L’Europe vue en nette baisse, le pétrole et les banques centrales dans le viseur
par Diana Mandia
19 mars (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse jeudi à l’ouverture, la récente escalade des tensions au Moyen-Orient entraînant une nouvelle envolée des cours du pétrole, et alors que les investisseurs scrutent une vague de réunions des banques centrales.
La Réserve fédérale (Fed) a laissé mercredi ses taux inchangés, tout en signalant que la récente flambée des prix du brut pourrait avoir un effet temporaire sur l’inflation. La Banque centrale européenne (BCE) doit annoncer sa décision plus tard dans la journée.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 1,02% à l’ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 1,65% pour le Dax à Francfort, de 0,91% pour le FTSE à Londres et de 1,47% pour le Stoxx 600.
L’Iran a accusé Israël d’avoir frappé mercredi ses installations énergétiques à Pars Sud, et lancé, en représailles, des frappes contre des gisements gaziers et pétrolier dans la région, tirant des missiles contre le Qatar et l’Arabie saoudite.
Cette escalade a eu pour effet immédiat une nouvelle hausse des prix du pétrole et du gaz, qui affichaient déjà une forte volatilité ces derniers jours, ce qui ne rassure en rien les investisseurs, inquiets des répercussions inflationnistes d’un conflit dont la fin ne semble pas en vue.
Le Brent grimpe de 5,11% à 112,87 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,66% à 96,96 dollars.
Les prix de l’énergie font l’objet d’une attention encore plus grande, alors que les principales banques centrales du monde se réunissent cette semaine, les investisseurs analysant minutieusement leurs perspectives en matière d’inflation et de croissance, ainsi que la manière dont celles-ci pourraient conduire les responsables à adopter une politique monétaire plus restrictive que prévu.
La Fed a décidé mercredi de maintenir ses taux directeurs à leur niveau actuel, anticipant une hausse de l’inflation à court terme, et le président de l’institution, Jerome Powell, a réaffirmé que la guerre au Moyen-Orient accentuait l’incertitude sur les perspectives.
« Les ‘dots’ indiquent encore une baisse de taux en 2026 et une autre en 2027 mais laissent transparaitre un peu moins d’appétit pour les baisses de taux », souligne pour sa part Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR Asset Management.
La Banque du Japon (BoJ) a également laissé jeudi ses taux d’intérêt inchangés mais s’est jointe à la Fed et à la Banque du Canada(BoC) pour adopter un ton prudent quant à l’impact de la hausse des coûts du pétrole sur l’inflation.
La Banque centrale européenne (BCE) maintiendra probablement jeudi ses taux d’intérêt, mais pourrait se déclarer prête à les relever si la guerre en Iran entraîne une hausse durable de l’inflation dans la zone euro.
On s’attend à ce que la Banque d’Angleterre (BoE) pèse également ses mots avec soin ce jeudi et laisse ses taux inchangés face aux risques d’inflation.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en nette baisse mercredi après la décision de la Fed et dans un contexte d’escalade des tensions au Moyen-Orient.
L’indice Dow Jones a cédé 1,63%, le S&P-500, plus large, a perdu 1,36%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,46%.
EN ASIE
L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 3,38%, les investisseurs évaluant la décision de la BoJ et l’impact économique du conflit au Moyen-Orient.
Les investisseurs analyseront attentivement la conférence de presse du gouverneur de la banque centrale, Kazuo Ueda, à la recherche d’indices sur la date à laquelle l’institution pourrait à nouveau relever ses taux.
« Si les marchés perçoivent la BoJ comme hésitante à relever ses taux, la dépréciation du yen pourrait s’accélérer, faisant ainsi de l’évolution des taux de change un facteur déterminant pour le calendrier de la prochaine hausse des taux », a déclaré Saisuke Sakai, économiste senior chez Mizuho Research & Technologies.
Le conflit au Moyen-Orient pèse également sur les Bourses chinoises.
L’indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 1,15% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 1,3%.
La Bourse de Hong Kong perd plus de 2%.
TAUX / CHANGES
Les rendements obligataires américains progressent jeudi, notamment sur les échéances courtes, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs anticipations de baisse des taux de la Fed pour cette année.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 2 points de base à 4,2768%. Le deux ans gagne 6 points de base à 3,8030%.
Le dollar grappille 0,02% face à un panier de devises de référence après la décision de la Fed et dans le contexte de l’escalade au Moyen-Orient.
L’euro prend quant à lui 0,22% à 1,1475 dollar.
Le yen évolue en légère hausse (+0,1%) face au dollar à 159,70, mais frôle son plus bas niveau depuis deux ans, peinant à se stabiliser face au billet vert.
La monnaie japonaise a perdu de plus de 2% face au dollar depuis le début de la guerre en Iran fin février, les investisseurs s’inquiétant de l’impact d’un conflit prolongé sur l’inflation et la croissance et se tournant vers le billet vert, considéré comme la valeur refuge par excellence.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 19 MARS:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
GB 07h00 Taux de chômage janvier 5,3% 5,2%
GB 07h00 Croissance des salaires (hors janvier +4,0% +4,2%
primes) sur un an
USA 12h30 Indice Philly Fed mars 10,0 16,3
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au sem. au 14 215.000 213.000
chômage mars
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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