UniCredit rejette les critiques de Commerzbank sur son offre
MILAN, 15 juin (Reuters) – La banque italienne UniCredit a rejeté lundi les allégations de Commerzbank selon lesquelles le niveau réel d’adhésion à son offre publique d’achat serait inférieur à ce que montrent les données publiées, les considérant comme sans fondement et évoquant la possibilité de renverser le conseil d’administration de son concurrent.
Farouchement contestée par Commerzbank et l’État allemand, l’offre de 40 milliards d’euros entièrement en actions lancée par UniCredit sur Commerzbank prend fin mardi, dans un climat de vives tensions entre les deux parties.
Après avoir déclaré que l’objectif de l’offre était de porter sa participation à un peu plus de 30%, UniCredit a jusqu’à présent sécurisé environ 40% du capital de Commerzbank, un niveau généralement considéré comme suffisant pour exercer un contrôle sur les résolutions des actionnaires lors des assemblées.
L’offre étant proposée avec une décote par rapport au cours de marché, Commerzbank a contesté les chiffres relatifs aux apports de titres, affirmant qu’aucun investisseur institutionnel n’avait apporté ses actions et que celles-ci provenaient en réalité de banques qui sont, dans la plupart des cas, des contreparties d’UniCredit sur des produits dérivés.
UniCredit a déclaré détenir des produits dérivés auprès de Nomura, Citi et BNP Paribas.
« Les allégations selon lesquelles le nombre réel d’actions apportées serait inférieur parce que ces actions auraient été empruntées à UniCredit sont fausses et sans fondement », a déclaré la banque italienne dans un communiqué publié lundi.
Elle a ajouté avoir été « contrainte de clarifier sa position afin de rétablir les faits » en raison de « la diffusion continue et incessante d’informations inexactes et trompeuses » qui interfère avec le déroulement de l’offre.
La banque a également indiqué qu’elle examinerait « les mesures les plus appropriées » pour protéger ses intérêts.
UniCredit, qui n’avait pas participé cette année à l’assemblée générale annuelle de la banque allemande, a déclaré que si elle obtenait un soutien suffisant des actionnaires lors de la prochaine assemblée générale de Commerzbank, elle serait en mesure de nommer l’ensemble des représentants des actionnaires au conseil de surveillance.
Celui-ci « aurait alors la responsabilité de nommer le directoire », a-t-elle précisé.
UniCredit s’est dit convaincu que cette évolution lui permettrait de mettre en œuvre la stratégie d’amélioration de la rentabilité qu’il avait précédemment promise pour Commerzbank.
Le taux d’adhésion à l’offre atteignait 11,86% du capital de Commerzbank vendredi, portant la participation totale d’UniCredit à 41,8%, en tenant compte d’une participation directe d’environ 27% constituée auparavant ainsi que de 3,2% supplémentaires détenus via des produits dérivés réglés en actions.
UniCredit détient également l’équivalent de 13,2% du capital de Commerzbank au travers de produits dérivés réglés en numéraire.
La directrice générale de Commerzbank, Bettina Orlopp, a déclaré lundi que la banque avait été « surprise » par les accusations formulées plus tôt dans la journée par UniCredit, selon lesquelles elle induisait le public en erreur.
« Nous n’avons fait, bien entendu, que présenter les faits, et nous continuerons à le faire, car nous sommes les seuls à y avoir réellement accès », a déclaré Bettina Orlopp lors d’une conférence financière.
(Valentina Za et Tom Sims, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)
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