Wall Street vue dans le rouge, l’Europe hésite, prudence avant l’ultimatum de Trump
par Claude Chendjou
PARIS, 7 avril (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mardi à l’ouverture et la plupart des Bourses européennes sont dans le rouge à la mi-séance dans des échanges indécis à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé par le président américain à l’Iran pour parvenir à un accord au 39e jour de guerre. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,37% pour le Dow Jones, de 0,39% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,52% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,29% à 7.985,60 points vers 11h40 GMT pour la première séance boursière de la semaine, au sortir du long week-end de Pâques. À Francfort, le Dax recule de 0,02% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,01%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,01% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,28%. Le Stoxx 600 abandonne 0,12% après avoir été légèrement dans le vert en début de séance. Ses grands compartiments sont sur de timides variations, à la hausse ou à la baisse, le secteur de la consommation cyclique étant en tête, tandis que celui de la santé ferme la marche.
Au regard des faibles variations du jour sur les actions et de la remontée de l’indice de la volatilité à Wall Street (+5,66% à 25,56 points), les investisseurs semblent faire preuve d’une certaine prudence avant la date butoir de mercredi 00h00 GMT fixée par Donald Trump à l’Iran pour la réouverture du détroit d’Ormuz.
Ils évaluent également la portée des informations selon lesquelles des négociations se poursuivent pour mettre fin à la guerre, malgré le rejet par Téhéran d’une proposition américaine de cessez-le-feu temporaire relayée par le Pakistan et la menace de Donald Trump d’une « destruction complète » de l’Iran.
Par ailleurs, les échanges de tirs entre l’Iran et Israël se poursuivent ce mardi, tandis que les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Bahreïn ont émis des alertes, signalant des risques d’attaque.
L’ambassadeur iranien au Pakistan a cependant déclaré que les « efforts positifs et productifs » d’Islamabad pour mettre fin à la guerre par la médiation « approchaient d’un stade critique et sensible ».
« Un sentiment de prudence et de pessimisme persiste quant à l’échéance fixée par Trump, car il semble peu probable que l’Iran se plie à ses exigences avant la date butoir », résume Kathleen Brooks, directrice d’études chez XTB.
« Le marché est dans l’incertitude pour l’instant », a-t-elle ajouté, notant que cela se traduit par un manque de conviction dans les échanges.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Broadcom prend 3,6% en avant-Bourse après avoir signé un accord jusqu’en 2031 avec Google, filiale d’alphabet, pour développer et fournir les futures générations de puces personnalisées destinées à l’intelligence artificielle (IA).
Les assureurs santé à Wall Street montent en avant-Bourse alors que les Etats-Unis finalisent un projet de hausse de 2,48% des paiements liés au programme Medicare Advantage: Humana bondit de 10,2%, CVS Health de 6,3% et Unitedhealth Group de 6,8%.
VALEURS EN EUROPE
Universal Music Group (UMG) grimpe de 11,31%, Vivendi de 10,95% et Bolloré de 6,66%, les trois sociétés étant liées alors que Pershing Square, le fonds de Bill Ackman, a proposé de fusionner son véhicule d’investissement avec UMG dans le cadre d’une opération évaluée à environ 55,75 milliards d’euros, selon les calculs de Reuters.
Le secteur des médias en Europe bondit de 5,18%.
Leonardo chute de 6,68% après des informations de presse selon lesquelles le groupe italien de défense serait sur le point de remplacer son administrateur délégué.
ASML recule de 3,65% après une proposition américaine de nouvelles restrictions sur les exportations d’équipements de fabrication de puces électroniques vers la Chine. Le secteur technologique en Europe abandonne 0,69%.
Les géants pétroliers britanniques BP et Shell sont bien orientés, tout comme TotalEnergies à Paris, avec la poursuite de la hausse des cours du pétrole, tandis que l’indice sectoriel en Europe est dans le vert.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro montent avec un taux du Bund allemand à dix ans à 3,03%, en hausse de 3,8 points de base, à l’approche de l’échéance fixée par Donald Trump à l’Iran.
Le bloc monétaire européen, très dépendant des fluctuations des prix des hydrocarbures, est particulièrement exposé à un choc pétrolier qui alimenterait à son tour l’inflation globale.
Les marchés anticipent mardi au moins deux hausses de taux directeurs, avec une forte probabilité d’un troisième relèvement, de la part de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici la fin de l’année. Avant le déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février, ils tablaient sur une baisse du loyer de l’argent à cette échéance. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est quant lui stable, à 4,34%, après une baisse de 1,1 point lundi.
CHANGES
Le dollar fait quasiment du surplace mardi contre un panier de devises internationales après avoir touché la semaine dernière un pic depuis mai 2025.
L’euro se traite à 1,1551 dollar, grappillant 0,09% face au billet vert, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3242 dollar (+0,8%), les devises sur le Vieux continent ne semblant pas réagir aux statistiques du jour, alors que les cambistes attendent de nouveaux développements en Iran.
Le moral des investisseurs en zone euro s’est effondré en avril avec la guerre en Iran, selon l’indice Sentix ressorti à -19,2 points, tandis que la croissance du secteur privé a ralenti à un creux de neuf mois avec un indice PMI composite de la zone euro tombé à 50,7 en mars. Le secteur des services en Grande-Bretagne a enregistré en mars sa plus forte hausse mensuelle des coûts depuis 2021 et l’indice du secteur a décéléré à 50,5, selon les PMI.
PÉTROLE
Le marché pétrolier se raffermit mardi, au-dessus de 110 dollars le baril, alors que l’ultimatum fixé par Donald Trump à l’Iran pour ouvrir le détroit d’Ormuz expire sous peu.
Le Brent prend 0,64% à 110,46 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) monte de 1,84% à 114,49 dollars.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L’AGENDA DU 7 AVRIL
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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