Wall Street vue en baisse avec le Moyen-Orient, l’Europe vers sa pire semaine en près d’un an
par Diana Mandia
6 mars (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes sont retombées dans le rouge vendredi à mi-séance, s’acheminant vers leur plus forte perte hebdomadaire depuis la tempête commerciale d’avril 2025, alors que les craintes inflationnistes qui découlent du conflit au Moyen-Orient ont pesé sur les actions tout au long de la semaine.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,21% pour le Dow Jones, de 0,42% pour le Standard & Poor’s-500 et de 0,54% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,64% à 7.994,58 points vers 11h38 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,50% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,41%.
L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,74%, le FTSEurofirst 300 perd 0,67% et le Stoxx 600 abandonne 0,65%.
Les tensions géopolitiques ne semblent pas s’apaiser alors que s’achève la première semaine de l’opération israélo-américaine qui a entraîné samedi dernier la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, avec les prix du pétrole repartant à la hausse après un bref répit en raison des signes d’une possible intervention de l’État américain pour endiguer la flambée des cours.
L’envolée du brut dépasse déjà les 20% depuis le début de la semaine, le gain le plus important depuis le printemps 2020 en pleine crise sanitaire liée au COVID-19, ce qui attise les craintes inflationnistes des deux côtés de l’Atlantique et amène les investisseurs à se demander si les banques centrales ne devront pas s’orienter vers une politique monétaire plus restrictive que prévu.
« L’Europe est un peu plus exposée à la hausse des prix du pétrole, et il existe une certaine inquiétude quant à la possibilité d’une ‘stagflation' », a déclaré Ciaran Callaghan, directeur de la recherche sur les actions européennes chez Amundi, faisant référence à un scénario possible de faible croissance économique et de reprise de l’inflation.
Jose Luis Escriva, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a toutefois vendredi que Francfort aurait besoin de plus de temps pour évaluer l’impact global de la guerre avant de prendre des décisions, tout en ajoutant que l’on pouvait considérer comme acquis qu’elle aurait des répercussions.
La semaine a été très volatile pour la grande majorité des secteurs, mais certains ont été plus exposés que d’autres à l’évolution du conflit et seront plus vulnérables s’il se prolonge.
« Au niveau sectoriel, les secteurs du tourisme et du luxe semblent directement exposés à court terme à un risque de disruption, notamment du fait de la réduction des flux touristiques entraînée par les limitations sur les vols transitant par certains hubs régionaux importants. Pour ces secteurs en particulier, la durée du conflit sera un facteur déterminant », écrit dans une note Gilles Guibout, responsable des actions européennes AXA IM chez BNPP AM.
Au programme de la journée, deux indicateurs de premier plan sont prévus aux États-Unis, les ventes au détail et le rapport sur l’emploi, tous deux à 13h30 GMT. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
La défense européenne est en légère hausse ce vendredi (+0,77%), dans un contexte d’intensification et d’extension du conflit au Moyen-Orient. À Paris, Dassault Aviation, Thales et Safran sont tous dans le vert.
Les actions du secteur énergétique s’apprêtent pour leur part à enregistrer un gain hebdomadaire modeste (+0,35%) avec la hausse des prix du pétrole, tandis que les banques, très pénalisées, sont en baisse de plus de 8% sur la semaine, les groupes britanniques étant particulièrement exposés au risque dans le Moyen-Orient.
Sur les valeurs individuelles, Atos recule de 4,5%, après avoir bondi de plus de 8% dans les premiers échanges, le groupe français ayant publié ses résultats annuels et ses perspectives de croissance pour les prochaines années.
SPIE recule de 5% après avoir publié des résultats annuels jugés « légèrement faibles » par Jefferies.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans est presque stable à 2,8528%, tandis que celui de l’obligation à deux ans avance de 1,5 point de base à 2,2718%.
Sur l’ensemble de la semaine, la tendance est beaucoup plus révélatrice : les craintes que le conflit au Moyen-Orient alimente l’inflation entraînent la plus forte hausse hebdomadaire des rendements de la zone euro depuis mars 2025, lorsque l’Allemagne avait annoncé son intention d’augmenter considérablement ses dépenses budgétaires.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance vendredi de 2,3 points de base à 4,1693%. Le deux ans prend 1,5 point de base à 3,6143%.
Les opérateurs prévoient désormais une baisse d’environ 35 points de base de la part de la Réserve fédérale (Fed) américaine cette année, contre environ 55 points de base il y a une semaine.
Quant à la BCE, ils pensent désormais que Francfort relèvera ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année, après avoir abandonné leurs précédents paris sur une baisse des coûts d’emprunt.
CHANGES
Sur le marché des changes, le dollar perd 0,07% face à un panier de devises de référence, mais s’apprête à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plus d’un an, l’escalade du conflit au Moyen-Orient ayant stimulé la demande d’actifs refuges.
L’euro perd 0,28% à 1,1575 dollar.
PÉTROLE
Le Brent prend 3,14% à 88,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 4,63% à 84,76 dollars.
Le ministre de l’Énergie du Qatar a par ailleurs contribué vendredi à attiser les craintes inflationnistes en déclarant dans une interview accordée au Financial Times que Doha s’attendait à ce que tous les producteurs d’énergie du Golfe arrêtent leurs exportations dans les semaines à venir et fassent grimper le prix du baril de pétrole à 150 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 6 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 13h30 Ventes au détail janvier
– sur un mois -0,3% 0,0%
USA 13h30 Rapport sur l’emploi février 4,3% 4,3%
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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