Séance hésitante en vue à Wall Street, retour au calme sur les taux
par Laetitia Volga
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en ordre dispersé jeudi et les Bourses européennes réduisent leurs pertes à mi-séance alors que la progression des rendements obligataires se fait moins vive après l’annonce sans surprise d’une inflation encore très forte dans le bloc monétaire.
Les contrats à terme sur indices new-yorkais signalent une hausse de 0,27% pour le Dow Jones mais un recul de 0,27% pour le Standard & Poor’s-500 et de 0,42% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 est inchangé à 7.235,10 vers 12h10 GMT. À Francfort, le Dax baisse de 0,36% et à Londres, le FTSE de 0,16%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 abandonne 0,02%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro cède 0,08% et le Stoxx 600 grignote 0,08%. Ce dernier a perdu en séance jusqu’à 0,67% et atteint son plus bas en un mois.
Bien que l’inflation globale en zone euro continue à montrer des signes d’apaisement, les tensions sous-jacentes a contrario s’amplifient. La première estimation de l’inflation en février montre qu’en excluant l’énergie et les produits alimentaires non transformés, la hausse des prix est passée de 7,1% à 7,4%, de quoi compliquer la tâche de la Banque centrale européenne dans sa lutte contre l’inflation.
« L’inflation a été clairement plus mauvaise que prévu mais peut-être pas aussi mauvaise que redouté, étant donné que les attentes ont changé à la suite de la publication des chiffres nationaux ces derniers jours », a déclaré Ben Laidler, chez Etoro.
Alors qu’une hausse de taux d’un demi-point dans 15 jours est quasiment actée, ce que la banque centrale pourrait décider par la suite est plus incertain. Cela dépendra des données, a déclaré ce jeudi la présidente de l’institution Christine Lagarde.
« Avec une inflation sous-jacente et alimentaire toujours élevées et aucun signe d’affaiblissement du marché du travail, il est peu probable que la BCE mette fin à son cycle de hausse des taux dans un avenir proche », a commenté Peter Sidorov, économiste senior chez Deutsche Bank.
Les mêmes préoccupations dominent à Wall Street. Alimentant les craintes sur une politique monétaire encore agressive de la Fed, le président de l’antenne régionale de Minneapolis, Neel Kashkari, s’est dit mercredi ouvert à l’idée d’une hausse des taux de 50 points de base ce mois-ci.
Cette idée se fait de plus en plus entendre parmi les observateurs mais pour l’heure la majorité des investisseurs anticipe toujours un relèvement d’un quart de point.
VALEURS EN EUROPE
En Bourse, le fabricant de puces STMicroelectronics perd 5,35%, la plus forte baisse du CAC 40, et son rival Infineon 1,81%. Cette sous-performance s’explique, selon des analystes, par une annonce de Tesla, qui a dit avoir trouvé le moyen d’utiliser nettement moins de carbure de silicium grâce à une technologie interne.
Après une ouverture dans le vert, Veolia recule de 0,43% en dépit de résultats record en 2022.
Vallourec grimpe de 3,21% et Technip Energies de 7,71% après leurs résultats tandis que Covestro (-5,38%) et AB InBev (-1,06%) sont dans le rouge après les leurs.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans poursuit sa remontée mais à un rythme moindre qu’en début de séance. Il prend encore deux points de base à 4,0142%, après un plus haut de trois mois à 4,04%.
En zone euro, le marché obligataire affiche une tendance similaire: le rendement du Bund allemand à dix ans a établi un pic depuis 2011 à 2,77% avant de se stabiliser autour de 2,706%.
Le taux d’inflation « à cinq ans dans cinq ans », principal baromètre des anticipations d’inflation à long terme des investisseurs, monte à 2,5291%, au plus haut depuis le suivi de cette données par Refinitiv en 2013.
CHANGES
Avec la hausse des rendements obligataires américains, l' »indice dollar », qui mesure les variations du billet vert face à un panier de devises, gagne 0,27%.
L’euro recule autour de 1,0619 dollar.
PÉTROLE
Le marché du pétrole monte, porté par les signes d’une forte reprise économique en Chine, premier pays importateur de brut.
Le Brent gagne 0,55% à 84,77 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,59% à 78,15 dollars.
(Laetitia Volga, édité par)
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