L’Europe finit dans le rouge, la BCE prépare plusieurs hausses de taux
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi et Wall Street évoluait également dans le rouge à mi-séance après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de mettre fin à sa politique d’achats d’obligations sur les marchés et de préparer un relèvement de ses taux d’intérêt en juillet pour la première fois depuis 2011.
À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 1,4% à 6.358,46 points. Le Footsie britannique a cédé 1,54% et le Dax allemand 1,71%.
L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 1,7%, le FTSEurofirst 300 1,32% et le Stoxx 600 1,36%.
Face à une inflation à 8,1% en mai en rythme annuel, un niveau sans précédent depuis la création de l’euro, la BCE a décidé jeudi d’emboîter le pas aux principales banques centrales qui ont durci depuis des mois leur politique monétaire en annonçant vouloir relever ses taux d’intérêt directeurs de 25 points de base le 21 juillet et en indiquant prévoir une nouvelle hausse en septembre, qui pourrait être plus importante.
Si cette décision était largement attendue, la possibilité d’une augmentation des taux d’un demi-point en septembre a pesé sur le moral des investisseurs, renforçant les craintes d’une récession à moyen terme alors que l’économie du bloc tourne déjà au ralenti.
« Les marchés anticipent actuellement un taux directeur qui culmine à plus de 2%. Nous pensons que cela rendrait la politique monétaire restrictive et nous doutons que l’économie de la zone euro puisse supporter des conditions aussi resserrées au vu des défis actuels », a expliqué Bill Papadakis, stratège en macroéconomie chez Lombard Odier.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone,, a terminé en hausse de 8,5 points à 1,437% après avoir touché un sommet depuis juillet 2014 à 1,47%. Celui de son équivalent français de même échéance a pris environ 12 points à 1,989%. En Italie, le taux à dix ans a dépassé pour la première fois depuis 2018 la barre des 3,5%, tandis qu’en Grèce ce taux est monté à 4,1%, au plus haut depuis 2020.
Aux Etats-Unis, où l’inflation est également un sujet de préoccupation, les chiffres mensuels des prix à la consommation seront publiés vendredi et devraient permettre, eux aussi, d’en savoir un peu plus sur la trajectoire du resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui se réunit les 14 et 15 juin. En attendant, le rendement des Treasuries à dix ans est stable à 3,0474%, mais a touché en séance un plus haut depuis le 11 mai à 3,07%.
VALEURS EN EUROPE
En Europe, tous les principaux secteurs du Stoxx 600 ont fini dans le rouge. La tendance négative a été creusée essentiellement par le compartiment de l’immobilier (-3,1%) et celui des nouvelles technologies (-1,7%) dans un contexte d’anticipation de remontée des taux.
Unibail-Rodamco, Klepierre ou encore Nexity ont cédé de 1,9% à 4%, tandis que dans les « techs », SAP, STMicroelectronics, Dassault Systems ou ASML ont fléchi de 1,3% à 2,8%.
Dans l’actualité des entreprises, EDF a bondi de 6,3% en réaction à une information des Echos selon laquelle une nationalisation du groupe figure parmi les priorités du nouveau gouvernement après les élections législatives en France.
Kering (-1,5%) a fini dans le rouge après la présentation aux investisseurs de ses ambitions à moyen terme, certains analystes attendant davantage de précisions sur la marque Gucci qui a souffert plus que ses concurrentes des restrictions sanitaires en Chine.. Le secteur du luxe a été en outre pénalisé par l’annonce jeudi de nouvelles mesures de confinement dans certains quartiers de Shanghaï.
Richemont et LVMH ont cédé respectivement 3,1% et 2,3%.
Beiersdorf, le fabricant de la crème Nivea, a pris 4,1% après la présentation de ses objectifs à moyen terme, tandis que British American Tobacco a reculé de 1,9%, le groupe ayant annoncé toujours travailler au transfert de ses activités en Russie.
Credit Suisse, qui a émis mercredi un avertissement sur ses résultats, a plongé de 5,6% en raison de doutes sur une rumeur de projet d’acquisition de la banque helvétique par State Street.
A WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,5%, le Standard & Poor’s 500 de 0,6% et le Nasdaq de 0,7%.
Neuf des 11 principaux secteurs du S&P-500 évoluent dans le rouge, la montée des rendements obligataires pesant principalement sur les nouvelles technologies. Netflix cède 3,1%, Meta Platforms 2,1%, Apple 0,8% et Amazon 0,6%.
Tesla (+2,5%) résiste à la tendance baissière grâce à la hausse en mai de ses ventes de voitures produites en Chine et au relèvement de recommandation d’UBS à « acheter » sur la valeur.
CHANGES
Au moment de la clôture des Bourses en Europe, l’euro recule de 0,55% à 1,065 dollar alors qu’il avait touché un pic à 1,0773 avant l’annonce des décisions de la Banque centrale européenne. Certains analystes expliquent ce repli par l’absence de précisions de la part de la BCE sur le risque de fragmentation des marchés obligataires de la zone euro.
L’évolution des coûts d’emprunt dans le bloc monétaire a été marquée ces dernières semaines par une divergence marquée entre ceux de l’Allemagne, considérée comme l’émetteur le plus sûr de la région, et ceux de pays lourdement endettés, comme l’Italie.
Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a déclaré jeudi que la BCE déploierait un nouvel instrument si besoin pour éviter une telle fragmentation L’indice mesurant les fluctuations du dollar face aux autres grandes devises prend 0,44%, se dirigeant vers sa deuxième semaine d’affilée de gains et sa meilleure performance hebdomadaire en cinq semaines.
PÉTROLE
Les cours pétroliers restent proches de leur sommet de trois mois malgré l’annonce de nouvelles restrictions sanitaires dans certains quartiers de Shanghai. La hausse plus importante que prévu des exportations chinoises en mai offre cependant un peu de soutien au marché pétrolier..
Le Brent recule de 0,20% à 123,32 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,43% à 121,48 dollars.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
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