Suisse: Vers de nouvelles exigences de fonds propres pour UBS
par Ariane Luthi et Oliver Hirt
ZURICH (Reuters) – Le gouvernement suisse devrait proposer cette semaine de nouvelles règles strictes en matière de fonds propres pour UBS à la suite de l’effondrement en 2023 de sa rivale Credit Suisse, ouvrant la voie à une longue bataille parlementaire sur ces exigences de fonds propres.
UBS a sauvé Credit Suisse en mars 2023 en rachetant le groupe pour une bouchée de pain après une série de scandales qui a ébranlé la deuxième banque suisse, suscitant de nombreux appels à renforcer les réglementations afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.
Le point central de cette réglementation « too big to fail » esquissé l’an dernier par le gouvernement suisse, qui doit présenter vendredi ses propositions, repose sur le degré de capitalisation des filiales étrangères d’UBS.
« Le marché serait surpris si le Conseil fédéral n’exigeait pas une capitalisation à 100% des filiales étrangères », a déclaré Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, soulignant les commentaires des régulateurs et la sous-évaluation des actions d’UBS par rapport à ses concurrents.
Selon les propres calculs de la banque, la capitalisation complète des filiales étrangères exigerait qu’UBS trouve plus de 20 milliards de dollars de capital supplémentaire, un poids non négligeable pour le prêteur suisse qui dénonce également les conséquences sur l’attractivité de la Suisse en tant que centre financier mondial.
« Les gagnants seront nos concurrents hors de Suisse », a insisté Sergio Ermotti, président-directeur général d’UBS lors d’un événement organisé près de Lucerne le mois dernier, dénonçant des « absurdités ».
Mais la Banque nationale suisse (BNS) et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), toutes deux critiquées pour leur réaction face à l’effondrement de Credit Suisse, soutiennent le projet.
UBS a proposé des concessions pour éviter une telle issue et a examiné une série de scénarios, y compris le transfert de son siège social à l’étranger. Les dirigeants affirment néanmoins qu’il ne s’agit pas de la solution envisagée.
La majorité des sources interrogées par Reuters estiment toutefois que ces nouvelles règles devraient être diluées au cours du processus législatif qui devrait durer jusqu’en 2027 au moins pour aboutir aux nouvelles exigences.
Les propositions attendues vendredi du gouvernement suisse devraient néanmoins permettre de réduire l’incertitude autour d’UBS, pointent les analystes de Jefferies qui ont relevé mardi leur recommandation de « conserver » à « acheter » sur le titre, évoquant un tournant dans la clarification des exigences de capital et les prévisions de bénéfices.
NOUVELLE STRATÉGIE
Selon des investisseurs, les nouvelles réglementations suisses pourraient entraîner un repositionnement d’UBS, actuellement axé sur la croissance aux États-Unis et en Asie.
« UBS devra passer à un mode d’optimisation des coûts et des actifs pondérés en fonction des risques plutôt qu’à un mode de croissance », a déclaré Antonio Roman, gestionnaire de portefeuille chez Axiom Alternative Investments.
Si la banque suisse devait capitaliser entièrement ses filiales étrangères, elle aurait un ratio CET1 requis de 17% à 19%, selon ses calculs contre 11,2% pour Deutsche Bank et 13,5% pour Morgan Stanley en 2024 par exemple.
Une commission d’enquête parlementaire a noté qu’UBS a un bilan plus important que l’économie suisse depuis le rachat de Credit Suisse et a exhorté le gouvernement à prendre en considération les filiales étrangères des banques d’envergure mondiale.
Une fois les nouvelles règles établies, la banque disposera probablement d’une période d’adaptation progressive, et la conformité totale ne devrait pas être exigée avant les années 2030, selon les experts bancaires.
« L’ajustement ne peut pas se faire en une seule fois », a déclaré Hans Gersbach, professeur d’économie et de banque à l’université ETH de Zurich. « Sinon, cela déstabilise plus que cela ne stabilise ».
(version française Bertrand De Meyer, édité par Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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