USA: Le « shutdown » de l’administration pourrait freiner la croissance économique
(Reuters) – Une fermeture prolongée des administrations fédérales aux États-Unis, sur fond d’impasse budgétaire entre républicains et démocrates au Congrès, pourrait freiner la croissance économique au quatrième trimestre, même si une grande partie de l’activité serait récupérée une fois les opérations revenues à la normale.
Des économistes estiment que le ‘shutdown’ réduit la croissance annuelle du produit intérieur brut en données corrigées de l’inflation de 0,1 à 0,2 point de pourcentage par semaine.
Le ‘shutdown’, qui en est maintenant à sa troisième semaine, toucherait principalement les dépenses de consommation et la productivité des employés fédéraux, dont quelque 700.000 sont au chômage technique tandis que près d’autant travaillent sans être rémunérés, ce qui pourrait contraindre les ménages à différer leurs achats.
De nombreux employés fédéraux devraient manquer leur première paie complète vendredi. La Maison blanche a indiqué que le versement rétroactif n’était pas garanti une fois le ‘shutdown’ terminé. L’administration du président Donald Trump a licencié certains agents au chômage technique. Les sous-traitants de l’État ont également été renvoyés chez eux et ne perçoivent généralement pas de salaires compensatoires.
« Il y aura un impact sur l’économie, » a déclaré Gregory Daco, chef économiste chez EY-Parthenon. « Cela ne va pas plonger l’économie dans la récession, mais plus cette situation perdure, plus les pertes sont importantes pour les employés de la Fed qui ont peut-être dû réduire leurs dépenses parce qu’ils n’ont pas été payés ou parce que, même s’ils attendent un paiement rétroactif, ils font simplement preuve de plus de prudence dans la gestion de leurs finances. »
Le Congrès adopte parfois des financements annuels pour certains départements fédéraux, comme ce fut le cas avant le ‘shutdown’ de 2018-2019, lorsque de larges pans de l’administration avaient été financés. Cette fois-ci, aucun département n’a reçu de financement, avec des effets d’entraînement plus larges au-delà des seuls employés fédéraux.
Bien que les militaires en service actif aient été payés la semaine dernière, des médias ont rapporté que certains auraient été sous-rémunérés. Plusieurs États, dont New York et le Texas, ont averti que les bons d’alimentation, sur lesquels comptent les ménages à faibles revenus pour compléter leur budget, ne seraient plus disponibles si le ‘shutdown’ se prolonge en novembre. En Pennsylvanie, le gouvernement local a indiqué que les versements de coupons alimentaires prendraient fin à partir du 16 octobre.
« Il y a les effets à court terme qui se font déjà sentir, et puis il y a les effets à plus long terme qui sont plus difficiles à évaluer et qui dépendront spécifiquement du moment où et si le problème sera résolu », a déclaré Brian Bethune, professeur d’économie au Boston College. « Mais à mesure que la situation s’éternise, ces effets à court terme s’accumulent indéniablement. »
UN ‘SHUTDOWN’ PROLONGÉ AUGMENTERA LES EFFETS NÉGATIFS
Des avis similaires ont été exprimés par le Bureau budgétaire du Congrès, une agence bipartisane, dont la dernière évaluation indique que les effets négatifs sur l’économie « seront temporaires » mais « s’intensifieront en cas de ‘shutdown’ prolongé ». Lors du ‘shutdown’ de 34 jours débuté fin décembre 2018, le plus long jamais enregistré, la croissance du PIB avait fortement ralenti au quatrième trimestre avant de repartir à la hausse entre janvier et mars.
Les marchés financiers ont jusqu’ici fait peu de cas du ‘shutdown’, qui a toutefois eu des répercussions sur les entreprises bénéficiant de contrats publics ainsi que sur celles en attente d’autorisations ou de certifications. Selon Oxford Economics, 800 millions de dollars de nouveaux contrats fédéraux sont exposés à des perturbations pour chaque jour ouvré de ‘shutdown’ en octobre, avec des effets potentiellement négatifs sur le marché du travail.
« Si les sous-traitants peuvent gérer une suspension de courte durée de l’activité fédérale, un ‘shutdown’ prolongé peut fortement affecter leur trésorerie, entraînant potentiellement des mises en chômage technique, des réductions de salaire, voire des licenciements », a déclaré Bernard Yaros, chef économiste pour les États-Unis chez Oxford Economics.
Bernard Yaros a indiqué que les dépenses publiques retardées pourraient être compensées une fois les opérations revenues à la normale, mais qu’un ‘shutdown’ prolongé augmente le risque que certains sous-traitants ne récupèrent jamais l’ensemble des revenus perdus durant l’impasse budgétaire.
(Lucia Mutikani avec Bo Erickson, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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