L’Opep+ maintient sa stratégie de production malgré la pression américaine
par Maha El Dahan, Ahmad Ghaddar et Noah Browning
(Reuters) – L’Opep et ses alliés, dont la Russie, ont décidé jeudi de s’en tenir à une augmentation modeste de leur production de pétrole en mai et de renoncer à l’utilisation des données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), signe d’une dégradation des relations avec l’Occident.
L’Opep+ va augmenter sa production d’environ 432.000 barils par jour (bpj) en mai.
Le groupe informel formé par l’élargissement de l’Opep à plusieurs autres gros producteurs de brut continue ainsi de résister aux appels des Etats-Unis et de l’AIE à accroître l’offre pour faire baisser les cours, dopés par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales contre Moscou.
L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU), qui disposent de la majeure partie des capacités de production non-employées au sein de l’Opep, justifient ce refus en expliquant que le groupe ne doit pas se soucier de politique mais seulement de l’équilibre entre l’offre et la demande mondiales.
« L’Arabie saoudite va chercher à éviter une confrontation avec la Russie au moment où la production russe est en difficulté », estime Callum Macpherson, d’Investec.
De son côté, l’administration Biden envisage de puiser jusqu’à 180 millions de barils de pétrole dans les réserves stratégiques des Etats-Unis et l’AIE doit se réunir vendredi pour débattre d’une initiative similaire collective.
Le cours à terme du baril de Brent perdait près de 4% vers 14h00 GMT à 108,82 dollars. Il avait dépassé 139 dollars le 7 mars, du jamais vu depuis 2008.
L’Opep+ a averti que l’économie mondiale subirait un coup dur si la guerre en Ukraine devait perdurer.
« Le moral des consommateurs et des entreprises devrait baisser non seulement en Europe mais aussi dans le reste du monde, si l’on ne tient compte que de l’impact inflationniste que le conflit a déjà provoqué », a déclaré le groupe dans un rapport interne consulté par Reuters.
L’OPEP+ REPROCHE À L’AIE UN MANQUE D’OBJECTIVITÉ
Le Comité technique conjoint qui conseille l’Opep+ a décidé mercredi de cesser d’utiliser les données de l’AIE et de les remplacer par les études de deux sociétés privées, Wood Mackenzie et Rystad Energy.
Le Comité utilise ce type de données pour estimer la production pétrolière et le respect par les pays concernés de leurs engagements.
L’AIE conseille les pays occidentaux en matière de politique énergétique et les Etats-Unis sont le premier contributeur à son budget.
Dans un communiqué, l’AIE a déclaré que ses données et ses analyses étaient « rigoureuses et objectives ».
Le mois dernier, elle avait relevé de 800.000 bpj son estimation de la demande mondiale, à un peu moins de 100 millions de bpj.
Certains membres de l’Opep+ ont critiqué les données publiées par l’AIE, qu’ils jugent peu fiables, et lui ont reproché de s’être prononcée contre une augmentation des investissements dans le secteur des hydrocarbures.
Une source proche de l’Opep+, qui a requis l’anonymat, a déclaré à Reuters que l’AIE avait « compromis son analyse technique pour coller à son discours ».
« C’est une évidence lorsqu’on constate les modifications fréquentes de ses rapports récemment et à quel point elle s’écarte d’autres organisations respectées », a-t-elle ajouté.
Le ministre de l’Energie des EAU, Souhaïl al Mazroueï, a déclaré cette semaine lors d’un colloque que les institutions comme l’AIE devaient se montrer « plus réalistes » et éviter de publier des informations « trompeuses ».
(Reportage Maha El Dahan à Dubai, Noah Browning, Ahmad Ghaddar et Alex Lawler à Londres, version française Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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