Slawomir Krupa, un banquier du sérail pour relancer Société générale
par Mathieu Rosemain
PARIS (Reuters) – Slawomir Krupa, qui prend ce mardi les rênes de Société générale, a une mission claire : replacer la banque rouge et noire parmi les établissements mondiaux de premier plan avec une identité propre.
Il devra trouver pour cela un équilibre délicat, en améliorant le rendement pour les actionnaires sans prendre de risques excessifs, dans un contexte difficile pour le secteur bancaire en Bourse.
« C’est très important de clarifier (les choses) là où c’est nécessaire et de le dire très clairement à l’ensemble de nos parties prenantes : ‘Société générale, c’est ça' », explique-t-il dans un entretien à Reuters.
Slawomir Krupa, qui a fait l’essentiel de sa carrière au sein de la banque, dévoilera sa stratégie d’ici l’automne.
Après avoir dirigé la banque d’investissement de Société générale, il deviendra officiellement mardi à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires le nouveau directeur général du groupe après le mandat tumultueux et long de 15 ans de son prédécesseur, Frédéric Oudéa.
Sous l’égide de ce dernier, Société générale a fusionné des activités, vendu des actifs – y compris une sortie coûteuse du marché russe – et réduit l’exposition au risque.
Malgré cela, le cours de Bourse de Société générale rapporté à la valeur des actifs tangibles du groupe est de 0,30, un ratio qui place la banque française au même niveau que sa consoeur Deutsche Bank mais loin derrière sa grande rivale BNP Paribas et dans le bas du classement des banques européennes.
La vulnérabilité de Société générale a été rendue plus visible encore lors de la récente crise qui a secoué le secteur en mars et au cours de laquelle la banque a été parmi les plus durement touchées en Bourse.
Slawomir Krupa aura pour tâche de sortir Société générale de cette zone de danger.
Sa priorité absolue sera d’améliorer la rentabilité de la banque dans sa structure actuelle, comme il l’a fait pour la division de banque d’investissement, a déclaré une personne proche du conseil d’administration.
Cela pourrait conduire la banque à exploiter davantage d’autres secteurs d’activité afin de réduire une exposition jugée encore trop importante aux activités risquées de banque d’investissement.
A son arrivée à la tête de la banque d’investissement début 2021, Slawomir Krupa a réduit les coûts et s’est attaqué aux risques de trading, observe cette source proche des réflexions du conseil d’administration.
Deux ans plus tard, la banque d’investissement de Société générale a enregistré la plus forte croissance annuelle de son bénéfice avant impôts parmi ses concurrentes cotées en Bourse BNP Paribas et Credit Agricole SA, et a renforcé son rôle de moteur pour les profits de l’établissement.
ROMPRE AVEC LA TRADITION
Le succès de Slawomir Krupa, 48 ans, à la tête de la banque d’investissement a joué en sa faveur lorsqu’il s’est présenté en septembre dernier pour le poste de directeur général, ont indiqué des personnes proches du processus.
Le banquier franco-polonais est né en Bulgarie, alors sous régime communiste, en 1974. Il a émigré avec sa famille de Cracovie, en Pologne, vers la France à l’âge de six ans.
En dépit de ses 26 ans passés chez Société générale, son parcours constitue une rupture dans la lignée de ses prédécesseurs, tous issus des rangs de la haute fonction publique.
Son caractère est aussi très éloigné de celui de Frédéric Oudéa.
« Chaque personne a sa propre personnalité. Slawomir a un enthousiasme, une manière d’avancer, d’emmener les gens avec lui. Frédéric (Oudéa) est plus collégial », estime Jean-Pierre Mustier, ancien dirigeant d’UniCredit et de la banque d’investissement de Société générale.
Reconnaissant lui-même son franc-parler, Slawomir Krupa peut être impatient et exigeant, confie un haut cadre de Société générale.
Le nouveau directeur général aura fort à faire dès le début de son mandat. Dans les milieux d’affaires, on n’exclut pas que la banque doive fusionner à terme avec un concurrent européen.
Un banquier d’affaires, qui souhaite conserver l’anonymat, estime qu’un tel rapprochement serait bénéfique pour Société générale, la banque étant un « acteur de taille moyenne » éclipsé par ses rivaux américains et sa concurrente BNP Paribas.
« Comment améliorer la rentabilité (des banques) sans que des fusions se mettent en place ? Je ne vois pas du tout comment c’est possible », souligne Jean Dermine, professeur à l’INSEAD.
Pour l’heure, Slawomir Krupa est accaparé par les questions opérationnelles, telles que la finalisation de la coentreprise formée avec AllianceBernstein pour combiner leurs activités de cash actions et de recherche actions.
Le nouveau dirigeant l’assure : une fusion de grande envergure n’est pas à l’ordre du jour à court terme.
« Stratégiquement, est-ce que l’Europe a besoin de banques plus fortes ? La réponse est oui mais je ne crois pas que ce soit quelque chose qui soit vraiment à l’ordre du jour à ce stade », affirme-t-il à Reuters.
(Reportage Mathieu Rosemain, Blandine Hénault pour la version française)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


