A Nouméa, Macron fait un geste sur la réforme électorale et plaide pour l’apaisement
PARIS (Reuters) – Le président Emmanuel Macron a tenté jeudi d’apaiser les tensions en Nouvelle-Calédonie, en proie à d’importantes violences depuis plus d’une semaine en raison d’une réforme contestée sur le corps électoral.
Plaidant pour un retour « à l’ordre et au calme dans les meilleurs délais », le chef de l’Etat a assuré qu’il ne passerait pas en force sur cette réforme décriée par les indépendantistes.
« Je me suis engagé à ce que cette réforme ne passe pas en force aujourd’hui dans le contexte actuel. Et que nous nous donnions quelques semaines afin de permettre l’apaisement, la reprise du dialogue en vue d’un accord global », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’issue d’une journée sur place où il a rencontré des élus locaux, acteurs économiques et jeunes calédoniens.
Le président avait auparavant prévu de réunir le Congrès au plus tard fin juin pour faire adopter un projet de réforme de la Constitution permettant d’intégrer le texte sur le corps électoral mais la poussée de violences, inédites en Nouvelle-Calédonie depuis 40 ans, a pris par surprise l’exécutif.
En contre-partie du délai accordé sur la réforme au Congrès, Emmanuel Macron a demandé à ce que tous les responsables appellent « explicitement » à la levée des barrages, s’adressant en particulier au FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), principal mouvement indépendantiste, et au CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain) dont les membres sont accusés d’être en pointe dans les violences.
« Dès que les retraits seront effectifs et observés, l’état d’urgence sera levé », a indiqué le président, appelant à ce que le dialogue politique « reprenne immédiatement ».
Le chef de l’Etat a indiqué qu’il ferait d’ici un mois un « point d’étape pour regarder en conscience les choses et prendre les décisions sur la suite institutionnelle à donner ».
« Je considérerai évidemment le retour au calme mais également l’engagement sincère des parties à la reprise des négociations en vue d’un accord », a-t-il dit.
ACCORD GLOBAL
Le corps électoral en Nouvelle-Calédonie est resté figé depuis l’accord de Nouméa en 1998, qui a défini l’organisation politique de l’île afin de lui donner une plus grande autonomie.
L’accord prévoyait aussi la tenue de trois référendums d’autodétermination, qui ont été organisés respectivement en 2018, 2020 et 2021 et qui ont tous vu le « non » à l’indépendance l’emporter.
« Nous avons suivi un chemin qui avait été tracé, pour autant nous n’avons pas collectivement suffisamment pensé le jour d’après », a reconnu Emmanuel Macron.
« Force est de constater qu’il n’y a pas aujourd’hui de vision d’avenir commune. Force est de constater que le rééquilibrage n’a pas permis de réduire les inégalités économiques et sociales ».
Le chef de l’Etat a souhaité que les négociations entre les parties prenantes calédoniennes aboutissent à un accord global intégrant plusieurs problématiques : le dégel du corps électoral, l’organisation des pouvoirs, la répartition des sièges, la citoyenneté, le nouveau contrat social, l’avenir économique, notamment autour du nickel, et la question du vote d’autodétermination, a-t-il énuméré.
Emmanuel Macron a dit souhaiter que cet accord soit soumis au vote des Calédoniens, sans préciser s’il s’agira d’un référendum.
« Ma volonté est que cet accord global soit celui qui intègre notre Constitution », a-t-il ajouté.
DOMMAGES « COLOSSAUX »
Les violences en Nouvelle-Calédonie ont fait six morts, dont deux gendarmes, et engendré d’importantes destructions, tandis que des barrages routiers limitent encore l’accès aux denrées alimentaires et aux médicaments.
Le gouvernement a déployé 3.000 forces de sécurité intérieure et mobilisé des membres du GIGN et du RAID pour assurer le retour à l’ordre.
« Notre objectif est de reprendre l’intégralité aujourd’hui des points qui sont encore dans le désordre et la violence », a dit Emmanuel Macron.
Le chef de l’Etat a évoqué des dommages « colossaux » dans le grand Nouméa et annoncé une aide d’urgence pour le monde économique.
Le président, qui est arrivé jeudi à l’aéroport de La Tontouta de Nouméa aux alentours de 8h30 (mercredi 23h30 heure de Paris), s’est rendu au Haut-Commissariat de la République puis au commissariat central de Nouméa où il s’est entretenu avec des membres des forces de l’ordre.
Accompagné des ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Armées Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron a ensuite rencontré un groupe de jeunes calédoniens avant de s’entretenir avec des élus non-indépendantistes et des figures du camp indépendantiste.
(Avec la contribution de Renju Jose et Kirsty Needham à Sydney, Bertrand Boucey, Dominique Vidalon, Michel Rose et Nicolas Delame à Paris ; version française Camille Raynaud, Kate Entringer et Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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