TotalEnergies s’assure le contrôle temporaire d’un projet gazier au large du Liban
par Maya Gebeily et John Irish
BEYROUTH (Reuters) – TotalEnergies et le gouvernement libanais ont trouvé un accord aux termes duquel le groupe français prendrait temporairement le contrôle d’un bloc d’exploration gazière offshore, ouvrant la voie à des négociations avec le Qatar sur une prise de participation dans le projet, ont déclaré deux sources.
TotalEnergies et le gouvernement libanais s’opposaient sur la question de la participation de 20% de Novatek, après que Beyrouth a annoncé en septembre que le groupe russe se retirait du projet.
La compagnie pétrolière française peut désormais poursuivre les discussions visant à trouver un nouveau partenaire pour compléter ce consortium de trois entreprises dans lequel l’Etat libanais peut percevoir une partie des profits, ont dit les sources.
Cet accord permet également au gouvernement libanais de se conformer à l’accord trouvé avec Israël sur le tracé de leurs frontières maritimes devant entrer en vigueur jeudi, ont ajouté les sources.
De nombreux gisements de gaz naturel ont été découverts ces dix dernières années en Méditerranée orientale et dans le bassin Levantin, et l’intérêt autour de leur exploitation s’est développé depuis que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a perturbé les approvisionnements en gaz.
Les sources, au fait des détails de l’accord, préféraient conserver l’anonymat puisqu’elles n’étaient pas autorisées à discuter publiquement de l’accord.
Le Liban a émis une décision datant du 21 octobre, dont Reuters a pu consulter une copie mercredi, dans laquelle il attribue la participation détenue par Novatek à l’entreprise Daja 216 et transfère la participation de 40% de TotalEnergies à l’entreprise Daja 215.
Les deux sources ont déclaré à Reuters que Daja 215 et Daja 216 permettaient à TotalEnergies de détenir une majorité dans le consortium.
« Ce sont des produits tout prêts », a expliqué l’une des sources. « En réalité, cela donne temporairement une participation de 60% dans le consortium à Total. »
TotalEnergies n’a pas immédiatement répondu à la question de savoir si le groupe français contrôlait Daja 215 et Daja 216.
Les données officielles françaises montrent que les sièges de Daja 215 et Daja 216 sont tous deux situés à la même adresse que celui de TotalEnergies, dans le quartier de la Défense à Paris.
Une source au sein du ministère libanais de l’Energie a indiqué que Daja 215 et Daja 216 étaient des « entités de transitions ».
TRANSFERT TEMPORAIRE
La licence d’exploration initiale était détenue par un consortium composé de TotalEnergies, de l’italien Eni et de Novatek.
Les gouvernements libanais et qatari avaient fait part de leur volonté de le rejoindre.
Les deux sources ont expliqué à Reuters qu’aux termes de l’accord, le groupe français entamerait des négociations avec QatarEnergy concernant la participation détenue auparavant par Novatek.
Le Qatar devrait rejoindre le consortium dans un délais de trois mois, et souhaiterait y prendre une participation de 30% composée des 20% détenus précédemment par Novatek, de 5% détenus par TotalEnergies et de 5% détenus par Eni, ont ajouté les sources.
Interrogé sur de possibles discussions avec le Qatar, TotalEnergies s’est refusé à tout commentaire.
Le service de presse du gouvernement qatari n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
La licence d’exploration du bloc 9, situé au large du Liban, a expirée le 22 octobre et trois signatures sont nécessaires pour son renouvellement, ont expliqué les sources.
Aux termes de l’accord trouvé entre Israël et le Liban sur le tracé de leur frontière maritime, aucune « entreprise libanaise ou israélienne » ne peut figurer parmi les opérateurs explorant le bloc 9.
(Reportage Maya Gebeily à Beyrouth, John Irish à Paris et Andrew Mills au Qatar; avec la contribution de Tassilo Hummel à Paris et Laila Bassam à Beyrouth; rédigé par Richard Lough; version française Camille Raynaud)
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