L’Europe finit dans le vert, l’obligataire et la géopolitique restent un frein
par Diana Mandia
21 août (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi, retrouvant un peu de couleur après une série de séances tendues en raison de la hausse mondiale du coût de la dette publique et de l’absence de progrès diplomatiques au Moyen-Orient.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,37% à 8.484,43 points. À Francfort, le Dax a pris 0,56% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,64%.
L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,56%, le FTSEurofirst 300 de 0,53% et le Stoxx 600 de 0,51%.
Sur la semaine, le Stoxx 600 abandonne en revanche 0,64% et le CAC 40 1,76%.
Les tensions sur les marchés obligataires mondiaux ne montrent guère de signes d’apaisement, les rendements des bons du Trésor américain repartant à la hausse malgré un bref répit induit par l’annonce des États-Unis de son intention d’acheter davantage de dette à long terme.
Le déficit budgétaire de la première économie mondiale dépasse les 6% du produit intérieur brut (PIB), les paiements d’intérêts s’élevant à eux seuls à 1.200 milliards de dollars cette année, tandis que la dette vient de franchir la barre des 40.000 milliards de dollars.
Cet endettement sans précédent touche également d’autres grandes économies mondiales, notamment l’Allemagne et la France, où les rendements de leurs obligations à long terme respectives ont également atteint cette semaine des sommets inégalés depuis bien plus d’une décennie.
Les rendements des OAT françaises à 10 ans ont augmenté à un rythme plus rapide que leurs pairs allemandes, portant le « spread » à plus de 87 points de base ce vendredi en séance, un écart qui pourrait encore se creuser à mesure que le débat budgétaire s’intensifie à la rentrée.
Même si ce n’est pas le seul facteur, les anticipations d’inflation constituent un élément essentiel des turbulences sur le marché obligataire, l’impasse diplomatique dans le Golfe installant les cours du pétrole au-delà des 90 dollars le baril, avec la navigation dans le détroit d’Ormuz fortement perturbée.
Selon le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, les Etats-Unis vont imposer « les sanctions les plus sévères de l’histoire » contre l’Iran, qui a répondu vendredi que sa riposte à toute nouvelle menace américaine serait « dévastatrice ».
« Une recrudescence des incidents maritimes et des mesures de rétorsion contre les sanctions économiques pourraient aggraver la situation actuelle, alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz reste bien en deçà des niveaux habituels », a averti Crispus Nyaga, analyste chez Empire FX.
Les investisseurs ont par ailleurs devant eux une semaine très chargée, avec la publication du rapport sur l’inflation PCE aux États-Unis et le symposium de Jackson Hole à l’ordre du jour des responsables de la politique monétaire.
Un autre temps fort des prochains jours sera la publication des résultats du fabricant de puces d’IA Nvidia, prévue mercredi.
VALEURS
Les ressources de base se sont distinguées vendredi parmi les secteur du Stoxx 600, progressant de 2,57% grâce à la hausse des cours de l’or, dans un contexte de faiblesse du dollar américain.
Les producteurs d’acier ont également connu une séance favorable, ArcelorMittal terminant sur un gain de 2,3%.
A WALL STREET
Les principaux indices américains sont dans le vert après les fortes baisses enregistrées la veille sur fond de tensions dans le marché de la dette souveraine.
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 0,76%, le Standard & Poor’s 500 0,53% et le Nasdaq Composite 0,49%.
Aux valeurs, la plateforme destinée aux investisseurs particuliers Robinhood prend plus de 12% et l’opérateur de crypto-bourses Coinbase Global 9%, soutenus par l’appréciation du bitcoin, qui a atteint vendredi son plus haut niveau depuis mai.
LES INDICATEURS DU JOUR
La séance a été riche en indicateurs, notamment en Europe.
L’activité du secteur privé dans la zone euro a enregistré en août sa plus forte progression depuis novembre, soutenue par une hausse des nouvelles commandes, notamment dans le secteur manufacturier, et par un retour à la croissance des exportations, montre l’enquête préliminaire sur les directeurs d’achat (PMI).
La confiance des consommateurs du bloc s’est pour sa part légèrement améliorée depuis le début du mois, selon les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de la Commission européenne.
En France, en revanche, l’activité s’est contractée plus fortement que prévu, les récentes vagues de chaleur ayant pesé sur le secteur prédominant des services.
Au Royaume-Uni, le secteur des services, moteur de l’économie du pays, a connu une reprise inattendue en août, qui vient s’ajouter aux signes de résilience observés outre-Manche malgré le conflit au Moyen-Orient.
CHANGES
Le dollar réduit ses pertes (-0,02%) face à un panier de devises de référence, tout en restant proche de son plus bas niveau depuis trois mois face à l’euro, les investisseurs se demandant si les efforts déployés par le Trésor américain pour apaiser les marchés obligataires ne risquaient pas de saper la confiance dans la devise.
L’euro cède 0,03 à 1,1674 dollar.
Le bitcoin grimpe de plus de 6% à 77.539 dollars, porté par la décision du Trésor américain de doubler le montant de ses rachats d’obligations et alors que le président américain a exhorté le Congrès à adopter un projet de loi favorable aux les cryptomonnaies.
TAUX
Les rendements des obligations américaine progressent vendredi, l’effet des annonces du Trésor s’estompant, tandis qu’une série de données publiées vendredi montrent une forte expansion du secteur des services aux États-Unis ce mois-ci.
Le rendement des Treasuries à dix ans avance de 3,8 points de base à 4,7359%, tandis que celui du titre à deux ans prend 5,5 points de base à 4,2401%.
Dans la zone euro, les rendements ont fini sur la séance sur une note plus stable, celui du Bund allemand à dix ans progressant à peine pour s’établir à 3,2561%. Celui de l’obligation à deux ans a fini à 2,8378%.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans a pris 1,4 points de base à 4,1311%. Celui du titre à 30 ans a terminé sur un gain d’environ 2 points de base, à 4,91%.
PÉTROLE
L’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient continue d’affecter les marchés de l’énergie.
Le Brent avance de 0,28% à 94,04 dollars le baril, s’orientant à un gain hebdomadaire de plus de 6%, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,22% à 86,64 dollars.
A SUIVRE LE 24 AOÛT: L8N43Q1NY
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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