L’Europe finit en légère baisse, indécision sur les banques centrales
par Diana Mandia
(Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en légère baisse jeudi, les décisions de politique monétaire aux États-Unis et dans la zone euro ayant laissé les investisseurs indécis quant à l’évolution des taux, tandis que les perspectives des grandes entreprises technologiques américaines ont également pesé sur le moral.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,53% à 8.157,29 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,02% et à Londres, exception parmi les grandes Bourses, le FTSE 100 a grappillé 0,04%.
L’indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 0,12%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,09% et le Stoxx 600 a perdu 0,10%.
La politique monétaire a marqué les dernières heures des marchés d’actions et freiné la prise de risques : si la Réserve fédérale américaine (Fed) a procédé à une baisse des taux largement anticipée mercredi, son président, Jerome Powell, a déçu les attentes des opérateurs en se montrant très prudent quant à celle de décembre, avertissant que les lacunes dans les données causées par le shutdown de l’administration fédérale américaine brouillaient ses prévisions.
Selon l’outil FedWatch de CME, les marchés tablent désormais sur une probabilité de 72,8% d’une baisse de 25 points de base lors de la réunion de la Fed en décembre, contre plus de 90% il y a une semaine.
La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas non plus apporté jeudi beaucoup d’éclaircissement sur sa trajectoire, annonçant, comme prévu, un statu quo sur ses taux, sans s’engager sur aucune trajectoire et réitérant sa dépendance vis-à-vis des données.
Francfort se dit toujours en « bonne position » avec une inflation proche de son objectif et une croissance économique solide malgré un environnement mondial difficile, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, soulignant que les risques sur la croissance s’étaient atténués.
Certaines données clés ont par ailleurs surpris à la hausse ces dernières semaines, y compris les chiffres du PIB de la zone euro au troisième trimestre, publiés jeudi.
Les traders tablent désormais sur une baisse des taux d’environ 10 points de base d’ici mi-2026, ce qui implique environ 40% de chances d’une nouvelle baisse d’un quart de point, contre environ 50% lundi.
« Nous ne prévoyons pas de changement des taux de la BCE avant longtemps, même si cette opinion comporte encore de nombreux risques », a déclaré Jan von Gerich, économiste chez Nordea.
En ce qui concerne les résultats, les marchés analysent avec inquiétude l’augmentation des dépenses liées à l’intelligence artificielle (IA), qui provoque la chute des actions de Meta et Microsoft à Wall Street, dans un secteur qui fait l’objet d’un suivi attentif, avec de grandes attentes de la part des investisseurs, qui se montrent donc exigeants.
L’accord commercial que le président américain Donald Trump a déclaré avoir conclu avec le président Xi Jinping, déjà anticipé depuis plusieurs jours, n’a pas quant à lui suscité de grandes réactions.
VALEURS
Aux valeurs, Société Générale a reculé de 3,57% après ses résultats, et alors que la banque française se montre prudente sur les rachats d’actions, tandis que Crédit Agricole a abandonné 4,80%.
TotalEnergies, qui a publié un résultat net ajusté en léger repli au titre du troisième trimestre, marqué par une baisse des prix du pétrole a perdu 0,92%, et Rémy Cointreau a reculé de 6,73% après avoir abaissé ses objectifs annuels.
Airbus a progressé de 2% après avoir fait état mercredi d’un chiffre d’affaires et d’un bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) ajusté supérieurs aux prévisions au troisième trimestre.
Kering, dont la recommandation a été abaissée par Bernstein, a perdu 3,94%.
Ailleurs en Europe, Lufthansa a avancé de 7,40% après avoir publié un bénéfice légèrement supérieur aux attentes, tandis que le géant de la publicité WPP a reculé de plus de 16% après avoir lancé un avertissement sur ses résultats.
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 0,35%, le Standard & Poor’s 500 cède 0,44% et le Nasdaq Composite abandonne 0,95%.
Meta Platforms abandonne 9,66% et Microsoft 3,04% après la publication de leurs résultats respectives mercredi soir.
LES INDICATEURS DU JOUR
Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,2% entre juillet et fin septembre par rapport au trimestre précédent, après une hausse de 0,1% au deuxième trimestre, selon les données préliminaires publiées jeudi par Eurostat.
En France, l’économie a accéléré sa progression au troisième trimestre (+0,5%), portée notamment par la production totale, la demande intérieure finale et la contribution du commerce extérieur, montre la première estimation publiée jeudi par l’Insee.
En Allemagne le PIB a en revanche stagné au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, soulignant les difficultés rencontrées par la première économie européenne pour retrouver son élan dans un contexte de baisse des exportations.
L’inflation allemande calculée selon les normes européennes (IPCH) a pour sa part ralenti à 2,3% sur un an en octobre, légèrement moins que prévu, montrent les données préliminaires publiées jeudi par l’Office fédéral de la statistique.
CHANGES
Le dollar gagne 0,34% face à un panier de devises de référence après les commentaires de Jerome Powell sur les taux.
L’euro perd à son tour 0,33% à 1,1561 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires, qui ont progressé depuis le début de la séance avec les commentaires de la Fed et la publication des chiffres du PIB de la zone euro, ont fini en légère hausse jeudi.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 1,8 point de base à 2,6365%. Le deux ans a pour sa part gagné 1,5 point de base à 1,9919%.
Aux Etats-Unis, les rendements des bons du Trésor américain poursuivent leurs gains, les marchés estimant moins probable une nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Fed en décembre.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,3 points de base à 4,0815%. Le deux ans avance de 1,8 point de base à 3,6041%.
PÉTROLE
Les prix du pétrole sont stables jeudi, les investisseurs évaluant la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Le Brent prend 0,2% à 65,05 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,28% à 60,65 dollars.
A SUIVRE LE 30 OCTOBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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