’entrée en vigueur de ce couvre-feu de 18h00 (07h00 GMT) à 6h00 mercredi matin. Une épaisse fumée noire a recouvert Nouméa, a rapporté la chaîne locale.
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l’envoi de renforts de gendarmerie sur place. Il a fait état d’un premier bilan de 52 policiers et gendarmes blessés et 82 personnes interpellées au cours des deux derniers jours.
Selon Louis Le Franc, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, 50 entreprises et commerces (…) et 200 véhicules ont été incendiés.
Le Haut-Commissariat a annoncé dans un communiqué l’interdiction de la vente d’alcool et du transport et du port d’armes. L’aéroport de Nouméa a été fermé jusqu’à jeudi.
« En Nouvelle-Calédonie, on connaît le lourd tribut de la violence, on sait qu’elle ne résout rien, qu’elle ne mène à rien. Les violences ne sont ni justifiables, ni tolérables », a réagi le Premier ministre, Gabriel Attal, lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Le chef du gouvernement a rejeté les appels de l’opposition de gauche à suspendre le projet de « dégel » du corps électoral, « un enjeu démocratique majeur demandé par le Conseil d’Etat pour permettre aux prochaines élections provinciales de se tenir ».
Le projet de révision vise à élargir le corps électoral figé depuis l’accord de Nouméa négocié en 1988 et signé en 1998. La fin de l’examen et le vote du texte, déjà approuvé par le Sénat début avril, sont programmés mardi soir à l’Assemblée nationale.
DÉBAT À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Gabriel Attal a toutefois confirmé que le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, ne convoquerait pas le Congrès, nécessaire en cas de révision constitutionnelle, une fois le texte voté et appelé à saisir « la main tendue du dialogue » afin de parvenir à un accord politique plus large.
« Le président et le Premier ministre écriront à toutes les parties calédoniennes pour les inviter dans les prochains jours à Paris » afin de « trouver un accord global pacifique », a précisé Gérald Darmanin devant la représentation nationale.
Les indépendantistes redoutent que cette révision constitutionnelle réduise encore le poids du peuple autochtone kanak sur l’île.
« Le dégel du corps électoral conduit notre peuple à être isolé dans son propre pays. Nous voulons interpeller ceux qui ont décidé à notre place (…) Si nous avons signé ces accords, c’est pour amener notre peuple à l’émancipation. S’il y a la violence aujourd’hui au pays, c’est une réponse à la violence subie depuis la colonisation jusqu’à aujourd’hui », a déclaré à Reuters Daniel Wéa, président du Mouvement des jeunes Kanak en France, lors d’un rassemblement de soutien à Paris.
Interrogé sur Radio Djiido, le chef de file de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT, indépendantiste), Christian Tein, a appelé mardi matin les manifestants « à lever le pied ».
« J’en appelle à l’ensemble de nos jeunes, de lever le pied. De rester là où ils sont, sur les bords [de route], organisés, structurés », a-t-il dit dans ces propos relayés par la chaîne d’information Nouvelle-Calédonie La Première.
« Mais [on] ne peut pas empêcher à un moment donné ces déferlements, parce que les gens ont suivi depuis six mois les rapports de force et les discours haineux », a-t-il poursuivi.
Les discussions sur l’avenir de l’île ont commencé en 1988 après une décennie de conflits et de violences séparatistes qui ont culminé avec la prise d’otages d’Ouvéa, au cours de laquelle 19 Kanaks et deux soldats furent tués les 4-5 mai 1988, puis, un an plus tard, avec l’assassinat du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et de son bras droit au FLNKS Yéwéné Yéwéné lors de la commémoration du drame d’Ouvéa.
Une première étape a été franchie en 1988 avec les accords Matignon-Oudinot. Signés par les partis indépendantistes, les partis loyalistes et l’État français, ils ont créé trois provinces et marqué une reconnaissance officielle du peuple kanak.
Dix ans plus tard, l’accord de Nouméa a fait de l’archipel une collectivité d’outre-mer à statut particulier et encadré les consultations à venir.
Trois référendums d’autodétermination se sont tenus depuis, tous se soldant par une victoire du « non » à l’indépendance, même si le dernier a été boycotté par les partisans de la sécession qui dénonçaient notamment son organisation en pleine crise sanitaire.
(Nicolas Delame, Jean Terzian et Tangi Salaün, avec la contribution d’Elizabeth Pineau et Juliette Jabkhiro, édité par Bertrand Boucey et Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.



